‹ Bossuet et le Protestantisme: étude historiqueChapitre 105 sur 122 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

tout ordre seront consacrées par le pape ; on enlèvera au clergé catholique d'autres biens, pour en doter les ministres protestants ; on reconnaîtra tout le clergé réformé, quelle que soit son origine ; on consacrera tous les mariages de ses prêtres ; on considérera les swHntendants protestants en toutes choses et en tous privilèges comme les égaux des évéques, bien qu'ils n'aient aucune institution canonique ; ils auront voix au concile à convoquer, etc. ; en un mot, tout ce qui est protestant entrera bannières déployées dans la nouvelle Eglise à organiser ; et ce qui est catholique y sera, en revanche, toléré {l\. Que dira-t-on du pape ? Les rêunisseurs ont cru sans doute faire un prodige de tolérance et de magnanimité en conservant ce souverain tant détesté par tous les réformés ; mais à quel titre le conservent-ils 1 Ils lui accordent sur tous les évoques une primauté, mais non de droit divin ; c'està-dire qu'elle lui sera déférée par les canons ecclésiastiques, lesquels apparemment en définiront les prérogatives et l'autorité. En d'autres termes, on vise à organiser une monarchie dont le pontife romain

eccLéaiagtiqiiei qu'ils posiident lenls anjoard'bni, mais en ricomiieiise leur lititriarclie (le pape) reMuiren son iccienne auloriU, par la soniDissioa de uat qui iUient anirelois ses eafanls >.

Ce dernier Iraii en particulier n'est-il pas d'une belle ironie 7 Et tes protestants ne préchent-ils pas {lalammeat ani citholiques le délacbenent dea biens lemporels ? Aa moins ils se présentent rrancbemenc poui les en soulager. 81 l'on ignore quelle part a eue dans l'établissement de la réforme en Allemagne le désir de s'emparer des domaines ecclésiailiques, il aufOt de lire le eommencemenl de la Guerre de trente tau de Schiller. Qu'on parcoare aussi h' rCcil des eonBstitions dD roi Henri VIII en Angleterre [Bill, iei Cor,. I, VII, e. XIX].

Il) • 8- les tuires erreurs des catboliqnes romains, sur 1« trinssobstantialion etc., mArileronl idssI d'être tolérées suivant les rSgles posée* ci-dessus, pourTu qu'ils reieltent l'idolâtrie de ta manière qu'on dent de dire ; car Luther Ini^méme croU que tes erreurs sont tolérables, et il dit que les qnestions agitées à ce sujet sont purement sojriiistiqnes > (P. 38U).

sera la tête, avec une hiérarchie d'archevêques et d'évéques méthodiquement subordonnés. Ce n'est plus, à vrai dire, l'ÉKlise romaine, c'en est une contrefaçon protestante.

Quant aux questions de foi et aux nombreux dissentiments des deux Églises 8ur la jU3tifîcation,sur le mérite des bonnes œuvres, etc., en un mot sur les conditions du salut, et sur quelques points particuliers du culte, comme la communion sous les deux espèces, l'invocation des saints, la prière pour les morts, le culte des images, etc. ; sujets mainte et mainte fois débattus, comme nous l'avons vu, dans les controverses des deux partis; l'abbé Molanus avait travaillé à concilier les opinions en montrant par où elles pouvaient fitre rapprochées ; de telle façon qu'il ne restAt plusqu'ft prendre, dans une assemblée commune des théologiens autorisés de l'une et de l'autre Église, une résolution ferme de considérer les deux peuples'comme d'accord sur ces points-là (1). L'abbé de Lokkum concilia ainsi une cinquantaine de propositions, les assembla sous le titre de

(I) On se eroil obligi encore Iri île remaniuer l'iscenJanl que prend le pio- Uiianiiime, aitme quand it daigne se prêter à un accord. On lerra en mène lem|ii cumbien eit faui le ponrait lra|) aouveot r^prodnil de Bossnel aatia 11 figure d'un évjqne hantiin et dominateur. La >érilé pure est que la méthode de Bosiuet iDi-mfme. dans ces elTorts si longtemps sontenns de coQeiliallcm, est toDJODrs d'accepter m moins provisoirement les dogmes et interprétations des protesta ma comme la vérité mfme, et la doctrine de Lnllier comme le Iribnnaldeiantkquel le catholicisme eat citépoar sedilendre. Tontecette argumenlatioD du prilat eouElste i proover que la iloctrine calADliqne n'est pas réprébensil>le, polsqne. bien eatendae, et expliquée d'aprtsIestnciensPt'reB, la tradition de l'Eglise et les conciles, elld est identique aui oracles des docteurs de la conlession d'Angsboarg. Le raisonnement, dans son ensemble, et dans mainte et matnie controverse de détail, pourrait se rMuire. quoique un peu trop bnmblement, en ces termes : c Notre doctrine bien eipliquce est Identique ï celle des LntbérieDS : donc elle est irréprocbable, elle est pure, elle est sainte; elle mérjte donc que nous soyons admis dans la Térltable église de Jésus -Christ par ceux qui en ont pris li garde, par les disciplet de

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