Chapitre I
Preuves indirectes de l'orthodoxie de Bossuet.
Témo gnages en sa faveur d'écrivains ultramontains tels que fosepli de Maistre, le chanoine Maynard etc.; — d'historiens et de théologiens anti-jansénistes, tels que Lafiteau, Montagne, Rérault-Kercastel . . . etc.. . — \J Avertissement aux Réflexions morales de Quesnel. — Les écrivains jansénistes eux-mêmes sont garants de l'orthodoxie de Bossuet.
I. Cette première série de preuves, nous la trouverons d'abord dans les aveux d'auteurs sévères à l'égard de Bossuet sur la question du jansénisme et qui s'affligent, à tort du reste comme nous le montrerons, de sa trop grande réserve. Faisons quelques citations en remarquant qu'on les multiplierait aisément.
i) Une remarque préliminaire qui a son utilité : quand bien même il serait vrai que Bossuet aurait été janséniste, ou du moins aurait eu des torts dans sa conduite à l'égard du jansénisme, on n'en pourrait rien conclure contre l'Eglise, ni en faveur de cette hérésie. En effet la règle de la vérité c'est l'Eglise et non Bossuet.
Si Bossuet avait erré sur ce point, ce serait un malheur pour lui, comme les erreurs de Tertullien sont un malheur pour lui. Ce serait de plus un malheur pour les âmes : le nom de Bossuet pourrait ainsi devenir une tentation, comme le nom de Tertullien l'a été au III" siècle : et fuit ipse . . . in Ecclesia magna tentatio, disait Vincent de Lérins. (Communitor. c. iS.)
Mais hâtons-nous de le dire, pareille crainte n'est point fondée. Ce travai en donnera, nous l'espérons, des preuves convaincantes.
Joseph de Maistre *) a écrit ces paroles : « Si l'on n'examine que les principes de Bossuet (à l'égard du jansénisme) personne n'a le moindre droit d'en douter, l'oserai même dire qu'on ne saurait les mettre en question sans commettre une injustice qui pourrait s'appeler un crime. Non seulement il est convenu et a dit et a prouvé que les cinq propositions trop fameuses étaient dans le livre de l'évêque d'Ypres, mais il a ajouté, comme le savent tous les théologiens, que le livre entier n'était que les cinq propositions. » 2)
Est-il permis de citer, après le grand écrivain ultramontain, un auteur moderne dont l'érudition n'est pas plus contestable que la violence souvent injuste de ses appréciations à l'égard de ceux dont il ne partage pas les idées, mais dont le témoignage acquiert précisément à cause de cela une certaine valeur — je veux parler du chanoine Maynard? A diverses reprises, cet auteur a déclaré que la foi de Bossuet a été pure, sa doctrine invariablement conforme à celle de l'Eglise. 3)
Ce n'est pas entièrement l'avis du R. P. de la Broise, S. j., qui à la suite de son confrère, le P. Gazeau 4), essaie
i) Le grand écrivain est un de ceux qui en général ont été les plus injustes à l'égard de Bossuet. C'est lui notamment qui a été jusqu'à dire cette parole que des adversaires du catholicisme ont relevée complaisamment : Jamais les souffrances du peuple ne lui arrachèrent un seul cri. Odieuse imputation qui indigne avec raison Mgr. Freppel : « Je me demande, écrit-il, comment M. de Maistre a pu écrire cette ligne sans que la plume lui ait brûlé les doigts? N'avait-il donc jamais lu un sermon de Bossuet? il nous donnerait le droit de le penser. Mais non, déplorable effet de l'esprit de parti ! M. de Maistre voyait les sermons de Bossuet à travers les quatre articles de 1682, et nul plus que moi ne les trouve regrettables; mais ce n'est pas une raison pour se faire l'écho d'une calomnie qu'on ne saurait qualifier trop sévèrement. » Bossuet et V éloquence sacrée au XV/f" siècle. II, p. 94.
2) De F Eglise gallicane, livre II, ch. XI Page 2 — 72 de l'éd. l'élagaud, 1872.
s) Bibliographie catholique, tome XIX, p. 396, 402, 404.
