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CHAPITRE III

LES SENS INTÉRIEURS

Bossuet a rattaché rimagination et les passions aux sensations. Et pour ce faire il a d’abord remarqué deux choses (1) :

« La première, c’est que, toutes différentes que sont les sensations, il y a dans l’âme une faculté de les réunir; car l’expérience nous apprend qu’il ne se fait qu’un seul objet sensible de tout ce qui nous frappe ensemble, même pardes sens différents, surtout quand le coup vient du même endroit. Ainsi, quand je vois le feu d’une certaine couleur, que je ressens le chaud qu’il me cause, et que j’entends le bruit qu'il fait, non seulement je vois cette couleur, je ressens cette chaleur et j’entends ce bruit, mais je ressens ces sensations comme venant du même feu.

« Cette faculté de l’âme qui réunit les sensations, soit quelle soit seulement une suite de ces sensations qui s’unissent naturellement quand elles viennent ensemble, ou qu’elle fasse partie de l’imaginative, dontnous allons parler; cette faculté, dis-je, quelle qu’elle soit, en tant qu’elle ne fait qu’un seul objet de tout ce qui frappe ensemble nos sens, est appelée le sens commun ; terme qui se transporte aux opérations l’esprit, mais dont la propre signification est celle que nous venons de remarquer.

« La seconde chose qu’il faut observer dans les sensations, c’est qu’après qu’elles sont passées, elles laissent dans l’âme une image d’elles mêmes et de leurs objets : c’est ce qu’on appelle imaginer. ».

On donne aujourd’hui le nom de sens commun à

(I) De la connaissance de Dieu et de soi-même, ch. I, art. 4.

la faculté par laquelle la plupart des hommes jugent sainement des choses. C’est ce qu’on appelle le bon sens. Autrefois on se servait, et des philosophes contemporains se servent toujours du terme sens commun (. sensorium commune) pour désigner un sens intérieur qui centralise et coordonne les impressions des objets reçues par chacun des cinq sens extérieurs. C’est, du reste, la définition qu’on en trouve plus loin dans La connaissance de Dieu et de soi-même (ch. I, art. 5) :

« On appelle sens extérieur, celui dont l’organe paraît au dehors, et qui demande un objet externe actuellement présent.

« Tels sont les cinq sens que chacun connaît. On voit les yeux, les oreilles et les autres organes des sens ; et on ne peut ni voir, ni ouïr, ni sentir en aucune sorte, que les objets extérieurs, dont ces oiganes peuvent être frappés, ne soient présents en la manière qu’il convient.

« On appelle sens intérieur celui dont les organes ne paraissent pas, et qui ne demande pas un objet externe actuellement présent. On range ordinairement parmi les sens intérieurs cette faculté qui réunit les sensations, c’est-à-dire le sens commun, et celle qui les conserve ou les renouvelle, c’est-à-dire l’imaginative. »

La célèbre distinction des sens en sens extérieurs ou externes et en sens intérieurs ou internes a été soulevée par saint Thomas d’Aqjnn qui l’a, à son dire, résolue par l’affirmative contre Aristote. Les sens externes sont au nombre de cinq. L’hypothèse d’un sixième sens externe, émise par Locke, Balmès et Lamenais, doit être rejetée difinitivement. Un sixième sens externe ne serait possible que s’il existait un sixième objet sensible à ajouter aux cinq déjà connus. C’est à un trouble ou à une exaltation de l’un ou l’autre ou de plusieurs d’entre eux qu'il convient d’attribuer les manifestations d’un sixième, d’un septième, etc., sens externes, signalés chez les

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hypnotiques. On a dit que c’est à un sens spécial appelé sens musculaire, sens de l’activité musculaire (Gerdy), etc., que nous sommes redevables des impressions sensorielles {sensations hinésiques ) qui nous font apprécier la mise en jeu des ligaments, des tendons et des fibres musculaires. Ce sens musculaire qui jouerait un rôle capital dans l’équilibration et la marche, en nous permettant de régler plus ou moins consciencieusement le degré de contraction de nos muscles et la position de nos membres, a été nié par le professeur le plus éloquent et le plus persuasif qu’ait possédé la grande école de médecine de Paris, le tourangeau Trousseau (1) et depuis lui par J. Muller, Ludwig, Bernstein (2), Bernhardt (3), etc. Seglas a donné le nom de Cénesthésie ou sens de V existence, « au sentiment que nous avons de l’existence de notre corps, sentiment qui, à 1 état normal, s’accompagne d’un certain bien-être ». Chaque fonction vitale contribuerait pour sa part à ce sentiment, et de cet apport complexe résulterait cette notion confuse qui constituerait en somme la conscience du moi physique, et comprendrait toutes les sensations endogènes que nous avons du moi et de nos organes. Est-il possible de considérer comme un sens le sentiment que nous avons de l’existence de notre corps ? Je ne le pense pas et, dans tous les cas, de l’avis même de son inventeur, ce serait un sens complexe. Tout au plus se pose donc la question de savoir si on doit subdiviser le sens du toucher. Il est assez difficile de cioiie, en effet, que les trois sensations que peut nous fournir la peau, contact ou pression, température, douleur sont de même nature lorsque, dans certains états morbides, on voit qu’elles peuvent être

(1) Trousseau, art. ataxie in Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, t. III, p. 776.

