‹ Bossuet et le Protestantisme: étude historiqueChapitre 15 sur 122 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

l'usiige de la parole et des écrits, qui est le seul qui ixtavienne au génie et au caractère de Bossuet.

L'Assemblée générale du Clergé de France de 1682, dans un mémoire « contenant les différentes méthodes dont on peut seservirtrês utilement pour la conversion de ceux qui font profession de la religion prétendue réformée ', donne sa pleine approbation à la méthode de l'évêque de Meaux dans son livre intitulé : Exposition de la Doctrine de l'Eglise catholique ;

K Par laquelle en démêlant sur chaque article ce qui est de la Toi de ce qui n'en est pus, il fait voir qu'il n'y a rien dans notre créance qui puisse choquer un esprit raisonnable, h moins quu de prendre pour notre créance des abus de quelques particuliers que nous condamnons, ou des erreurs qu'on nous imputa très-faussement, ou des explications de quelques docteurs, qui ne sont pas reçues ni autorisées de l'Eglise. »

Tel avait été en etîut le dessein de l'auteur de YExposttûn, comme il l'explique en tète de son ouvrage (1).

«En elîet, dit-il, j'ai remarqué en dilTërentes occasions que l'aversion que ces messieurs (de la religion prétendue réformée) ont pour la plupart de nos sentiments, est attachée aux fausses idées qu'ils en ont connues, et souvent à certains mots qui les choquent tellement, que s'y arrêtant d'abord, ils ne viennent 'amais à considérer le fond des choses. C'est pourquoi j'ai cru que rien ne pourrait leur être plus utile que de leur expliquer ce que l'Église a défini dans le concile de Trente, louchant les matières qui les éloignent le plus de nous, sans m'arréter à ce qu'ils ont accoutumé d'objecter aux docteurs particuliers, ou contre les choses qui ne sont ni nécessairement ni universellement repues. »

Ainsi, prouver aux ministres qu'ils se trompent dans les imputations dont ils chargent l'ËglIse catholique, et

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le prouverea proposant simplemeDt, et sur des autorités iacon testa blés, la véritable foi de l'Ëglise ; tel est le focid de cette apologie, puisque enAn les catholiques se voient obligés de se défendre comme des accusés. Bossuel compte ensuite que la bonne foi obligera les accusateurs à abandonner leurs querelles et à se désister de la guerre qu'ils font à l'Église depuis si longtemps. H ne demande pas autre chose que leur renoncement à des hostilités dont il se flatte de leur faire sentir l'injustice. Cela fait, les peuples, de leur côté, corapreodront qu'ils n'ont plus de raison pour demeurer éloignés de l'ËglIse catholique, dont ils verront bien qu'on ne les a séparés qu'en les trompant par des calomnies.

Dans cette apologie des croyances catholiques, il y a bien des points où l'on peut s'étonner que fiossuet s'étende comme il l'a fait, quoique ses explications mêlent toujours la gravité à la condescendance ; nous mentionnons notamment les prières adressées aux saints et le culte des images ; car il lui aurait suffi de répondre à ces orgueilleux censeurs : ■ Vos reproches impliquent celui d'imbécillité, et vou^ nous traitez comme un peuple de gens absurdes, lorsque vous voyez dans ces actes pieux des marques d'idolâtrie : car peut-on s'imaginer que des hommes tant soit peu sensés attribuent réellement ou aux religues des saints ou à leurs images la puissance divine ? Vous avez recueilli des exemples de bonnes femmes faibles d'esprit, et vous en avez fait la foi de l'Église romaine. Avec un peu de compassion pour les faiblesses des derniers du peuple, vous auriez bien pu trouver une explication charitable de ces exagérations de piété ; mais vous avez mieux aimé supposer que tout catholique est une sorte d'idiot ; et voilà

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