CHAPITRE V
Meaux : c'était ud moyea, s'il est permis d'aiasi parler, de coller les yeux aux lecteurs. De là aussi sont venus jusqu'à nous, à travers deux siècles écoulés, les prétendus a sophismes * de Bossuet.
Troisième avertissement.
Oq serait bientôt fatigué et rebuté par toutes les querelles que Jtirieu soulève, si l'on n'était pas ranimé par la manière dont Bossuet les repousse et les termine. Son intrépide adversaire, qui improvise, comme dans un tourbillon, des reproches et des tliéories d'une théologie aventureuse, trouve moyen de faire repasser sacs cesse devant nos yeux des questions dont on est las et des accusations qui font hausser les épaules. Mais il s'expose si témérairement, il se met si mal d'aiMîord avec lui-môme, qu'il donne toujours des prises nouvelles au grave et calme évëque de Meuux. Celuici le saisit par ses parties faibles, le secoue, le retourne et le réduit à l'impuissance de se défendre, etentin le rejette à terre meurtri et brisé, comme, dans Virgile, le vieil Entelle fait du présomptueux Darès: puisât versatque Dareta. Il y a même le plus souvent, dans cette joute de raisonnement, un câté comique : c'est que Jurieu est ordinairement vaincu par son propre témoignage. Il a oublié, en entrant dans la discussion nouvelle, quelque chose qu'i! a écrit ailleurs, et qui sert à le réduire au silence, sans qu'il puisse trouver d'argument pour sauver ses contradictions.
Ainsi le troisième avertissement roule sur cette question, si Jurieu a rendu témoignage k l'Église romaine
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en disant que Dieu y peut conserver des saints, et que l'on peut s'y sauver. Il le nie, parce que c'est ouvrir une porte à ceux des protestants qui seraient tentés de quitter la Réforme pour rentrer dans l'Église romaine. C'est en même temps donner les plus cruels démentis aux accusations fondamentales des réformateurs contre cette même Église. Mais enfln il l'a écrit ou directement ou indirectement : Bossuet le fera repentir de cet aveu, fait d'ailleurs de mauvaise grdce et avec la haine dans le cœur.
Dans aae àe ses Lettres pastorales, la onzième, Jurieu s'exprime ainsi, répétant d'abord des paroles de Bossuet lui-même:
On accuse (1) H. Jurieu d'avoir franchi le pas, et d avoir avoué rondement qu'on peut se sauver dans l'Église romaine : en quel endroit a-t-il donc franchi ce pas ? N'a-t-il pas dit partout que le papisme est un abominalile paganisme, et que l'idolâtrie y est aussi grossière qu'elle estait autrerois dans Athènes J » — a II l'a dit, répond Bossuet. je le confesse. ■
En elTet, Jurieu était intarissable en reproches furieux
(DBoMiiet ùt s'éLiit pas servi, on le ilcvinebien, de l'expression i'tcaaer : elle est miK ici pour répondre >d sentiment iti proleslanis ; mtis il mit m le raisonnement suliant {.Uni, de» Kru-., I. XV, n. XLlil) : < Si XTCf toutes «s doctrines et toutes ces pratiqoea (qu'il a enaiairées. et dont les miniaires reconnaissent l'eiistence dans l'iÎElise romaiaei, on j a encore < tous lestlémenis nËee-uires ains lou&trsciion d'aacun. >... ; an y a encore les marqaes de vraie Ëglise. . . ; la iraie Enlise ; est donc encore, et on f peut eniHire Tiirs son salât. >
«M. CIlDde n'en est oasiunio demeurer d'acMrd : les consÉquences d'an si 1 Krand aveu l'oit (dit Iremhler pour la RiiForme. Mais H. Jnrien a franclii le
< pis. et il a vu que les dllérences qu'aialt apportées M, Claude entre uos « pères et nons étoieni trop vaines pour s'r arrêter. > (Tome XV, p. 8Î!.
Et page 87 : • M. Jurieu a «enli que,. .; et il a enSn onvert il porte du ciel,
• riuoiqu'avec beaucoup de difflcultés, k ceux qui vivoient dans la eommunion ( de l'Eglise romaine. Mais aSn qu'elle ne pût pas se glorlDer deeet avantage,
< ill'a communiqué en mime temps aai autres Églises partout où est répandu
• le ctirisllaoïsoie, quelque dirisées qu'elle! soient entre elles el encore
• qu'elles s'eicommiinieni implto;ablemeni les unes lesamres. •