‹ Bossuet et le Protestantisme: étude historiqueChapitre 106 sur 122 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Pensées particulières {Cogilationes privatœ) et les commu- Diqua, selon l'ordre de la duchesse de Hanovre, à l'évéquc de Meaux < pourëtreexamioées en la crainte de Dieu, à condition de n'être pas encore publiées ».

Cette communication fut faite par l'entremise de Mme de Brioon, cette ci-devant supérieure de la maison de Saint-Cyr,qui avait été transportée par disgrâce à l'abbaye de Maubuisson, et placée sous l'autorité de la princesse abbesse. Cette dernière recevait de la duchesse sa sœur les envois des théologiens de Hanovre, et les faisait parvenir parMme de Brinoo, dont tout le monde estimait fort la capacité et la discrétion.

Les Pensées particulières, en dépit de ce qu'elles pouvaient renfermer au fond de déplaisant pour le catholicisme) ne heurtèrent pas fiossuet, dont l'esprit charitable n'y vit sans doute que les intentions chétiennes des théologiens de Hanovre, avec une préoccupation naturelle, et après tout légitime, de placer leurs ministres dans une bonne position. Il traduisit ces Pmsées en français (1), sous le titre de Projet de réunion, et donna un peu plus tard ses propres Réflexions sur l'écrit de M. l'abbé Molanus{2).

Dans l'intervalle et sur le même sujet s'engagea une des correspondances les plus importantes dont l'histoire

Lnlhcr >. C'EEt bien, ei appircnce. l'^tlise uthulique qui lolllciie li griec At renLrer dans la coBununian iln proteaianliiinc. Peut-on se montrer noasenlemeilt plus conciJiinl, mais (ilus prtveninl ? Bil-iJ snrprenanl qne les pmlcsdnls saisissent Irnra avantages, et umsidèrenl lonjonrs les utholiques cemme des suspects et des |ens repentants, à qni ils ne fdnt grâce qu'ti Krand peine? VoiU ce qaeBossnel a gainé par sa charité. Cependant, pour le '

sacrée ; TOilli ponrqnoi les négocialioi (1) T. XVII, p. 43Î.

(î)litr(.,p. 548.

fasse menlioa; importante et par la gravité du sujet, puisqu'il s'agissait de la conciliation de deux religions, et par les personnes qui soutenaient ce commerce épistolaire, Bossuet et Leibniz, qui furent tous deux saos rivaux de leur temps, l'un dans l'Eglise catliolique, l'autre dans les différents ordres de la science.

Ne devait-on pas espérer qu'une négociation de paix religieuse entreprise par de tels hommes avec le zèle le plus sincère de part et d'autre, ne pouvait manquer d'aboutir aux fins souhaitées pour tous les gens de bien î Par quel malheureux prodige ces mémorables négociations échouèrent-elles? Nous n'en pouvons voir qu'une raison vraisemblable ; c'est par l'excès des exigences des protestants. Ils voulaient bien se réunir aux catholiques, mais en les absorbant, en les pliant, en les amenant k reconnaître par le fait que c'était l'Eglise romaine qui au XVI' siècle avait eu tous les torts, et qui se résolvait enfla à faire amende honorable et à les expier par une sorte de soumission définitive et par une perpétuelle humiliation.

Les protestants ne manquent pas de répliquer que c'est l'entêtement et la roideur de Bossuet qui ont fait rompre les négociations. Il est vrai qu'il n'a pas voulu consentir à toutes les conditions qu'on prétendait lui imposer : il n'a pas pu consentir à conduire l'Église catholique humiliée et vaincue aux pieds de ses orgueilleuses rivales. Voilà son entêtement, son orgueil, son humeur de domination.

Il a tout d'abord loué cordialement les intentions de l'abbé Motanus ; il a mis le Projet de réunion en français, pour en faire la base d'un arrangement entre des théologiens autorisés des deux partis ; mais il a cru néces-

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