‹ Bossuet et le Protestantisme: étude historiqueChapitre 101 sur 122 · Chapitre viii · texte numérisé non relu

Chapitre viii

Il ne Tant pas oublier que les catholiques étaient toujours devant les protestants comme des accusés qui soutenaient un procès sur leur doctrine, et qui étaient condamnés depuis longtemps par leurs adversaires avec les qualifications les plus outrageantes. Bossuet explique cette doctrine avec son égalité d'humeur ordinaire, et montre aux protestants l'inanité de leurs accusations par le simple procédé de l'exposition, qui ne laisse rien subsister des injustes imputations de ses adversaires, et met en pleine lumière l'accord des deux partis sur les principes les plus importants. Mais aussi ne rencoatret-on point, dans cet échange d'idées, de ministre farouche, épineux et rogue, tel que ceux à qui plus tard il dut prêter le collet.

Il ne refuse cependant pas de conférer avec qui l'on voudra. < S'il avoit eu les mêmes liaisons avec vos autres confrères (écrit Maimbourg à Ferry) (1), il leur auroit parlé sans difficulté et leur auroit dit les mêmes choses, même à M. Daillé, s'il le connoissoit ; qu'il en chercberoit les occasions, et n'en perdroit aucune de s'expliquer de la même sorte avec tous ceux qui voudri'ieot y entendre i. Qu'on ne s'imagine pas ici une sorte de chevalier errant, qui oiTre de rompre une lance contre tout venant; non, sa gloire personnelle n'est pour rien dans toute cette affaire; mais c'est un homme persuadé que tous les gens de bien désirent la paix religieuse, et qui souhaiterait de rassembler pour y travailler tous le« hommes de bonne volonté.

Cet essai d'entente, qui fit ressortir aux yeux de tous la loyauté et la modération de Bossuet, autant que la

iJ)P.aî7.

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vapacité el la sagesse du miaistre Ferry, n'eut cependant aucuQ résultat pratique. Ce dernier, tout en protestant de sa bonne volonté pour arriver à la rëuaion, s'en tint en définitive, avec ses collègues de Metz, a cette déclaration :

« Comme notre église est unit; en une mâme conressiwi de foi eldc discipline avec les autres du royaume, et qu'elle n'est que parliculi^e, elle D"a point de droit, et ne peut délibérer sur celte proposition que conjointement avec les autres églises de France i étant prêts en ce cas de coDlribuer en une si bonne Œuvre tout ce que la vérité el leur conscience peuvent permettre (1)«.

Il restait donc des arrière-pensées chez les mieux disposés des miaistres : tous craignaient d'être engagés dans des concessions contre leur conscience. Perry luimême croyait devoir se laver devant ses coUègites de quelques soupçons.

n Je leur avoîs loujours dit que je ne me séparerois jamais de mes frères et collègues; que je ne qullterois jamais rien de la vérité ; que tout ce que je leur avols promis étolt d'ouïr les adoucissements ou éclaircissomeuls qu'ils me voudraient donner sur les controverses et explications du malentendu, et de leur en dire mon sentiment en bonne conscience et autant que la vérité le pourroil permettre, et sans aucun engagement ; et qie j'avois toujours dit que cette affaire n'éloil pas pour être traitée à part, mais en une grande assemblée du clergé avec les ministres de France, convoquée avec l'avis d'un svnodo national ; que o'éloit l'ouvrage d'un grand roi qui n'avoit plus rien à faire à Paris sous ses yeux... (2) u.

On voit qu'outre ta question de forme, il y avait chez les protestants en pénéral une estréme répugnance à

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