‹ Bossuet et le Protestantisme: étude historiqueChapitre 48 sur 122 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

contre l'Ëglise romaiae, et « il a tenu sans doute à nous en donner ici un échantillon : personne ne peut lui contester ce mérite, quel qu'il soit. Mais eniln il a très clairement déclaré qu'on se pouvait sauver dans le papisme, comme ailleurs (car c'&st là son artifice), chez les hussite^, les taborites, les éthiopiens, et dans toutes les églises qui ont conservé le fondement du ctiristia* nisme. ■

S'il fait cette gr&ce k l'Église romaine, c'est en la confondant dans le groupe des communions qu'il condamne, mais qui n'ont pas renié entièrement la foi en Jésus- Christ, et parmi lesquelles il glisse encore les sociniens, quoique ceux-ci puissent difficilement être rangés parmi les chrétiens. Jurieu, qui affecte de les détester, a d'autant plus de plaisir à les égaler aux papistes. Mais Bossuet le tient et ne le lâchera pas : il le tient par les nombreuses déclarations dont Jurieu a semé ses théories nouvelles, sans en prévoir les conséquences.

u L'Église, dit le ministre, dans le cioq, le sis, te sept et le hnilième siècle, adopta des divinilés d'un second ordre, en mettant les saints et les martyrs sur les autels destinés k Dieu seul : elle adora des reliques; elle se fit des images qu'elle plaça dans les temples, et devant lesquelles elle se prosterna. C'esioit pourtani la même Église, mais devenue malade, inlirme, ulcéreuse, vivante pourtant, parce que la lumière de l'Ëvangile et les vérités du christiaaisnte demeuroienl cachées, mais non étouflées sous cetamasde superstitions. >

Bossuet ici lui démontre que, dans son propre système, une église vivante est celle où sont • ceux qui vivent, c'est-à-dire les vrais fidèles », ceux qui posKèdent < la foi et la charité : u et qui par conséquent peuvent être sauvés. Que répondre à cela ? Les textes de Jurieu sont I& : on peut les lui rappeler de nouveau.

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Oepeadant, pour te faire, il faut, selon celui-ci, ■ avoir un front semblable à celui du sieur Bossuet.»

« Il esi en coldi'e, répond tranquillement l'auteur de l'avertissement ; vous le voyez : mais cela n'est rien ea comparaison de ce qui par^t dans la suite, lorsqu'il dit u que bien des gens mettent ce prélat au nombre des hypocrites qui connoissent la vérité, a et qui la trahissent, sans doute en parlant contre leur conscience ; ce qu'il répète encore en d'autres endroits (1). Que lui servent ces emportements et tous ces airs de dédain qui lui conviennent si peu î II voudrait bien avoir avec moi une dispute d'injures, ou que je perdisse le temps à répondre aux siennes, mais ce n'est pas de quoi il s'agît. Puisqu'il se vante de répondre à l'accusation que je lui fais de nous sauver malgré nos idolAlries prétendues, il faudrait répondre aux passages dont je la soutiens ; et c'est un avea de sa faiblesse de ne mettre que des injures à la place d'une défense légitime (2). ■>

Allons, Monsieur Jurieu, les sùphismes de M. de Ueaux ne sont pas tortueux ; et son hypocrisie ressemble bien ù de la franchise. Répondez-y donc nettement si vous le pouvez ; et particulièrement expliquez com< ment le pape saint Léon, dont vous faites le premier Antéchrist, et quelques uns de ses successeurs, furent, selon vous < d'hoanëtes gens autant que l'honaéteté et la piété sont compatibles avec une ambition excessive. » Vous aurez beau alléguer qu'en ;ce temps là, l'Antéchrist élail encore petit, il n'en est pas moins vrai que vous avez mis le chef de ridolâ.trie antichrétienne dans le nombre des élus, et que, selon vous, l'idolâtrie n'empâche pas le salut (3).

Qu'on voie si Uossuet a beau jeu pour se moquer d'un adversaire si inconsidéré ; et s'il n'a pas le droit, après

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