(2) Bernstein. Les Sens. Biblioth. scientif. internat.

keisinn,l87L3 ER’ LuDWI(i cité par Bernha«dt- Zu Lebre von muls-

paralysées isolément ou donner lieu à des sensations subjectives spéciales. Il est surtout difficile de croire que la douleur ne soit que le résultat d’excitations poussées au plus haut degré, car il est de nombreux sujets dont la sensibilité à la douleur est abolie (analgésie) avec conservation de toutes les autres espèces de sensibilité (tact, température) ; il faudrait donc présumer alors que les terminaisons nerveuses sont devenues insensibles aux excitations les plus fortes, tout en demeurant aptes à être impressionnées par les plus faibles (1).

Des naturalistes modernes, et peut-être n’ont-ils pas tort, admettent l’existence chez les animaux d’un sixième sens externe, le sens de la direction (2). Les oiseaux migrateurs venant, au retour de chaque printemps, des cieux lointains de l’Afrique suivent une voie à peu près invariable. Des chiens emmenés en chemin de fer à plus de cent lieues de la demeure de leur maître, la retrouvent seuls, et on ne peut, pour expliquer ce fait, invoquer une acuité extrême de l’odorat. Le pigeon voyageur s’oriente avec une rapidité et une précision qui déconcertent. Un pigeon voyageur lâché à 600 kilomètres en mer, loin de toute île, revient à son colombier. Après avoir décrit dans l’air quelques tours de spirales, il s’envole à tire-, d’ailes au-dessus de la plaine mouvante et uniforme à perte de vue. Le sens de la direction semble chez lui si prononcé que, pendant les ténèbres même, il ne s’égare pas, il ne dévie pas de sa route.

Les Anciens, Avicenne excepté , ont cependant toujours pensé que cinq sens externes et quatre sens internes, le sens commun , le sens appréciatif, le sens mémoratif et le sens imaginatif suf-

fi) Cf. H. Taine. De l’ Intelligence. Paris, 1870, t. I. livre III, sensation du toucher; Farges. le cerveau, p. 267, etc.

(2) D'après eux il serait même assez prononcé chez les sauvages, mais les hommes civilisés ne le posséderaient guère qu’à l’état rudimentaire.

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fisent à l’animal parfait (1) pour élaborer les actes de sa vie de relation. « La nature n’étant jamais en retard par rapport aux choses nécessaires, il doit, a remarqué saint Thomas d’Aquin, y avoir dans l’âme sensitive autant d’actions qu’en requiert la vie de l’animal parfait : Cum natura non defïciat in necessariis oportet esse tôt actiones animœ, quot suffïciantad vitam animalis perfect. » (1 p. 9. 78, a, 4. c.)

Contrairement à l’Ecole subjectiviste qui réduit les mouvements du dehors comme ceux du dedans à de simples symboles (2), l’Ecole objectiviste dont Barthélemy Saint-Hilaire a pu dire (3) « qu’aucune n’a apporté dans ses recherches plus de sagacité et de science » et dont continuent à se réclamer même les psycho-physiologistes et mystiques contemporains (4), l’Ecole objectiviste, je le répète, fait jouer un rôle important dans la formation des idées au sensorium commune. Selon le docteur Angélique qui est un des porte-paroles les plus autorisés de cette Ecole dont la philosophie a été recommandée par Léon XIII à tout le clergé catholique (5) : « Il faut considérer les sens extérieurs comme autant de prolongements du sens commun qui serait ainsi la racine et le principe des sens extérieurs, dans l’unité physiologique du

(1) Les scolastiques divisaient les animaux en animaux parfaits et en animaux imparfaits, les reptiles et les vers, dont chacun des segments du corps, continue à se mouvoir lorsqu’il a été isolé de ses congénères.

(2) Fouillée. L’Avenir de la Métaphysique, p. 154.

(3) Préface du De Anima , p. 117.

(4) Cf- F. Gombault. L’ Imagination et les Etals préternaturels (ouvrage couronné par F Institut catholique de Paris, 1899). Paris, 1899.