4) Etudes religieuses des Pires de la Compagnie de Jésus, 1869, 1874, 18 75, 1876 et 1877.
de nier l'orthodoxie entière de Bossuet : ce qui n'empêche pas le savant auteur de Bossuet et la Bible ^ de conclure son étude par ces paroles : « Il (Bossuet) n'a jamais eu avec le parti ni entente, ni liaison secrète. Il n'a jamais été l'ami des jansénistes en tant que jansénistes; il les a au contraire combattus.. . . Surtout, il ne peut passer lui-même pour janséniste, puisqu'il n'a cessé de condamner les cinq propositions et le livre même de Jansénius. ") »
II. A ces premiers témoignages, ajoutons celui d'hommes très opposés au jansénisme et en même temps très éclairés sur les sentiments de Bossuet. Choisissons entr'autres l'historien Bérault-Bercastel.
Racontant l'affaire de la prétendue Justification des Réflexions morales de Quesnel, épisode important de l'histoire du jansénisme, cet historien apporte un témoignage remarquable en faveur de l'orthodoxie de Bossuet que nous devons noter : :< Quand les Réflexions morales de Quesnel commencèrent à donner du scandale, de Noailles, passé du siège de Chàlons sur celui de la capitale, chargea quelques théologiens de revoir l'ouvrage qui occasionnait ces troubles. On parla d'abord de le corriger. On crut mieux faire ensuite de rechercher l'approbation de l'évêque de Meaux. Rien n'était plus capable de fermer la bouche à tous les critiques que le suffrage d'un juge regardé depuis longtemps comme
i) Un des plus beaux livres du reste qui ait été fait sur Bossuet.
2) Bossuet et le jansénisme, dans la Revue des facultés catholiques de f Ouest, 2* année, N° 4, (avril 1893) page 569. — Décidément il me répugne de citer Rohrbacher dont l'histoire, écrite dans de bonnes intentions c'est vrai, n'est trop souvent qu'un tissu d'injustes racontars notamment en ce qui concerne Bossuet. Il est de plus d'une si invraisemblable outrecuidance c osant accuser Bossuet d'ignorance » que le dégoût vous prend à le feuilleter. Cfr. Bibliographie catholique, VIII., p. 175.
une des plus grandes lumières de l'Eglise, déclaré généralement contre tous les novateurs, et de plus ami particulier de l'évêque de Chartres, Godet des Marais, le prélat de France qui était le plus hautement opposé au jansénisme. Ses liaisons très particulières aussi avec de Noailles ne laissaient pas douter qu'il ne donnât son approbation, s'il y avait quelque moyen de concilier ce bon office l) avec son honneur et sa conscience.
« Cependant l'évêque de Meaux, avant de rien promettre, exigea qu'on lui promit au contraire de mettre 120 cartons, bien désignés, à un livre si justement suspect ; on s'y engagea. Alors il examina s'il ne pourrait pas donner un air de vérité à un assez grand nombre d'autres propositions et les rappeler au sens catholique. *) Pendant qu'il s'occupait de ce travail , on faussa la parole qu'on lui avait engagée, et l'ouvrage reparut imprimé tel à peu près qu'auparavant, c'est-à-dire avec une très petite partie des corrections dont on était convenu. 3) Il demeura persuadé que ce livre n'étant plus susceptible des interprétations qu'il s'efforçait de lui donner, il devait supprimer ce qu'il avait jeté pour cela sur le papier, et l'on n'en ouït plus parler de son vivant ; mais après sa mort, un quesnelliste passionné, nommé
') Il faut se rappeler, ce que ne mentionne pas Bérault-Bercastel , que Noailles avait approuvé à Châlons en 1695 les Réflexions morales.
-) Au sens des thomistes, que l'Eglise permet en effet d'admettre ou de rejeter.
3) Les 24 dont Guettée donne la liste (Mémoires de Le Dieu, p. 255). Tandis que l'on sait positivement, quoiqu'en disent M. Le Roy d'après Guettée, que Bossuet avait indiqué plus de cent endroits à corriger. (Lettre de l'abbé de S. André, vicaire général de Bossuet, à Mgr Languet, citée dans Picot, tome VU, p. 437.)
