CHAPITRE Vil
lemeot : ils se sont élevés contre Jésus-Christ en s'élevant contre l'Église ; et en s'ingérant d'être ses interprètes, ils n'ont fait que parler contre lui, et substituer des doctrines humaines à la parole de Dieu, laquelle se trouvait dans l'IîgUse, et ne pouvait se trouver ailleurs. . Le point de doctrine à établir était précisément ce privilège de l'iîglise, que les protestants ne pouvaient à aucun prix admettre, puisque le reconoaltre c'était avouer l'illégitimité de la Réforme et se réduire à la nécessité logique de rentrer daus l'Ëglise, dont ils s'étaient résolument séparés. Bossuet emploie donc toutes les forces de son génie à rendre manifestes les conséquences des paroles du Sauveur, qui déclare qu'il sera toujours avec les successeurs légitimes des apôtres. Il n'y a en réalité, dans toute la controverse contre le protestantisme, que ce point qui soit décisif ; on le sent bien des deux côtés, et c'est pourquoi les protestants traitent de sophismes tous les arguments de Bossuet : car s'il a raison, leur cause est condamnée sans ressource. Ils auront beau prétendre qu'ils entendent mieux que l'Église la doctrine de Jésus-Christ, ils n'en pourront jamais donner aucune marque ; et l'Église leur répliquant qu'elle n'enseigne rien qui ne lui vienne du Saint-Esprit toujours présent au milieu d'elle, ils n'auront rien de solide à opposer à une telle autorité . Il ne s'agit plus pour eux d'argumenter sur tel ou tel texte de l'Ecriture, mais de se révolter ouvertement contre la parole vivante de Dieu parlant par la voix de l'Église. Or, on lésait, les promesses, quelles qu'elles soient, faites à l'Église, ils se les appliquent à eux-mêmes : car c'est eux qui sont, à leur dire, la véritable Église : celle de flome, qui se proclame catholique, n'est qu'une
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fausse église. Ainsi, selon eux, quand on parle d'hérésie dans le camp catholique, on oublie que c'est làniême qu'est rtiéréste, c'est-à-dire l'erreur et l'antichristianisme ; et que loin d'avoir le droit de condamner les réformés comme hérétiques, les papistes demeurent condamnés par la vraie Église, qui est la leur. La conviction étant égale des doux cAtés, comment mettre fin à ce débat î Les catholiques font un acte de fol, en s'appliquant les promesses de Jésus-Christ ; mais leur foi ne saurait s'imposer aux protestants. Comment Bossuet réutsira-t-il à faire perdre à ces derniers leur confiance ?
Il les ramènera d'abord aux textes de l'Ëcriture, qui sont, selon leur prétention, l'unique autorité, qu'ils ne peuvent par conséquent récuser. Ensuite, il leur montrera par le raisonnement que ces textes ne peuvent s'appliquer qu'à l'Église qui possède la succession des apdtres : c'est là toute la substance de son argumentation.
» CoRsidÉraz, mes chers Frërea, (dît-il aux fidèles de son diocèse), et faites considérer aux errans non seulement tes promesses de Jésus-Christ, mais encore la clarté des paroles qu'il a choisies pour les exprimer ; en sorte qu'il ne peut rester aucun doute sur sa pensée... (I).
B Bevenons à cfi dernier jour, où en formaol son Église par la commission qu'il donnait à ses apôtres, ...il continua ainsi son discours ; « 'foule puissance m'est donnée dans le ciel el sur [a lerre : allez donc, enseignez les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenante garder toutes les choses que je vous ai commandées. Et voilà, je suis avec vous tous tes jours jusqu'à la consommation des siècles (.U.iH/<, \XV11[, I8-2B) (2) ».
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