(5) Dans une lettre qu’il a adressée le 9 octobre 1866 à l’abbé Farges, Barthélemy Saint-Hilaire a noté : « Que Léon XIII a été admirablement inspiré quand, au début de son régne, il a recommandé avec toute l’autorité qui lui appartient, la philosophie du docteur Angélique; c’est un service éminent qu’il a rendu à l’Église

et à l’esprit humain » Dans la séance du 17 janvier 1891, de

V Académie des sciences morales et politiques , le même savant a ajouté: « que la plupart des théories d’Aristote et de saint Thomas sont reproduites et implicitement admises par la science moderne. »

sensitif : Ws senliendi diffunditur in organa quinque sensuum al) aliquâ unâ radice commuai, a quâ procéda vis senliendi in omnia organa ad quam etiam terminntur omnes immutaliones singulorum organorum... sensus interior... sicut commuais radix et principius exteriorum sensuum. (Saint Thomas De Anima, II lect. 3 et I, p. 78, art. 4, ad. 2.)

«C’est lui qui voit par la vue, entend par l’ouïe, touche par le tact, lui seul qui prend conscience, totale, parfaite, de l’objet vu, entendu, touché... Chaque sens n’appréhende un objet commun que par le sensible propre qui est de son domaine particulier... La vue distingue le blanc du noir, du vert, etc., mais la vue ni le goût ne peuvent, ni l’une ni l’autre, distinguer le blanc du doux, parce qu’il faut pour distinguer un sens qui les connaisse l’un et l’autre. Ces objets ne peuvent donc être jugés que par le sens commun auxquels les perceptions de tous les sens se rapportent comme à leur terme : Sicut sensiMlia per accidens non apprelienduntur , nisi in quantum sensiMlia propria apprehendunlur, sic ne sensiMlia communia apprehendantur, nisi apprehendantur sensiMlia propria : nunquam enim visus apprehendit magnitudinem aut figuram nisi inquantum apprehendit coloralum » ( eod . loc.).

« Le sens commun contrôle les erreurs d’un sens sur un objet commun, en consultant les autres sens, chacun dans son domaine et sous la direction de la raison Ainsi, sur l’étendue solide immédia-

tement perçue, il consultera spécialement le sens du toucher-, la vue ne serait pas dans son domaine propre, l’étendue n’étant son objet api’ indirectement et par accident : elle verra la lune, mais elle lui assignera un diamètre de quelques pieds, si elle ne subit pas une éducation préalable dans l’appréciation des distances. L’œil sera consulté sur les surfaces colorées comme sur un sujet propre ; ce n’est qu indirectement et par circonstance, qu’il saisira la forme et l’étendue. L’oreille percevra en propre

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le son; l’odorat, les odeurs-, la langue ou le palais les saveurs. D’eux-mêmes, s’exerçant dans les conditions normales, les sens ne trompent pas et atteignent sûrement leur objet propre. Ces conditions normales excluent, dès lors, tout empêchement venant de l'organe ou du milieu : les conditions sont changées si un defectus organique quelconque ou un milieu trompeur mettent le sens dans un état d’infériorité et d’impuissance. L’erreur est ici l’œuvre du désordre et de la corruption et non de la nature : Nulla potentia cogniscitioa déficit a cognitione sui objecti nisi propter aliquem defectum aut corruptionem. » (Saint Th. Contra Gentes , III, c. 107, ratio 8). Cf. aussi 1, p. q. 17, a. 2. Quœst. disp. De verit. q. 1, a. II et I. p. q. 78. a 3. ad 2.

« Du sens commun découle la vertu perceptive de tous les sens particuliers...

« Il perçoit les actions que les sens excercent sur eux-mêmes comme lorsque quelqu’un voit qu’il se voit. Cette double fonction ne peut être remplie par le sens propre parce qu’il ne connaît que la forme de l’objet sensible qui l’impressionne. Cette impression produit la vision, et il résulte de cette action première une autre impression qui affecte le sens commun et lui fait percevoir la vision elle-même ( Eod . loc.) ». C’est, pour m’exprimer comme Leibnitz (1), une aperception s’exerçant sur la perception.

Mais je cite derechef saint Thomas d’Aquin:

« Les sens externes et le sens commun ne suffisent pas... Sentir, prendre connaissance de la sensation, c’est l’acte premier de la vie animale ; elle a d’autres exigences. L’animal a besoin pour vivre du sens appréciatif, de la mémoire et de l'imagination. Il ne lui est pas seulement indispensable de saisir l’objet présent ; il doit le percevoir absent, par une sorte de prolongement de la sensation. Autrement l’absence de l’objet, le rendrait indifférent, inerte...