Bossuet se rencontrait ainsi à l'avance, jusque dans le nombre des propositions condamnées de Quesnel, avec la future bulle Unigenitus.
Le Brun l\ trouva le moyen de s'en procurer une copie, et la fit passer à un chanoine de Lille qui la fît imprimer à Bruxelles. C'est ainsi qu'on dépeignit comme un janséniste le prélat qui avait tenté de retirer d'un livre le venin du jansénisme, et qu'on fit passer son projet d'apologie ou plutôt de correction, pour une apologie formelle de l'ouvrage qui en demeurait infecté.
« Le parti osa faire valoir cette pièce comme un témoignage authentique du grand évèque de Meaux en faveur des Réflexions morales, dans un temps où il y avait encore peu de personnes à la ville et à la cour qui pussent ignorer quels avaient été ses sentiments à ce sujet. Il était difficile que les Quesnellistes eux-mêmes l'eussent oublié. Willart avait écrit au P. Quesnel, le 30 de janvier 1700, qu'il venait d'apprendre que l'évêque de Meaux, comme bien d'autres, parlait mal des quatre frères, ou des quatre volumes des Réflexions. L'abbé Couet, vers le même temps, écrivant à Bossuet qui pressait dans l'Assemblée du clergé la censure de cette proposition : Le jansénisme est un fantôme, s'exprimait ainsi : « On connaît des personnes à qui vous avez dit que les cinq propositions sont dans le livre du P. Quesnel. Vous n'avez pas apparemment oublié, Monseigneur, que vous
i) Doyen de Tournai, cet ecclésiastique avait quitté son poste à la reprise de cette ville sur les Français par les alliés. Mais il y retourna en 1709 et y mourut l'année suivante.
D'après un document mss. de ma collection, au moment où Le Brun eut, par M. de Bissy, une copie du travail de Bossuet, il était dans le diocèse de Meaux, « dans son prieuré de Sept-Fons où il était exilé. » — M. Guettée, sans se rendre compte de la contradiction, prétend que cette intervention du doyen de Tournai est une fable, et un peu plus loin cite la déclaration de Le Dieu attestant que € feu M. Le Brun ... a eu communication du mss. » Mémoires, p. 243 et 247.
Guettée, dans tout ce passage, cite des documents importants mais sans dire où ils se trouvent. Son manque d'impartialité autorise à suspecter leur authenticité, jusqu'à plus ample informé. Ce pauvre ecclésiastique, mort pope russe, n'est malheureusement pas un homme à croire sur parole.
avez encore déclaré depuis peu à un évêque de l'Assemblée, que Ton trouvait dans ce livre le pur jansénisme. » Ainsi parlaient alors les hommes les plus dévoués au parti, parce que le fait était notoire. Mais le cours des années affaiblit toutes les notions, et il vient un temps où l'on croit peu risquer à les démentir. Si l'on se perd d'honneur dans l'esprit des personnes instruites en agissant de la sorte, au moins reste-t-il une foule d'ignorans qu'il est facile de surprendre. Ainsi devait-on raisonner dans une secte dont la fraude était l'unique appui. x) » Et l'historien ajoute : « Eut-on pu croire que Bossuet, si fort au-dessus du panégyrique, eut besoin d'apologie et sur la grave matière de la foi, lui qui fut jusqu'à la fin de sa carrière le fléau de toute espèce de secte et d'erreur.
