CHAPITRE IT
l'histoire du genre hunain. De ià cette conviction, que toute nouveauté est nécessairement une erreur. II dit encore (c'est une de ses maximes familières), que la vraie doctrine est parfaite dès le commencement, car étant de Dieu, elle ne peut comprcudre d'imperfection à aucun moment; elle ne peut admettre ni hésitation, ni changement, ni diversité. Il se plait à rappeler, comme marques de la vraie foi, ces paroles de Vincent de Lérins, quod ubique, quoi semper, quod ab omnibus cteditum est.
D'après ces idées, Bossuet appréciait, à son sens, très sûrement, et sans plus ample examen, toute doctrine qui pouvait se produire; et il trouvait du premier regard, dans le protestantisme, les caractères qui trahissent l'erreur : nouveauté, singularité, variations. C'est d'après ces principes qu'il compta confondre entièrement et définitivement toutes les églises protestantes, depuis Luther jusqu'à ses contemporains. L'Histoire des Varialions des églises protestantes fut donc sa grande machine Je guerre, et le moyen qu'il jugea lo plus sur pour obliger tous les esprits attentifs et de bonne foi à se rallier à l'Église catholique, comme à la seule qui portât, sans contestation possible, toutes les enseignes de la vérité : antiquité sans limites, immutabilité, unanimité parfaite. Ses adversaires acceptèrent la discussion sur les mêmes points, et s'efforcèrent de prouver que la foi catholique n'était ni si ancienne, ni si invariable, ni si unanime. Voilà sur quoi roulèrent, pendant plusieurs années, toutes les opérations de la controver:-e, surtout avec Jurieu, mais aussi avec d'autres ministres protestants qui crurent devoir prendre part à hi querelle.