Chapitre vi
a Ne laissons pas de publier ce miracle de nos jours : fai- Bons-en passer le récit aux slâcles futara. Prenez vos plumes sacrées, vous qui composez les annales de l'Eglise -, agiles instrumenls « d'un prompt écrivain et d'une main diligente (Psaume XLIV, 1) », kàlei-vous do moLlre Louis avec les Conslantins et les Théodoses... »... «Nos pères n'avoient pas vu, comme nous, une hérésie invétérée tomber tout- à -ceup ; les troupeaux égarés revenir en foule, et nos églises irop étroiles pour les recevoir ; leurs faux pasteurs les abandonner sans même en attendra l'ordre, et heureux d'avoir àleur alléguer leur bannissement pourexcuse; lout calmedans un si grand mouvement; l'univers étonné de voir dans un événement si nouveau la marque la plus assurée comme le plus bel usage de l'autorité...»
Certes l'auteur de ces éloges lyriques ne concevait poJDt de scrupules sur l'usage que le roi avait fait et continuait de faire de sa puissance; il n'avait pas besoin de se déguiser pour entrer dans les vues de la puissance royale ; et nous n'avons pas non plus besoin de plaider pour lui les circonstances atténuantes; il entre à plein cœur dans les principes des conversions par force (1). Il reste cependant un mot à dire à ceux qui veulent voir dans Bossuet un persécuteur enthou- ' siaste, un convertisseur dévoré de zèle, enfin un bourreau
(1) Voici ce que Bossuet écrit k un rèfagié, dont Dont ne Iposs^doRs pas le
« J'ai m dans une lettre que voue ferirei ■ Ulk de V..., que la vriie EnlUe ne persécute pis. Qu'enle ridez- tous pir Vi, monsienr 1 En tend ei- von s que l'Eflise par elte-n^nie ne se sert Jimais de la force ? Cela est UH Traï, puisque l'église n'a que tet armes spirituelle*. Bnlendez-ious que les priâtes, qui sont enltnli de l'Eglise, ne se doivent Jamiii servir du glaive que Dieu leur a mis en uiiin pour abattre aes ennemis? L'oserei-ious dire contre le genlimenl de vos doctears mêmes, qui ont toutena par laol d'écrits que la république de Gentre aïoit pu et Ai condtmner Servet au feu, pour avoir uii: la divinité du Fils de Dieu? Et sans me servir des exemples et de l'autorité do vos docteurs, dites-mol en quel endroit de l'Ecriture les hérétiques et les scliisuii tiques sont eiceptés du noralire de ces malfaiieura, contre lesquels saint Pini > dit qne Dlea mî'me a armé les princes 1 Et qoiud roue ne
BOSBDET Er LIS PBOTBSTAHTISHB. 13
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qui poussait les gens à la messe à coups de barre, comme Jurieu n'hésitait pas à l'écrire, d'après les dires des calomniateurs du grand évéque. Loin de là; si Bossuet appelle du fond du cœur la réunion des dissidents, comme un homme qui croit la vie éternelle inséparable de l'orthodoxie, et cela conformément à la croyance absolue de l'Eglise ; d'autre part, il ne veut pas assurer leur salut par la violence; et s'il approuve et conseille même quelques rigueurs pour ramener les opiniâtres, il songe toujours à les restreindre autant que possible. Nous possédons des témoignages exprès, qui nous font connaître à fond tous ses sentiments. C'est une correspondance (1) de l'évSquedeMeaux tantavec Lamoignon de Basville, intendant du Ijaaguedoc, qu'avec plusieurs évêques de cette partie de la France, sur la méthode qu'il convenait d'employer pour obtenir ta conversion sincère de ceux qu'on appelait les réunis, c'est-â-dire, de ces nombreux protestants qui avaient été forcés de renoncer h l'exercice de leur culte, qui avaient abjuré la Réforme, et qui s'étaient rangés en apparence dans l'Eglise catholique, mais qui d'ailleurs se dérobaient autant qu'ils pouvaient à la pratique de la religion qu'ils avaient été contraints d'adopter. M. de Basville, à qui l'on a fait une réputation abominable de persécuteur,
vondriei pas [wrinellre aui princes chrétiens de venger de si grands crimes,
en UDt qu'ils sont injurieuiiDieu..., etc.
iOEavres, td. Vlvts, t. XXVI, p. S69|.
Lettre > H. de Basville, ai nov. 1700 (l. XXVI, p. 141} : • Je déclare que Je suis el que j'ai toujours Ué du sentiment, premièrement.
I que les princes peUTent contcainilre, par des lois pénales, tous les béréliqaes
1 k se conrormer à la prolession et ani pratiques de l'Eglise catholique ;
« deniièmemenl, que celle doctrine doit passer pour constante dans l'Eglise,
> qui non seulement a suiti, mais encore demandé de semblahles ordonnances
' dei princes. > m Œmrea, t6. Vives, lomc XXVII, de ta page »S a la pige 1H9.