(1) Leibnitz. La monadologie, § XIV.

il ne s’ingénierait pas à chercher la nourriture qui lui convient; l’oiseau ne se déplacerait pas pour découvrir le duvet délicat et doux qui doit tapisser son nid, ni les brindilles de mousse et de paille, matières premières de l’édicule aérien. Tous les animaux resteraient, par instants, comme frappés d’immobilité et la nature serait obligée de subvenir directement aux besoins de tous ces vivants. Comme le mouvement de l’animal suit sa perception, l’animal ne se mettrait pas en mouvement pour tendre vers l’objet absent : Cum animcilis motus et actio sequantur apprehensionem, non movetur animal ad

inquirendum aliquid absens ; movetur absens

appreliensum. » (1 p. 9, 78, a, 4, c.).

Depuis que Descartes et ses élèves Regius, L. de la Forge, etc., ont logé le sensorium commune dans la glande pinéale, il a été placé par Todd, Carpenter, Luys (1), Fournié (2), etc., dans les couches optiques; par Farges (8) « dans les hémisphères cérébraux », mais on pourrait même, « en précisant davantage, assigner peut-être ce rôle centralisateur au noyau central de ces hémisphères, aux couches optiques » ; par Ferrand (4) « dans les ganglions de la base du cerveau, mais le lieu des images sensibles est plus loin sur le trajet du processus nerveux, dans les circonvolutions superficielles du cerveau », etc.

En avant de la glande pinéale, au centre également du cerveau, par conséquent, on remarque, de chaque côté, un gros noyau de substance nerveuse assez bien délimité dont une section transversale

(1) Luys. Anal, du cerveau, ch. IV. couches optiques. Bibliotli. scientif. internat. Paris, Alcan édit.

(2) Tood, Carpenter, Fournie cit.par Kuss et M. Duval, Cours de physiologie, p. 70, 3* édit, Paris, 1876.

(3) Farges. Le cerveau, p. 271.

(4) Ferrand. Annales de philos., oct. 1893. Le sommeil et les rêves.

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de la partie supérieure met à nu une série de petits amas de substance grise séparés les uns des autres par de minces cloisons de substance blanche et dans lesquels se terminent, d’après Luys. tous les nerfs de sensibilité générale et spéciale de chacune des moitiés du corps humain. « Il existe, a écrit Luys, une observation typique faite par Hunter dont luimême nous a légué un dessin et qui confirme d’une façon manifeste ce que nous venons d'avancer (des fonctions des couches optiques). Dans cette observation il rapporte la curieuse histoire d’une jeune fille qui, dans l’espace de trois ans, perdit successivement l’odorat, la vue, l’audition, la sensibilité et qui s’éteignit, peu à peu, demeurant étrangère à toutes les impressions extérieures. Lorsqu’on fit l’autopsie de son cerveau, on constata que les couches optiques étaient envahies par un fongus qui en avait progressivement détruit la substance. » Fournié, en injectant avec l’aiguille de la seringue de Pravaz et à travers un trou fait dans la voûte du crâne, quelques gouttes d’une solution de chlorure de zinc, colorée en bleu, dans les couches optiques, aurait constaté dans chacune d’elles la présence de centres de localisations correspondants à peu près à ceux indiqués par Luys.

Chacune des couches optiques n’est pas un sensorium commune. On prétend maintenant que les nerfs de la vision ont leurs racines dans les circonvolutions des lobes postérieurs du cerveau (lobes occipitaux) ; ceux de l’audition, dans celles des lobes moyens (lobes temporo-sphénoïdaux), etc., et que les nerfs de sensibilité générale groupés en faisceaux côtoient la face externe de chacune des couches optiques. Est-ce bien sûr ? A l’autopsie de Bichat qui, jusqu’à son dernier souffle, conserva sa belle intelligence, la liberté de ses mouvements et l’intégralité de ses sensations, n’a-t-on pas trouvé un des hémisphères cérébraux atrophiés ? Il était suppléé par l’autre, dira-t-on. Soit. Mais, il y a quelques trente

ans, j’ai disséqué à l’amphithéâtre d’anatomie de l’Ecole de médecine de Tours, le cadavre d’un adulte qui, sa vie durant, ne s’était jamais plaint d’un affaiblissement quelconque de la vue, et dont les lobes postérieurs du cerveau étaient privés de circonvo lutions, et considérablement réduits de volume, ressemblaient, par conséquent, à ceux des singes inférieurs. J’ai soigné, avec le docteur O. Herpin, chirurgien en chef de l’Hôpital Général de Tours, un homme qui a survécu pendant vingt ans, et sans avoir présenté jamais le moindre trouble intellec tuel, sensoriel ou moteur, à un coup de révolver qu’il s’était tiré dans la région antéro-inférieure de la tempe droite et dont la balle était ressortie, après avoir traversé le cerveau, dans la région antéro-inférieure de la tempe gauche. Il faut bien l’avouer, nous ignorons si à chacune des facultés intellectuelles correspond un centre cérébral particulier et nombre de centres sensoriels, voire même de centres moteurs dont le siège dans le cerveau ne faisait pas l’ombre d’un doute, hier, sont niés aujourd’hui. Opinium commenta delet dies (1).

