‹ Bossuet et le jansénismeChapitre 13 sur 15 · AA · texte numérisé non relu

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l'objet des gémissemens de l'Eglise sur vous, c'est que votre écrivain sans feu et sans noblesse de style, a i citer en votre faveur le grand Bossuet ; c'est qu'en le citant il affecte de vous taire dire que la mémoire, sentimens et la doctrine de cet oncle si illustre vous seront toujours chers.

En vérité, Monseigneur, la plume qui vous sert ne respecte pas assez le public, l'avais démontré dans nies deux premières Lettres que vous suiviez une route que \1. Bossuet ne vous avait assurément pas frayée, que votre doctrine était entièrement opposée cà la sienne On a, vous le savez, trouvé les preuves fortes, solides, capables de faire impression. Cependant sans les réfuter, vous vous bornez à un simple et affecté témoignage de l'amour que vous conservez, dites-vous, pour votre ourle. Répondre de la sorte n'est-ce pas s'avouer coupable: Croyez-vous qu'une pareille réponse puisse persuader quelqu'un :

Vous chérissez, dites-vous, la mémoire de M. de Meaux; d'où vient donc que vous êtes uni d'amitié, de sentimens, de doctrine avec ceux dont il a constamment combattu les erreurs et rejeté les principes ? Si vous chérissez sa doctrine, pourquoi approuvez-vous l'Appel de la Bulle ? Pourquoi enseignez-vous les sentimens de Quesnel et de ses défenseurs ?

Non, non, Monseigneur, la véritable amitié nous rend plus conformes à celui qui en est l'objet : nous suivons ses traces, nous adoptons ses pensées, nous nous pénétrons de ses sentimens, et ses adversaires sont les nôtres. J'ai prouvé que M. Bossuet s'était efforcé de détruire le Jansénisme, montrez-nous les efforts que vous faites pour l'imiter, l'ai développé ses principes, je les

ai opposés à ceux de l'Evêque d'Ypres, et la contradiction est manifeste ; faites-nous-en voir autant des vôtres. Quand vous aurez établi ce contraste, dites nous que vous chérissez toujours la mémoire et les sentimens de votre oncle ; nous vous croirons alors, et nous vous croirons avec d'autant plus de joie, que nous souhaitons davantage avoir ces preuves de votre amitié : mais jusqu'à ce moment si désiré, ne comptez pas nous persuader par une vaine protestation, qui est démentie par les faits les plus évidens.

Au reste, Monseigneur, jusqu'à présent j'ai réuni sous un seul point de vue toutes les raisons que j'ai cru les plus capables de vous toucher, de vous persuader, de vous ramener à nous : mais Dieu seul est le maître des cœurs, et cet Etre puissant connaît seul si mes efforts auront un heureux succès. Tout ce que je puis vous dire, c'est que si vous demeurez obstiné dans les nouveaux, principes qu'on vous a fait adopter, ne vous servez plus de l'autorité de M. Bossuet pour appuyer vos sentimens ; que si désormais vous l'employez en votre faveur, sans dissiper le sombre nuage que mes trois Lettres ont formé contre vous, vous me permettrez, je crois de vous en rappeler le souvenir, et de vous prier de changer votre doctrine, ou de renoncer à votre oncle. C'est dans ces dispositions que j'ai l'honneur d'être avec respect,

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