‹ Bossuet et le Protestantisme: étude historiqueChapitre 107 sur 122 · CHAPITRE Vdl · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vdl

saire de présenter de son côté ses observations, afin qu'il ne pût y avoir de malentendu sur. les choses qui étaient accordées de part et d'autre. Car les théologiens de Hanovre proposaient qu'une assemblée préliminaire fût réunie par l'empereur pour convenir des choses accordées ; après quoi un concile serait convoqué pour décider de ce qui n'aurait pas pu être conciUé dans l'assemsemblée préliminaire.

Mais c'est h propos du futur concile que les dissentiments éclatèreni après une longue correspondance. Comme Leibniz fut te principal auteur des difficultés qui surgirent, c'est sous son nom que nous rapporterons les opinions dont il se fit l'interprète : car c'est au moins lui qui les a présentées et soutenues, s'il ne les a pas fait naître.

Les protestants avaient naturellement en horreur le concile de Trente : c'était celui qui avait condamné leurs doctrines. Deux vices en détruisaient, selon eux, toute l'autorité. Premièrement il n'était pas œcuménique ; secondement il avait condamné les réformateurs sans les entendre. Il fallut donc aviser pour que le futur concile ne fût pas entaché des mêmes causes de nullité.

La correspondance entre Leibniz et Bossuet avait commencé sous les meilleurs auspices. Ces deux grands hommes s'entretinrent d'abord avec la considération qu'ils se devaient mutuellement. Mais la question du concile les brouilla.

Leibniz, grand historien et grand jurisconsulte, tenait très fort à prouver que les protestants ne pouvaient être considérés comme ayant été condamnés par le concile de Trente, et qu'ils n'étaient pas hérétiques. Car, disait-il en se prenant sans doute lui-même pour

exemple, on est catholique tant qu'on a l'iatention de t'étre, et l'on D'est pas hérétique tant qu'on ignore invinciblement qu'une opinion que l'on professe a été définie comme une erreur par un concile. Or, ou est dans uae ignorance invincible par rapport au concile de Trente, puisque ce concile n'a jamais existé régulièrement et qu'il n'a jamais été reconnu. Premièrement il n'a pas été convoqué ni tenu régulièrement : on ne peut donc le considérer comme un concile universel. (L'historien érudit allègue ici des protestations qui se sont fait jour dans le sein du concilt;). Et en définitive, il n'a point été reconnu officiellement par les nations catholiques, et notamment par la France. C'est cependant cette assemblée illégitime qui a condamné les protestants sans les entendre ; c'est-à-dire que ceux-ci ont, contrairement au droit naturel, étéjugés par leurs adversaires.

A ces reproches Bossuet répond pertinemment et point par point.

Les protestants n'ont pas été entendus î Mais c'est qu'ils ont refusé de se présenter, quand ils ont été cités.

lU ont été jugés par leurs adversaires ? Mais par qui ceux qui se séparent de l'Église peuvent-ils être jugés, si ce n'est par ceux qui lui sont demeurés fidèles ? Autrement il ne pourrait jamais y avoir de jugements ecclésiastiques.

Le concile de Trente n'a pas été reconnu par les puissances? C'est une erreur : il est bien vrai qu'une partie de ses décrets n'a pas été reçue, notamment en France ; mais ce sontceux qui ne regardent que la discipline, sur laquelle les nations peuvent varier. Mais quant à ceux qui regardent la foi, ils sont reconnus et observés partout dans le monde catholique.

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