En 1861, Broca apporta à la Société d’anthropologie de Paris deux cerveaux d’aphasiques présentant, l’un et l’autre, en arrière de la scissure de Rolando, des lésions multiples et en avant d’elle, une lésion du pied de la troisième circonvolution frontale gauche. Et rapidement, avant même qu’on songeât (2) à sectionner ces deux cerveaux pour s’assurer de l’étendue en longueur et en profondeur des délabrements et de leur nature, le pied de la troisième circonvolution frontale gauche fut considérée comme le siège du langage articulé, et on se mit, comme du temps de Gall, à diviser la surface de l’encéphale en une série de petits compartiments

(1) Cicéron.

(2) On n’y songea qu’en 1904, époque où ils furent retrouvés au Musée Dupuytren où le fondateur de la Société d’ Anthropologie de Paris, les avait déposés 35 ans auparavant.

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dans chacun desquels on s’ingénia à placer un centre de mouvement ou de sensibilité générale ou spéciale et dont les limites étaient indiquées sur la boîte crânienne par des lignes dont les points de repère avaient été obtenus au moyen de chevilles pointues de bois ou de métal, enfoncées dans son intérieur. Le travail accompli ainsi pendant cinquante ans fut considérable puis l’exactitude de la localisation dans le pied de la troisième circonvolution frontale gauche du centre du langage articulé, grâce auquel on en avait imaginé et plus ou moins découvert d’autres, fut mise en question.

A Paris, en 1875, pendant que j’étais interne dans le service du professeur A. Richet, à l’Ancien Hôtel- Dieu, je dus, — appelé par Legroux, que j’avais connu chef de clinique dans le service du professeur Lasègue, à la Pitié, à collaborer à la rédaction de sa thèse d’agrégation de médecine sur l’aphasie, — compulser un certain nombre d’observations sur l’aphasie, inédites ou non. Et j ’acquis ainsi, rapidement et un des premiers, la conviction que ce n’est pas toujours, tant s’en faut, le pied de la troisième circonvolution frontale gauche qui est lésé dans les cas de perte plus ou moins complète du langage articulé et, bien que fréquentant alors assidûment le laboratoire de Broca, j’insistai auprès du candidat pour qu’il combattit énergiquement l’opinion émise à ce propos par le fondateur de la Société d’Anthropologie de Paris. Legroux ne se rendit pas à mes raisons et nous nous séparâmes un peu en froid avant la fin du concours d’agrégation de médecine dont il fut, au surplus, un des élus. Mais, d’ores etdéjà, Trousseau, Ferrand père avaient remarqué que les aphasiques offraient toujours quelque autre déficit intellectuel, qu’un aphasique ne ressemblait pas constamment à un autre aphasique, etc. Après eux, et en même temps que disparaissait aussi de la science la doctrine localisatrice dans le diagnostic de l’épilepsie « Jacksonnienne » et des tumeurs cérébrales, Pierre Marie

montra, par une série d’autopsies, qu’il y a de grands aphasiques dont la troisième circonvolution frontale gauche est saine alors qu’elle ne l’est pas chez des sujets quin’ont jamais été atteints d’aphasie motrice. Enfin, au cours d’une de ses dernières communications à la Société de Chirurgie de Paris, le malheureux Guinard (1) parla de la faillite des localisations cérébrales, expression plutôt fâcheuse, car les faits bien observés restent toujours et ne peuvent faire faillite tandis que les interprétations que l’on en tire peuvent cesser d’être exactes, parce qu’elles furent mal déduites (2).

Sous ce rapport Bossuet a, du reste, et comme toujours, fait montre d’une prudence remarquable. Il n'a pas spécifié, à l’exemple des Cartésiens, que la sensation seconde générale superposée à la sensation première élaborée par chacun des sens externes s’accomplit dans la glande pinéale, sensorium commune et « habitat plus particulier de l’âme » ; il a même, à l’encontre des Thomistes, mis en doute l’existence d’un sensorium commune. Après avoir écrit, que « la faculté de l’âme qui réunit les sensations est peut-être une suite de ces sensations qui s’unissent naturellement quand elles viennent ensemble, ou une partie de l’imaginative », il a ajouté plus loin : « On peut douter du sens commun, parce que ce sentiment, qui réunit, par exemple, les

(1) Chirurgien de l’Hôtel-Dieu de Paris, assassiné, en 1910, par un de ses malades qui croyait avoir été opéré mal à propos par lui.