Avant Bérault-Kercastel, l'historien de la constitution Uuigenitus, Mgr Lafiteau, témoigne aussi que Bossuet, après avoir examiné le livre de Quesnel, avait été d'avis « que pour le rendre tolérable, il fallait entièrement le réformer. 2)
Le témoignage du cardinal de Bausset est également à citer, car son histoire de Bossuet est loin d'être
') Livre LXXXIII, année 1703. Tome 9, p. 451 et seq. de l'édition de Paris, 1835. — Ce résumé assez exact de cette affaire me dispensera d'y revenir en détail , et de m'occuper de l'opuscule oiseux de Guettée, Essai bibliographique sur l'ouvrage de Bossuet intitulé : Avertissement sur le livre des Réflexions morales ... (Paris, Renouard, 1854). € Si Bossuet écrit à ce sujet Mgr Freppel, par un excès de condescendance pour le cardinal de Noailles, entreprit de défendre un livre dans lequel il exigeait préalablement des corrections importantes, il voulait tirer de cette défense même une nouvelle et dernière réfutation des erreurs jansénistes. Ce qui le prouve sans réplique ce sont les attaques violentes que les partisans de Quesnel ne cessèrent de diriger contre lui dans leurs lettres et leurs écrits. » Op. cit., II, 263.
2) Histoire de la Constitution C/nigenitus, livre I. — Tome I, p. 52 de l'édition de Liège, 1758. Cfr. encore p. 55 et seq.
une apologie et l'on connaît sa partialité pour Fénélon.1) Parlant, dans sa biographie de l'archevêque de Cambrai, de l'injuste soupçon de jansénisme qu'on avait fait planer sur lui après ses missions dans l'Aunis et la Saintonge, il dit que les liaisons de Fénélon suffisaient à le justifier, car le duc de Beauvilliers et M. Tronson étaient très opposés aux nouvelles doctrines « et personne n'aurait osé accuser Bossuet de jansénisme. » 2)
Dans le P. de la Rue, jésuite, nous avons un témoignage contemporain. Dans la solennité de l'oraison funèbre de Bossuet, il prononça, puis imprima ces paroles : « Un Nicolas Cornet, un Vincent de Paul . . . furent ses maîtres ... et ses modèles dans la science de l'Ecole et dans celle du salut. Ce fut de leur fonds qu'il tira l'amour de l'ancienne doctrine et l'horreur de la nouveauté. 3) »
Apportons encore le témoignage du sulpicien Montagne, si zélé contre le jansénisme ; proche du temps de Bossuet, il était bien à même de connaître les faits. A plusieurs reprises il parle du zèle de l'évèque de Meaux contre les novateurs. « Integra ad moniales Portus Regii epistola nedum docet quinque propositiones in sensu Jansenii damnatas fuisse, sed et totus est ut probet canonicum esse, supremum ac irreformabile, tam circa factum quam circa jus, hujusmodi judicium. *) » Et le
') Dans les deux ouvrages de Bausset , comme le remarque M. Crouslé (Fénélon et Bossuet^ II, p. l8l) « les faits ... sont défigurés ... dans maint et maint endroit.... Les récits de M. de Bausset ont été redressés en grande partie par Tabaraud ... et l'abbé Guillon.... Nous pourrions ... renvoyer à leurs ouvrages qui mettent en pleine lumière la partialité de l'historien de Fénélon pour son héros et son parti pris de croire toujours ce témoin et de négliger les réponses catégoriques de Bossuet. »
*) Livre I, N° 27. Page 70 du Ier volume de l'édition de Paris, Vives, 1854.
») Page 371 du t. XXIX de l'édition de 1854. Vives.
*) Edit. de Migne (Cursus théol. X, col. 329, 330; 479).
célèbre théologien cite cette fameuse lettre de Bossuet aux religieuses de Port-Royal sur laquelle nous reviendrons plus tard.
