‹ BossuetChapitre 17 sur 30 · F. Brunetière, Etudes critiques, t. V, p. Ik-lh · texte numérisé non relu

F. Brunetière, Etudes critiques, t. V, p. Ik-lh

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C'est qu'en effet, sous ces inquiétudes que Malebranche a été l'un des premiers à lui causer, Bossuet retourne peu à peu à ses préjugés de jeunesse contre les sciences, contre la raison. Puisqu'il est impossible à l'homme de se borner, de se tenir sur l'étroite arête de la justesse, la piété mystique est donc fondée dans son hostilité défiante contre cette philosophie qui fait trop aisément glisser vers les abîmes. Si, en 1693, il consent encore à s'avouer « aussi favorable aux nouveautés de pure philosophie qu'ennemi des nouveautés qui ont rapport à la foi », c'est que la chaude parole de Leibniz, lui traçant, dans un magnifique tableau (lettre du 18 avril 1692), sa conception du monde et de l'être, a réveillé en lui le penseur curieux et hospitalier. Mais ce n'est qu'une lueur. Les belles paroles que l'on vient de lire sont en philosophie le testament de sa maturité libérale. L'année suivante, dans le Traité de la concupiscence^ passant en revue toutes les vanités misérables dont l'orgueil humain s'amuse et se dupe, il mettra au dernier rang la philosophie, parce que, non « soumise à la révélation, elle n'engendre que des superbes et des incrédules ». L'équilibre et le commerce discret que la modération de Bossuet avait réussi quelque temps à établir entre la raison et la foi était rompu.

Vers le même temps encore, c'est la politique de Louis XIV qui avait commencé de l'engager en de cruels embarras.

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