‹ Bossuet anatomiste et physiologisteChapitre 6 sur 18 · WIN SLOW · texte numérisé non relu

WIN SLOW

D’après N. Cocliin

sciences, à Winslow (1), qu'il convertit, quarante ans après son grand oncle, au catholicisme.

Il y a eu entre Sténon, Duverney, Winslow et Bossuet un commerce d’amitié qui ne se démentit jamais et ce n’est pas trop s’avancer, je crois, que de supposer que ce fut aux trois hommes dont le savoir

(IJ Jacques Bénigne Winslow (1669-1760), membre de l’Académie royale des sciences et de la Société royale de Berlin, Docteur- Régent de la Faculté de médecine en l’üniversité de Paris, professeur en anatomie et en chirurgie de la même Faculté, Interprète du Roi en langue teutonne et pensionnaire de Sa Majesté, né à Odensé, dans l’ile de Fionie, fils d’un pasteur protestant et petitfils d’une sœur de Sténon, vint à Paris, en 1698.

Winslow a laissé des notes autobiographiques dans lesquelles il a narré l’histoire de sa conversion et de ses rapports avec Bossuet (voy. manuscrit H7 6 de la Bibliothèque Mazarine).

On y trouve retranscrite l’attestation suivante :

« Winslow ayant déjà le nom de Jacques qui est un des miens, je lui ai donné en le confirmant celui de Bénigne que je porte aussi et je lui ai donné ce témoignage le jour de Saint-Saintin, XI octobre 1669. — J. Bénigne, évêque de Meaux. »

Il y est également relaté :

Que ce fut Bossuet qui conseilla à Winslow, après son abjuration, de rester en France, l’engagea à se mettre en pension chez Duverney pour se perfectionner dans « l’exercice de l’anatomie » dont il avait acquis les premières notions à Copenhague et assura son avenir en le recommandant au Roi et aux professeurs de la Faculté ;

Que « l’évêque de Meaux, bien que valétudinaire et malade, vint en chaise à porteur, suivi de son équipage ordinaire, aux Ecoles de Médecine, en 1703, dans le cours du carême, pour assister à la soutenance de la thèse cardinale (thèse d’hygiène) du futur membre de l’Académie des sciences» .

L’abbé Ledieu n’a pas parlé, il est vrai, de ce dernier fait, mais dans une lettre écrite au père Léonard de Sainte-Catherine, Augustin déchaussé, on peut lire : « Jeudi dernier, M. Winslow, soutint aux Ecoles de Médecine une thèse dédiée à Mgr l’évêque de Meaux. Ce prélat honora la thèse de sa présence, comme étant le patron du soutenant qui est Danois de nation et, par conséquent, luthérien. Sa conversion est l’ouvrage de M. deMeaux, par le secours du Ciel ; il abjura il y a trois ans. Il avait une pension considérable du Roi de Danemark. Pour le dédommager M. de Meaux lui a fait donné une pension du Roi de 6 ou 700 livres (Lettre du 17 mars, 1703. Bibliothèque nationale, fr. 19205, P 158). Chacun des deux enfants de la fille de Winslow, mariée en 1747, à M. le Chat de la Sourdiére, aussi Docteur de la Faculté de médecine de Paris, a porté les prénoms de Jacques-Bénigne, en souvenir du grand évêque (Ch. Urbain, un Prosélyte de Bossuet. J. -B. Winslow. Revue du Clergé français, p. 113, 15 septembre, 1902.)

anatomique et physiologique primait alors celui de tous les autres, que le successeur de l’abbé Duchâtelet (1) à l’Académie française, en passe de devenir l’oracle de l’épiscopat, a dû de pouvoir présenter l’anatomie et la physiologie sous une forme synthétique, porter des jugements courts et généralement justes sur leurs parties conjecturales dont on ne

Winslow fut iiihumé dans l’église collégiale et paroisse Saint- Benoist le Bôtourné, à Paris, et cette épitaphe gravée sur son tombeau. »

Hic jacet

Inspem beatæ immortalitatis Jacobus Benignus Winslow Patria Danus, commemoratione Gallus,

Ortu et genere nobilis, nobilior virtute et Doclrina.

Parenlibns Lulheranis natus Hœresiam quam infans imbiberat, vir ejuravit.

