‹ Bossuet et le Protestantisme: étude historiqueChapitre 14 sur 122 · CHAPITRE II ly · texte numérisé non relu

CHAPITRE II ly

IsDt une phrase de Bossuet dans la fin d'un passage

que nous avons cité contre les schismatiques, qu'il compare à des soldats qui abandonnent leur armée et lui font la guerre, sous couleur de la réformer 11).

a Dans l'une etdans l'autre religion, poursuit Saiot-Evremond, il alloit toujours au bien : huguenot, il n'avoit rien d'opposé k l'intérêt des catholiques: converti, il n'avoit point de zèle préjudiciable à la 3ùret^ des huguenots. Dans la dérérence qu'avoit le Roi pour son grand sens, il est a croire qu'il l'auroit suivi ; et que les ministres huguenots a'auroienl pas à se plaindre de leur ruine, ni le clergé catholique à se repentir de son zèle. »

Quoi qu'il en soit, Tu renne, comme chef de sa famille, entraînait après lui une partie de la maison de Bouillon, qui avait été l'une des gloires et des forces du protestantisme; et c'était bien à Bossuet qu'on devait attribuer l'honneur de cette victoire. Car, s'étant fort occupé de la question de religion, le maréchal se mit à' suivre assidûment les sermons de l'abbé Bossuet, qui faisaient alors grand bruit à la cour et dans tout Paris ; il voulut même s'entretenir avec lui ; et enfin il lui demanda des instructions par écrit; et c'est là ce qui donna lieu au livre de i' Exposition de la Doctrine de l'Eglise, etc. EnAn le vicomte de Turenne s'étant résolu à faire son abjuration, qui eut lieu le 28 octobre 1668, Bossuet prêcha en quelque sorte exprès pour lui, aux Grandes Carmélites, le panégyrique de saint André, le ^0 novembre 1663 (2).

Avec le maréchal de Turenne, Bossuet entrafaa sa nièce. M"' de Duras ; son neveu, plus tard duc de Lorges et maréchal de France (3) ; « et tant d'autres, connus et

(l) Voir pins htul, page 11.

(S) L'*bb6 Le Dieu. Uemoirei lur la vie de Bosmel, 1. 1, p. 85-86. Pau t ggri^ue lie soial Jiiiliv, éà. de l'ibb^Lc Burii. t. V, p. 310.

[3) Sar Ja caiivctsioii ilu Ane île Lorgi:.<, voir Stiat-iiimop, Memoiru, éd. Cbénid, 1. Il, p. 4W-40&.

BOBSUBT BT LB PROTESTANTISME. 3

iDconDus, à la cour, à Paris, et dans les provinces. (I) > C'estpources personnes, inclinées au retour versl'Eglise catholique, mais encore hésitantes, que Bossuet conçut le dessein de son Expoiition de la Doctrine de l'Eglise catholique.

L'Exposition de la Doctrine. — Il s'agissait d'une méthode de persuasion nouvelle. On avait depuis longtemps suffisamment discuté tous les points sur lesquels les réformateurs avaient appuyé leur censure de la foi romaine et la prétendue nécessité de leur séparation. Les plus habiles défenseurs du catholicisme (2) n'avaient négligé aucun moyen de réfuter les docteurs du protestantisme, et ils n'avaient rien ou presque rien gagné sur eux. Les disciples de Luther et de Calvin, ministres, ou fidèles, conservaient toute leur arrogance è l'égard de la foi et des peuples de l'Eglise romaine, qu'ils ne cessaient d'accuser d'idoldtrie et d'impiété, et dont ils ne paraissaient nullement prêts à accueillir, tout en semblant les réclamer, comme si c'eût été chose due, les excuses et les marques de repentance. C'était toujours chez eux la même afTectation de mépris et d'horreur à l'égard du papisme. Il n'était pas aisé de ramener des adversaires si hautains, et qui de plus se glorifiaient de souffrir oppression pour la vérité, quoiqu'ils fussent plus menaçants que persécutés, au moins jusqu'aux années qui précédèrent la révocation de i'éditde Nantes, où le gouvernement du roi changea de tactique, et inaugura l'emploi méthodique de la contrainte pour opérer des conversions. Mais les actes de ce genrp ne sont pas de notre sujet. Nous ne nous occupons que de

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