Qu'on nous permette, à ces témoignages anciens, d'ajouter celui d'un auteur moderne qui ne paraîtra suspect à personne : celui de Mgr Freppel. L'illustre évêque d'Angers dans son ouvrage sur Bossuet et £ éloquence sacrée au XVIIe siècle, s'exprime aussi nettement qu'énergiquement : « On a dirigé contre lui (Bossuet), écrit-il à propos de l'oraison funèbre de Nicolas Cornet, des accusations si graves et si peu fondées, qu'il n'est pas inutile de dégager sa mémoire de quelques nuages qui planent sur elle. . . . Dans tout le cours de sa vie, Bossuet ne varia jamais sur ce point. Non seulement il tenait les cinq propositions pour condamnables en ellesmêmes, mais il y voyait de plus l'àme et la substance du livre de Jansénius. ... Il ne saurait y avoir le plus léger doute à cet égard. ') » Et plus loin iMgr. Freppel fait remarquer <; avec quelle réserve judicieuse Bossuet traitait les questions si délicates du jansénisme. Evitant avec un soin extrême tout ce qui est de nature à aigrir les esprits, il ne s'embarrasse point dans des questions inutiles ou controversées. Il ne recherche pas même si l'Eglise est infaillible ou non dans la décision des faits dogmatiques, tels que l'attribution du sens d'une proposition à un auteur déterminé. Il ne pousse pas les choses à l'extrême, en demandant, sur le jugement de ces faits, ce que l'Eglise ne demande pas, un acte de foi divine. 2) Il se renferme strictement dans l'obligation
2) Ceci est une réponse à la prétendue grande découverte du P. Gazeau (articles cités plus haut) et à l'étude du P. de la Broise dont je doute que Mgr Freppel eut accepté la dédicace.
qui en résulte : la soumission pure et simple, sans aucune restriction, avec la persuasion intérieure et absolue. C'est toujours ... la même ligne de conduite droite et inflexible. Ni trop, ni trop peu, voilà sa devise. C'est à lui qu'on pense tout naturellement quand on relit ce beau mot de Massillon à l'évêque de Rodez : « 11 faut prendre le parti qui n'est point un parti, le parti de l'Eglise, qui désavoue et ceux qui la défendent mal et ceux qui l'attaquent. l) »
III. Pour terminer ce chapitre, choisissons encore quelques témoignages d'hommes plus ou moins compromis par le jansénisme, — ce n'est pas le lieu d'examiner ici si c'est à tort ou à raison — mais qui n'auraient pas pu parler comme ils l'ont fait , si l'orthodoxie de Bossuet était douteuse.
C'est le cardinal de Noailles qui dans ses lettres à Fénelon au sujet du quiétisme disait : « Avant ce malheureux temps de division, âuriez-vous cru qu'on put soupçonner seulement M. de Meaux de favoriser Jansénius? il aurait bien oublié les leçons de M. Cornet qui l'a élevé. » 2)
C'est l'abbé Hennequin , ancien grand-vicaire de Strasbourg3), lequel écrivait le 15 décembre 17 10 à M. de Bissv, successeur de Bossuet à Meaux, à l'occasion d'un mandement contre la théologie du P. Juénin: « Qui croirait qu'après les soins de M. Bossuet, il y ait encore des jansénistes à Meaux? 4)
!) Ibid. p. 260.
2) Oeuvres de Fénelon, t. 5, p. 413.
8) A ce titre ce personnage nous intéresse particulièrement. On trouvera quelques détails curieux sur lui dans les Mémoires de Pabbé Le Gendre, p. 249. 4) Journal de l'abbé Le Dieu, III, p. 319.
N'oublions en terminant que des jansénistes notoires ont reproché à Bossuet son opposition à l'hérésie. Dans l'édition de ses œuvres, de Versailles, on dit x) que Dom Deforis se plaint des préventions de l'évêque de Meaux contre les jansénistes. Lors de l'assemblée générale du clergé de 1700 les amis des partisans de V Augustinus allaient jusqu'à répéter que Bossuet, en voulant faire censurer les propositions jansénistes, semblait montrer « par là quV/ ri entendait pas le sentiment de S. Augustin sur la grâce. » 2) Ainsi encore « M. de Châlons 3) qui ne cessait de dire : Il n'y a plus de jansénistes; il était soufflé à Paris par les Pères de l'Oratoire qui lui promettaient d'écrire en faveur de M. Arnauld et d'expliquer les vrais sentiments de S. Augustin, qu'ils disaient que M. de Meaux ri entendait pas . » 4)
1) Tome I, p. XVI.
2) Lk Dieu, Journal, I, p. 78.
8) Noailles.
4) Le Dieu, Journal, I, p. 91.