Et admittenle Illustrissimo, episcopo Meldensi Jacobo Benigno Bossuelio Cujas nomen Benigni in confirmalione suscepit Ad ecclesiam Catholicam evocat Stelit in ejus fide, vixit sub ejus lege Obiit in ejus sinu.

(Cf. Anecdotes sur la médecine attribuées à Sue). Fermée~en 1813, l’église Saint-Benoit le Bétournéfut démolie quelques années plus tard. En 1793 lorsqu’on ouvrit les sépultures de Saint-Benoist, pour en reléguer les ossements dans les combles et les caveaux, la tombe de Winslow fut la seule respectée par la Commune (Chronique médicale, 1898, p. 152).

ündes plus illustres élèves de Winslow, Haller, le physiologiste, nous a laissé cette opinion que celui-ci dut sacélébrité plutôt à son infatigable travail qu’à son génie. Un buste de Winslow qui semble dater de 1735 et dont l'auteur est inconnu a été donné, en 1808, au Muséum d’histoire naturelle de Paris, par le Dr Lullier, parent. du grand anatomiste. Ce buste ligure actuellement à l'entrée jles galeries d’anatomie du Muséum.

(1) Il paraît avoir été un personnage assez obscur. Il était de la même famille que Haï Duchâtelet, maître des requêtes sous Louis XIII et qui figura dans le procès du maréchal de MariUac. Bossuet fut reçu à l’Académie française le 8 juin 1671 ; il ne^parla en aucune manière de son prédécesseur. L’usage n’avait pas encore consacré cette espèce de devoir funèbre.

s’apercevait pas alors parce qu’on y était habitué, connaître et enregistrer leurs progrès les plus récents.

Dans le traité De la connaissance de Dieu et de soi-même il est, en effet, fait longuement mention du réservoir du chyle et du conduit au moyen duquel il se déverse dans la veine sous-clavière gauche, décrits, en 1651, par J. Pecquet (1) et des recherches de N. Sténon, confirmées par celles de Duverney et communiquées, en 1678, par ce dernier à l’Académie des Sciences (2), sur les muscles considérés comme les agents essentiels du mouvement ; de celles non moins récentes de Winslow sur la structure musculeuse du cœur et la torsion de ses fibres unitives et de N. Sténon sur la glande lacrymale et la secrétion lacrymale (3), etc. :

« Les intestins, y lit-on, sont attachés et comme cousus aux extrémités du mésentère; aussi ce mot signifie-t-il le milieu des entrailles (4).

« Le mésentère est la partie qui s’appelle fraise dans les animaux, par le rapport qu’elle a aux fraises qu’on portait autrefois au cou.

« C’est une grande membrane étendue à peu près en rond, mais repliée plusieurs fois sur elle-même : ce qui fait que les intestins qui la bordent dans toute sa circonférence se replient de la même sorte, et se répandent dans tout le bas-ventre par divers détours.

« On voit sur le mésentère une infinité de petites veines plus minces que des cheveux, qu’on appelle les veines lactées (5) à cause qu’elles contiennent

(1) J. Pecquet. Expérimenta noua academica, p. 19. Paris, 1651.

(2) Voy. Carus. Histoire de la zoologie.

(3) Pour la glande lacrymale et la secrétion lacrymale consulter plus loin le chapitre. Les Passions.

(4) Du grec //:< milieu et entpm, intestin.

(5) Les vaisseaux de l’intestin absorbent les sucs des substances nutritives comme les racines des plantes pompent ceux de la terre. Ce qui a fait dire à Hippocrate : « Quemadmodum terra arboribus,

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une liqueur semblable au lait, blanche et douce comme lui, dont on verra dans la suite la génération.

« Au reste, les veines lactées sont si petites, qu’on ne peut les apercevoir dans l’animal, qu’en l’ouvrant un peu après qu’il a mangé; parce que c’est alors, comme il sera dit, qu’elles se remplissent de ce suc laiteux et qu’elles en prennent la couleur.

« Au milieu du mésentère est une glande assez grande (1). Les veines lactées sortent toutes des intestins, et aboutissent à cette glande comme à leur centre.

« Il paraît, par la seule situation, que la liqueur dont ces veines sont remplies leur doit venir des entrailles, et qu’elle est portée à cette glande d’où

elle est conduite dans un certain réservoir,

nommé le réser voir de Pecquet, du nom d’un fameux anatomiste de nos jours, qui l’a découvert.

