‹ Bossuet et le Protestantisme: étude historiqueChapitre 88 sur 122 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

il se trouvent arrêtés. Il instruit encore son clergé et ses dio(;ésains sur les moyens d'éclairer les esprits rebelles et de fléchir la résistance des cœurs; il entend que tout le monde contribue à cette t&che sacrée.

■ Ije saint iravait de l'Ëglise pour enfanler de nouveau en Notre-Seigneur ceux qu'elle a perdus dans le Bchisme du dernier siècle, est l'effort commun de tout le corps mystique de Jésus-Christ ^ tous les fldâles y ont part selon leur Ëtat el leur vocation ; et nous nous sentons obligé à vous exposer, mes chers Frères, comment cbscun de nous y doit contribuer.

Vous donc avant toutes choses, vous qui êtes obligés à les instruire, ne vous jetez point dans les contentions oii se mêle l'esprit d'aigreur; avertissez-les. avec saint Paul, « de ne se point attacher à des disputes de paroles qui ne sont bonnes qu'à pervertir ceux qui écoutent n. Exposez'teur la sainteté de notre doctrine, si irréprochable en elle-même qu'on n'a pu l'attaquer qu'en la déguisant, et faites-leur aimer l'Église en leur proposant les immortelles promesses qui lui servent de fondement ■.

Tel est le programme tracé sommairement, aussi bien auxsimples fidèles qu'au clergé du diocèse, pour gagaer ceux qui résistent à l'appel de la charité, que le prélat leur fait entendre de tant de manières différentes, tout en discutant les objections opiniâtres de leurs ministres.

Voici d'abord (avril 1700) une exposition pathétique des promesses de Jésus-Christ, sur lesquelles repose la foi de l'Église catholique. Ce sont ces promesses qui, selon la doctrine du prélat, ne s'adressent qu'à elle seule, qui la soutiennent dans toutes ses épreuves, et qui lui confèrent le tttre le plus certain pour réclamer l'autorité dans tous les cas où des hérésies s'élèvent contre elle. En vain des esprits audacieux, peut-être briilaats de lumières autant que de zèle, s'érigent en réformateurs de la foi des peuples, et prétendent oppo-

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ser une doctrine plus pure à celle qui est consacrée par l'adoption et la pratique de la multitude des chrétiens. Ce n'est pas à eux qu'il a été promis par la parole divine qu'ils ne pourraient faillir; c'est au corps même de l'Ëglise ; et ainsi, par cela même qu'ils se séparent d'elle, ils sont dans l'erreur; et l'Église a toutes les qualités nécessaires pour les reprendre et les remettre dans la bonne voie.

n U y a deux sortes de promesses : les unes s'accomplissent visiblement sur la terre ; les autres sont invisibles, et te parfait accompliasement en est réservé à la vie future. >> L'Ëglise sera glorieuse, sans tache el s«ds rides d {Ephés., V, 27), éteraellement heureuse avec son Époux, dans ses chastes embrassoments, « où Dieu sera tout en tous » (I Cor., XV, 28] : c'est ce que nous ne verrons qu'au siècle futur ; mais en attendant, l'Ëglise sera sur la terre > établie sur le fondement des apôtres et des prophètes, et sur la pierre angulaire qui est Jésus< Christ B. {Ephés., Il, 19). Les vents souflieront. les tempêtes ne cesseront de s'élever, l'enfer frémira par loulessories de lenlations, de persécutions, d'impiétés, d'hérésies, sans qu'elle puisse être ébranlée, ni sa succession visible interrompue d'un moment : c'est ce qu'on verra toujours de ses yeux, el un objet si merveilleux ne manquerajamais aux fidèles, a

En peu de mots, l'auteur d« Vlnslruetion pastorale a donné un démenti formel aux allégations des réformateurs, tlui ont prétendu que la vraie Église était interrompue lorsqu'ils sont venus pour redresser la foi chrétie nnejel que leur réforme était nécessaire. Oc, c'est ce qui ne pouvait arriver, selon la foi de Bossuet, puisque Jésus-Christ n'a jamais cessé d'être avec son Église et de la remplir de la vérité qui vient de lui ; et qu'il ne cessera jamais d'y être selon sa promesse formelle. Donc ils ont usurpé un r6le qui ne leur appartenait duI-

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