(2) Aujourd’hui on admet seulement :

1» Une zône motrice comprenant les circonvolutions frontales et pariétales ascendantes avec le lobule paracentral et de laquelle partent, avec une certaine systématisation, des fibres nerveuses motrices qui se rendent à la musculature de tout le corps, mais dans laquelle il est impossible de limiter un centre pour chaque groupe musculaire ;

2° Deux, centres sensoriels, un, pour la vision, dans les circonvolution soccipitales et dont j’ai parlé plus haut, et un, pour l’audition, dans les circonvolutions temporales et qui est assez mal circonscrit.

Il semble, enfin, que la destruction de l’écorce de la zone moyenne du cerveau amène l’aphasie avec divers troubles intellectuels.

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diverses sensations que le feu nous cause, et les rapporte à un seul objet, se fait seulement à la présence de l’objet même, et dans le même moment que les sens extérieurs agissent. » (1)

Il n’a pas cherché davantage à localiser dans telle ou telle région du cerveau, chacun des trois autres sens internes, les sens appréciatif, mémoratif et imaginatif dont je vais traiter maintenant.

Dans la doctrine de l’Ecole (2) le sens appréciatif est celui qui a le plus de ressemblance avec l’entendement. « Pour les formes sensibles, il n’y a pas, en effet, suivant saint Thomas d’Aquin, de dissemblance entre l’homme et les autres animaux, car ils 'sont impressionnés, les uns et les autres, de la même manière par les objets extérieurs, mais ils différent par rapport aux intentions. Les animaux les perçoivent par leur instinct naturel, tandis que l’homme les perçoit par manière de comparaison. Cette faculté sensible reçoit chez les premiers le nom d’ estimative naturelle et chez le second de cogitative. C’est grâce à elle que les premiers saisissent instinctivement dans les choses, certains caractères que les sens externes, le sens commun et l’imagination ne peuvent atteindre. C’est elle qui donne parfois à supposer qu’ils ont agi d’une façon intelligente alors qu’ils n’ont été guidé que par l’instinct. Encore appelée raison particulière, c’est elle qui, chez l’homme où elle a sa racine dans l’intelligence, discerne les intentions individuelles et les compare, ainsi que la raison intellective compare les intentions générales et universelles : Dicilur ratio

(1) De la connaissance de Dieu, et de soi-même, cil. I, art. 5

(2) On désigne sous ce terme générique les docteurs scolastiques, particuliérement ceux qui ont vécu après Paul Lombard et commenté les Livres de sentences. A la Un du xiue siècle, l’Ecole se divisa en deux fractions importantes, celle des Thomistes et celle des Scotistes. Admirateur passionné des opinions de saint Thomas d’Aquin, le docteur Angélique, Bossuet n’a pas eu cure de celles de Du us Scott, le docteur Subtil.

particularis... Est enirn collaliva intentionum individualium,sicut ratio intellectiva est collaliva intentionum universalium ». (St Th. T p. 9. 78, a, 4. c.). Mais « chez lui, de même que chez les animaux, elle reste confinée dans le domaine de l’individuel et uniquement comme terme ou principe de quelque action ou de quelque passion : Æstimativa autem non appretiendit aliquid individum secundum quod est sub naturâ. »

Dans La connaissance de Dieu et de soi-même il n’est pas question de ce sens intérieur, toujours très controversé (1), mais on y lit qu’il faut distinguer « la mémoire qui s’appelle imaginative, où se retiennent les choses sensibles et les sensations, d’avec la mémoire intellectuelle, par laquelle se retiennent les vérités et les choses de raisonnement et d’intelligence. » La même distinction a été établie par saint Augustin, saint Thomas d’Aquin, et le philosophe dont le nom est attaché à jamais à celui de la petite ville de la Touraine où il est né il y a plus de trois siècles. « L’utilité du sens appréciatif serait borné au présent si l’animal ne gardait pas, a remarqué le second des deux théologiens-exègètesprécités, le souvenir des informations de son estimative en tant qu’impressions liées à des objets qu’il se rappelle comme ayant pu lui convenir ou lui nuire. Cette mémoire, imaginative, toute sensuelle, encore dénommée mémoire corporelle , automatique , instinctive, etc., se retrouve, mais plus parfaite, chez l’homme où elle subit l’influence élevante de l’intellect : Illam eminentiam habet cogitativa et memorativa in homine... per aliquam affinitatem et propinquitatem ad rationem universalem, secundum quamdam refluentiam... Et ideo non sunt aliœ vires, sed eœdem perfectiores quam sint in aliis animalibus. (Saint-Thomas. I. p. 9, 78, a. 4, ad. 5.)

