‹ Bossuet et le Protestantisme: étude historiqueChapitre 102 sur 122 · CHAPITRE VJII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VJII

renoncer aux griefs de la Réforme cootre la foi catholique, et que les dissentiments que Bossuet, dans la hauteur et ta largeur de son esprit, croyait faciles à effacer, ne l'étaient nullement : il y avait là autre chose que des pointillés de théologiens ; il y avait les passions qui s'étaient acharnées sur des objets souvent débattus, et qui en avaient fait des énormités : il faut compter au nombre de ces monstres : l'adoration dans la messe, l'invocation des saints, le culte des images, les prières pour les morts, etc. Les protestants zélés ne croyaient pas, au fond du cœur, pouvoir se mêler aux catholiques sans souiller la puretéimmaculée de la religion réformée. Ils demeuraient toujours comme les Juifs à l'égard des Égyptiens, tant ils s'étaient remplis des haines bibliques, ayant toujours les expressions hébraïques sur les lèvres et sous la plume.

Cependant comme on savait que le roi désirait cette réunion, quelques-uns auraient bien voulu faire quelque chose pour lui être agréables, mais k la pratique, ils trouvaient toujours que c'était la chose impossible.

Un ancien ministre de Montpellier, du Bourdieu, se mit en tête de rédiger un projet de réunion, qu'il voulut faire présenter au rot par le duc de Noailles, commandant du Languedoc, vers 1634 (1). Mais le duc, après avoir fait examiner ce projet, trouva que ce mémoire < tendoit à rendre les catholiques huguenots, et non les huguenots catholiques (2) • . C'était bien en effet l'esprit des protestants qui, sans le dire et peut-être sans se le

(!) Bossnel, â qni le due de NoiiLles ernoya ee projet, j Ht une rÉponse. (S30CI. l«8;l. I. XVll, p. 36>i,. Il ne. IroDvi pas ma compte dans le prujet. ni le miDistrc dans lis demandes que l'éiéque loi poB). Tout (nt Uni ponr le

déclarer à eux-mêmes, aspiraient, aon pas à rentrer daas l'Église catholique, mais à la faire reotrer dans la Réforme, comme si c'était elle qui se fût séparée. On put bientôt s'en coDvaincre.

Art. II. — UN PROJET de réunion des protestants

D'ALLEMAGNE A L'ÉCLISE CATHOLIQUE

Bossuet et Leibniz,

Louis XIV De sentait pas toute sa puissance, ou il ne comprit pas par quels moyens il aurait pu sans violence li&ter cette réunion des Ëglîses qu'il souhaitait si fort. D'autres ie lui montrèrent.

Les circonstances étaient plus favorables qu'on ne le soupçonnait. S'il y avait des esprits ardents et intraitables, comme Jurieu ; il n'en manquait pas, d'autre part, même dans le protestantisme, que sollicitait an désir plus ou moins secret de fonder la paix religieuse, dont un était éloigné depuis si longtemps. Un correspondant de Paul Ferry, Théodore Maimbourg, qui deux fois quitta et reprit la foi catholique, qui combattit le livre de VExposition de Bossuet, qui fut précepteur en Angleterre d'un fils naturel de Charles II, puis se trouva initié à titre de protestant aux négociations secrètes de l'archidiacre de Metz avec le ministre Ferry; écrit à celui-ci (le 8 septembre 1666) (1), en lui vantant la bonne foi de l'abbé Bossuet et la sécurité des relations avec lui :

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