« De là elle passe dans un long vaisseau qui, par la même raison, est appelé le canal ou le conduit de

ità animalibus ventriculus », et àBoerhaave: « Les animaux ont leurs racines en dedans d’eux-mêmes. » Les vaisseaux absorbants de l’intestin sont les veines mésaraïques (a) et les chylifères (b). Les chylifères, encore appelés vaisseaux lactés, veines lactées, etc., ont été découverts en 1622 par Gaspard Aselli, professeur à l'Université de Pavie. Quelques physiologistes prétendent, il est vrai, qu’ils avaient été aperçus avant lui par Aristote, Erasistrate et llérophile. Gela est douteux. Dans tous les cas, Aristote, Erasistrate et Hérophile n’ont pas soupçonné l’usage des chylifères, puisque Galien lui-même a prétendu que toutes les substances alimentaires étaient absorbées par les veines mésaraïques (c). Les théories galénistes touchant l’absorption exclusive par les veines mésaraïques des sucs nutritifs ont régné dans les Ecoles jusqu’au xvi* siècle- Eustachi, influencé par elles, a regardé comme une veine le canal auquel aboutissent tous les chylifères, le canal thoracique, qu’il a découvert chez le cheval. Dans le chapitre IV du livre III de son immortel ouvrage qui n’est rien autre chose, comme je l’ai prouvé, qu’un résumé succinct de sa première thèse de licence en médecine, llabelais a accepté ces théories.

(a) Les veines du mésentère, du grec ysaupaiov, mésentère.

{b) Du grec chyle et fspu, je porte.

(c) Les veines mésaraiques absorbent tous les produits de la digestion, sauf les graisses qui sont absorbées par les vaisseaux chylifères.

(1) J’ai noté précédemment que cette glande n’est pas unique-

Pecquet (1). Ce vaisseau, étendu le long de l’épine du dos, aboutit un peu au-dessous du cou, à une des veines qu’on appelle sous-clavières, d’où elle est portée dans le cœur, et là prend tout à fait la forme de sang.

« Il sera aisé de comprendre comme le chyle est élevé à cette veine, si on considère que le long de ce vaisseau de Pecquet, il y a des valvules, disposées par intervalles, qui empêchent cette liqueur de descendre; et que, d’ailleurs, elle est continuellement poussée en haut, tant par la matière qui vient en abondance des veines lactées, que par le mouvement du poumon, qui fait monter ce suc. »

« Les muscles (2) qui, est-il dit également dans La connaissance de Dieu et de soi-même , paraissent à nos yeux, au premier aspect, une masse uniforme et inarticulée, paraissent dans une dissection délicate de petits cordons, nommés fibres , qui sont ellesmêmes des écheveaux de petits filets parallèles... »

Ces filets « peuvent s’allonger et se rétrécir et par là tirer, retirer, étendre, fléchir, remuer en diverses sortes les parties du corps ou les tenir en état. C’est ce qui s’appelle muscles et de là vient la distinction des muscles en extenseurs ou fléchisseurs.

(1) J. van Home, de Leyde, et J. Pecquet, de Dieppe, ont signalé, à l’insu l’un de l’autre et presque simultanément et sans savoir qu’on en avait fait mention avant eux, le conduit et le réservoir du cliyie. De sorte qu’à l’étranger l’honneur de la découverte de ces organes est tantôt attribué à l’un et à l’autre ou à l’un ou à l’autre de ces deux savants. En réalité le canal thoracique et sa dilatation ampullaire inférieure ont été décrits chez l’homme, en 1629, par J. Mentel, de Château-Thierry (cf. Corlieu, France médicale, n° 44, Paris 1880) et chez le cheval plus tôt encore, en ces termes par Barthelemi Eustachi (De vend sine pari, Anligram, 13) : «Du côté interne de la veine sous-clavière s’étend chez les animaux un gros vaisseau qui se dirige vers la partie inférieure du corps, et dont l’embouchure est garnie d’une valvule semi-lunaire. Ce canal est de couleur blanche et contient un liquide aqueux. »

(2) Du grec pOeiv, resserrer ou pli, rat, parce que certains d'entre eux ressemblent à un rat écorché, ont la tète, la queue et le tendon longs et grêles et le corps renflé. Les Latins qui les comparaient a un lézard, les nommaient Lacerlus.