(1) Cf. Surbled. L'Imagination, p. 20; Binet, loc. cit. suprà ; Gandair. Corps et Ame, p. 137, etc.

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« En plus de cette mémoire impuissante à saisir des rapports universels, nous sommes doués d’une mémoire intellectuelle, qui n’est pas réellement distincte de l’intellect, s’il est vrai que nous ne perdons pas le souvenir de nos idées : Memoria tamen ponitur a quibusdam in parte intellectiva, secundum quod hic per memoriam intelligitur omnis habitualis conservatio eorum , quce pertinent ad partem animes intellectivœ. (Saint Thomas, ln lib. de memor. et reminiscent . lect. 2). C’est elle qui relie la pensée passée à la pensée présente. Si nos idées s’évanouissaient sans retour, à mesure qu’elles se forment, notre travail intellectuel serait sans profit ; la science ne naîtrait à chaque instant que pour s’évanouir. » Aux yeux du docteur Angélique « l’intellect est donc mieux fait que le sens pour retenir et conserver le souvenir de ses impressions propres : Cum intellectus possibilis sit stabilioris natures, quam sensus, oportet quod species in eo recepta stabilius recipiatur ; unde magis in eo possunt conservant species quamin parte sensitivâ. » (Quœst. disput. De Vérit. q. 10, a. 2, c.)

Dans la mémoire intellectuelle de l’homme, encore appelée mémoire intelligente, on a distingué le souvenir et la réminiscence. Quand une idée nous vient à l’esprit et que, sans réfléchir ou après avoir réfléchi plus ou moins longtemps, on a conscience de l’époque et des circonstances où on en a eu notion précédemment, il y a souvenir. Lorsqu’il n’en est pas ainsi, il y a simplement réminiscence. Par exemple, il nous vient à l’esprit une idée que nous avons entendu exprimer auparavant : si nous nous imaginons, après avoir cherché en vain e t même sans avoir cherché, que cette idée est de nous, nous avons une réminiscence. Et c’est ainsi qu’on rencontre souvent dans les œuvres des écrivains célèbres et d’une honnêteté méticuleuse des idées qu’ils ont empruntées inconsciemment à un ou plusieurs chefsd’œuvre littéraires antérieurs. Par cela même qu’elle

a sa racine dans Famé intellective, la mémoire de l’homme, suivant les scolastiques, s’élève d’un degré et jusqu’à la réminiscence. Ce n’est plus seulement, comme chez l’animal, un fait sensible qui en ramène un autre, il y a recherche délibérée, discursive ; « d’une chose dont on a le souvenir, on se porte à la recherche de la chose oubliée ; il y a la chasse au souvenir. . . : Quasi reminiscendo venamur » (Saint Thomas. in lib. dememor. et reminiscent . , lect. 5.)

Descartes a avancé également, je l’ai dit, qu’en outre de la mémoire corporelle, il y a, « dans notre entendement, une autre sorte de mémoire qui ne se trouve pas dans les bêtes et dont nous nous servons particulièrement, une mémoire intellectuelle qui est assurément indépendante du corps (1) ». Puis, soucieux, à son habitude, de chercher une explication physico-chimique ou mécanique, à un phénomène dont la cause lui échappait, il a fourni celle-ci du mécanisme de la mémoire humaine où l’âme intervient : « Lorsque l’âme veut se rappeler q uelque chose , cette volonté fait que la glande pinéale se penchant successivement vers divers côtés, pousse les esprits par divers endroits du cerveau jusqu’à ce qu’ils rencontrent ceux par où ils ont auparavant pris leur cours, lesquels ont par cela même acquis une plus grande facilité à les recevoir, en sorte qu’ils y excitent un mouvement particulier et le même mouvement par lequel l’objet dont l’âme veut se souvenir lui a été une fois représenté (2). » Ailleurs, il a comparé les traces que « les impressions » laissent dans le cerveau aux plis que l’on imprimerait aux feuilles d’un livre. « Pour les espèces, a-t-il dit, qui se conservent en la mémoire, je n’imagine point qu’elles soient autre chose que comme les plis qui se conservent en du papier après qu’il a été une fois plié ; et aussi je crois qu’elles sont principalement reçues en

(1) Lettres T. VIII des Œuvres compl. cit. pp. 318-634.

(2) Les Passions de l’Ame, ire partie, art. XLII.

LES SENS INTÉRIEURS

toute la substance du cerveau... Je crois aussi que quelques espèces qui servent à la mémoire peuvent être en diverses parties du corps, comme l’habitude d’un joueur de luth n’est pas seulement dans sa tète, mais aussi en partie dans les muscles de ses mains... (1) ». Développant cette opinion, il a même supposé que « les plis de la mémoire s’empêchent les uns les autres, que l'on peut bien en avoir plusieurs dans le cerveau, mais que l’on ne saurait en avoir une infinité (2) » ; et que, du reste, il n’est pas nécessaire qu’ils soient « en fort grand nombre pour servir à toutes les choses dont nous nous pouvons souvenir, à cause qu’un même pli sert à toutes les choses qui se ressemblent (3) ».