« Les muscles ont leur origine à certains endroits des os, où on les voit attachés, excepté quelques-uns, qui servent à l’éjection des excréments, et dont la composition est fort différente des autres (1).

« La partie du muscle qui sort de l’os s’appelle la tête; l’autre extrémité s’appelle la queue, et c’est le tendon (2) ; le milieu s’appelle le ventre, et c’est la plus molle comme la plus grosse. Les deux extrémités ont plus de force, parce que l’une soutient le muscle, et que par l’autre, c’est-à-dire par le tendon, qui est aussi le plus fort, s’exerce immédiatement le mouvement.

« 11 y a des muscles qui se meuvent ensemble, en concours, et en même sens, pour s’aider les uns les autres; on les peut appeler concurrents. Il y en a d’autres opposés et dont le jeu est contraire; c’est-àdire que pendant que les uns se retirent, les autres s’allongent ; on les appelle antagonistes. C’est par là que se font les mouvements des parties de tout le corps.

« On ne peut assez admirer cette prodigieuse quantité de muscles qui se voient dans le corps humain, ni leur jeu si aisé et si commode, non plus que le tissu de la peau qui les enveloppe, si fort et si délicat tout ensemble (3). »

Voilà pour le réservoir du chyle, son conduit excréteur et les muscles en général. Je passe aux muscles

(1) Cette division des muscles en muscles orbiculaires ou sphincters qui ferment les orifices naturels (l’anus, l’uréthre, etc.) et en muscles qui meuvent les os date de fort loin et est restée classique. Maître François a parlé de la vertu retentrice du nerf' qui restreinct le muscle nommé sphincter (Cf. mon Rabelais anatomiste et physiologiste, p. 71).

(2) En latin lendo, dérivé du grec r&uv, de reveiv, tendre, parce que dans l’action il se bande ou se tend.

(3) Cette peau qui enveloppe les muscles est une membrane, d’un blanc nacré et de nature conjonctive appelée aponévrose et qui envoie dans la trame de chacun d’eux des cloisons celluleuses qui le partagent en faisceaux de plus en plus petits.

en particulier et, tout d’abord, au plus important d'entre eux, après le cœur, au diaphragme :

« Entre la poitrine et le ventre se trouve le diaphragme (1) qui est une cloison charnue dans son tour et membraneuse à son centre... Il s’étend d’un côté à l'autre dans toute la circonférence des côtes... Son principal usage est de servir à la respiration. Pour l’aider, il se hausse et se baisse par un mouvement continuel, qui peut être hâté ou ralenti par diverses causes... Il s’allonge, ce qui fait le meilleur de la respiration tranquille... En se baissant, il appuie sur les intestins et les presse ce qui a de grands usages qu’il faudra considérer en leur lieu.

« Le diaphragme est percé pour donner passage aux vaisseaux qui doivent s’étendre dans les parties inférieures. Le foie et la rate y sont attachés

« L’œsophage, selon son nom (2), est le conduit par où les viandes sont portées à l’estomac qui n’est qu’un allongement ou, comme parle la médecine, une production (3) de l’œsophage. La situation et l’usage de ce conduit font voir qu’il doit traverser le diaphragme. »

Un anatomiste moderne contresignerait des deux mains ces dernières lignes. On peut en dire autant de celles qui suivent touchant la structure charnue et la direction oblique des libres des ventricules de l’organe central de la circulation :

« A considérer la composition de toute la masse du cœur, les fibres et les filets dont il est tissu, et la manière dont ils sont tors, on le reconnaît pour un

(1) Du grec Si«ŸpK-//j.ot, entre-deux, séparation, division, formé de 5ta, entre, et de y pr- *»«, J® ferme, j’enclos.

(2) En grec onofayoi, formé de on w, fait deotw, je porte et de fccyeiv, manger; porte-manger.

(3) Production est pris ici dans son sens latin ducere pro, signifie conduire en avant, prolonger, continuer.

muscle (1) Et on prétend que ces fibres ne sont

pas mues selon leur longueur prise en droite ligne, mais comme tordues de côté (2) ; ce qui fait que le cœur se ramenant sur lui-même s’enfle, en rond, en même temps que les parties qui environnent les cavités se compriment en dedans avec grande force. »

(1) Dans Y Anatomie du corps humain de Diemerbroeck, et pour ne citer que celle-là, après Bossuet par conséquent, on lit encore: (t. II, pp. 63, 456, 457, 458) : « Nicolas Sténon en son Livre des muscles et des glandes établit que toute partie qui a en soi tout ce qui est nécessaire à un muscle, qui n’en a aucune de celles qu’un muscle ne doit pas avoir, et, enfin, dont la structure est convenable au muscle, ne peut pas être qualifiée du nom de muscle, quoiqu’elle ne soit pas soumise à l’empire de

la volonté. Mais le cœur, etc Nicolas Sténon dit : ni aucune

partie qu’un muscle ne doit pas avoir. Qui, je vous prie, ne voit pas combien le cœur a de parties qu’un muscle ne doit pas avoir; savoir deux oreilles, deux grands ventricules et onze grandes valvules. Y a-t-il dans le corps un seul muscle qui ait quelque chose de semblable à cela ? Donc le cœur a des choses et même de très considérables, que les muscles n’ont pas et ne peuvent pas et ne doivent pas avoir; par conséquent une construction qui n’est ni convenable, ni semblable au muscle... Si le docte Sténon fait peu d’attention à l’action principale du cœur qui est de faire du sang, et que, sans s’y attacher, il veuille seulement considérer sa contraction, qui dans le battement se fait par le moyen de fibres et conclure encore opiniâtrement qu’il est un muscle, quoiqu’il ne soit pas mû par un mouvement volontaire, alors et par la même raison, il pourra, s’il le trouve à propos, introduire dans la famille des muscles: le ventricule, l’estomac, la vessie du fiel, la matrice, les intestins, la vessie, les membranes du cerveau qui, dans l’éternuement, souffrent une forte contraction. Mais il est facile de voir

combien tout cela est absurde que Nicolas Sténon le prenne

(le cœur) tant qu'il voudra pour un muscle, simple et servile, c’est un viscère noble et royal... » par ce qu’il fabrique les esprits animaux, ces agents de l’intelligence et du mouvement.

Dansson Traité delà Maladie sacrée, Aristoteavaitdéjàécrit: «Le cœur se contracte comme le diaphragme et davantage encore pour les raisons que voici: les veines se rendent de lout le corps au cœur, il en est le réservoir, de sorte qu’il ue se passe rien dans l’économie qu’il n’en ressent le contre-coup. »

(2) C'est Winslow, baptisé, comme Sténon, par Bossuet qui a démontré péremptoirement la disposition eu spirales et en anse des fibres des ventricules du cœur, la présence d’une plus grande quantité de ces fibres dans l’un des deux ventricules, etc. Avant lui la direction oblique de haut en bas et de droite à gauche des fibres communes ou unilives du cœur, avait été soupçonnée par Léonard de Vinci.

Dans son traité De la connaissance de Dieu et de soi-même, Bossuet a montré un très honorable souci de l’observation et de l’expérimentation ou plutôt de X expérience pour employer l’expression usitée au xvne siècle. Défiant des conjectures de pur raisonnement, il les a soigneusement distinguées des conclusions solides de ceux qui ont fait des dissections, ouvert des cadavres d’hommes et d’animaux et étudié avec des microscopes. Et lorsqu’il n’a pas su ou lorsque les explications qui lui ont été fournies de ce qu’il voyait lui ont paru insuffisantes ou peu plausibles, il n’a pas craint de le dire. Avec quelle prudence et quelle sagacité n’a-t-il pas résumé dans quelques claires et courtes phrases l’état de la science de son temps sur cette masse pulpeuse aussi merveilleuse par la délicatesse de sa structure que par la sublimité de ses fonctions, le cerveau, le temple de l’amour, de l’intelligence et de la bonté :

L « L’homme, à proportion de sa grandeur, contient dans sa tête, sans comparaison, plus de cervelle qu’aucun animal, quel qu’il soit.

IL « Le cerveau a divers sinus ou anfractuosités ; outre cela diverses cavités, qu’on appelle ventricules, choses que les médecins et les anatomistes démontrent plus aisément qu’ils n’en expliquent les usages (1).

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