Les vibrations de l’éther sous forme d’ondulations lumineuses sont susceptibles, pour les corps phosphorescents, de survivre à la cause qui les a produites. Niepce de Saint-Victor (4) est même parvenu à prouver que les vibrations de l’éther peuvent être emmagasinées sur une feuille de papier et, après y avoir persisté à l’état latent durant un certain laps de temps, réapparaître sous l’action d’une substance révélatrice. Cette propriété que possèdent les substances organiques de conserver momentanément des ébranlements qui les ont mises en mouvement, se retrouve dans les éléments nobles du tissu nerveux, les cellules et les fibres. Au cours du chapitre précédent j’ai mentionné que la rétine continue à être impressionnée quand les incitations ont disparu et que la moelle retient la mesure, le rythme, la vitesse d’un exercice physique habituel. Les vibrations des nerfs auditifs subsistent longtemps après que l’agitation des milieux gazeux qui les a provoquées en relâchant et en tendant alternativement la membrane du tympan et la chaîne des

(1-2-3) Lettres T. VIII des œuvres compl.cit. pp. 201, 202, 239,318.

(4) Niepce de Saint- Victor. Comptes rendus de l’Académie des sciences, 16 novembre 1857, T. LXV, p. 811 et mars 1858, t. XLVI, p. 448.

osselets de l’ouïe qui y adhère, a cessé. Un air de musique, quelques refrains favoris résonnent involontairement dans les oreilles. Après un long parcours sur une voie ferrée il y a des voyageurs qui entendent toujours le bruit de la trépidation du wagon dont ils sont descendus depuis plusieurs heures. Les réseaux nerveux de l’olfation, de la gustation et de la sensibilité générale semblent être influencés d’une manière analogue par les impressions extérieures. Pour Luys, le phénomène de la mémoire est donc, par suite, le résultat de « la phosphorescence organique des éléments nerveux » de la substance cérébrale dont la réceptivité est telle, qu’elle retient motu proprio « surtout chez l’enfant, toutes les impressions qui viennent l’assaillir, aussi passivement qu’une plaque photographique sensibilisée qu’on expose à la lumière retient toutes les images qui viennent se réfléchir à sa surface (1) ».

A cette thèse j’opposerai trois arguments :

On ne peut plus recueillir sur une plaque de collodion sec qu’on a exposé à la lumière, un souvenir du soleil absent en développant l’image latente qu’elle contient, si l’on attend trop longtemps, le mouvement allant en s’affaiblissant, comme une source de chaleur qui se refroidit et finit par ne plus révéler son existence ;

Au bout d’un nombre d’années déterminé, les cellules et les fibres cérébrales qui ont reçu une impression étant remplacées par d’autres, comment cette impression peut-elle se transmettre jusqu’à la fin de la vie à travers plusieurs générations de cellules et de fibres cérébrales?

Pourquoi, étant donné ce remplacement, plusieurs fois renouvelé, au cours d’une longue vie, des cellules et des fibres cérébrales, des vieillards se souviennent-ils parfois d’un événement qui s’est passé dans

(1) Luys. Le Cerveau, 5' édit. Paris, 1882, pp. 105-126.

FAC-SIMILES DE l

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Texte primitif : « Amour parfait. Il est fort comme rameur ! bon frère, constant comme l’amour d’un ami. fidèle, ardent comme la

Le même texte rectifié : « Amour parfait. Il est fort connu l’amour d’un Sauveur, tendre comme l’amour d’un bon frère, sincèrecet amour de J.-C. dont parle l’apôtre (1). »

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Texte primitif : « Offert à plusieurs et ne discernant pas danîi tomber sur mille autres. »

Le même texte rectifié : « Offert à plusieurs et ne discerna® longtemps suspendu tout prêt à tomber sur quelque autre (2). » 1

(1) Il s’agit, en effet, de l’excellence de l’amour de J.-C.

(2) J’ai note précédemment (p. 18) cpie rien ne décèle dans les textes imprl® labeur opiniâtre et persévérant que le plus grand génie de la Catholicité parvenu ' gl .ne. Ainsi que Flaubert, il n’écrivait pas currente calamo et raturait, raturait » qu’liommage à la vérité. Ce ne fut qu’après l'avoir retouchée dix- huit fois ‘lu’:l arbitre et Dispensateur des temps qui, du centre de son éternité, développe tout 10 contemporains !

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