CHAPITRE VU
Le prélat commeDte ensuite la parole qu'il vient de citer :
« Cette Église, dit-il (1), clairemeat rangée sous le mâme gouvernement, c'est-à-dire sous l'autorité des mémos pasteurs, sous la prédication et sous la profession de la même foi, et sous Tudministration des mâmes sacremens, reçoit par ces trois moyens les caractères les plus sensibles dont on la pût revêtir. Mais pour en concevoir le dernierïft'uit, voyons comment Jésus-Christ en marque la durée, et s'il ne l'explique pas aussi clairement qu'il a fait tout le reste. U s'agit de l'avenir : mais celte phrase : £/ voilà, le rend présent par la certitude de l'efTet : Je suis avec vous, c'est une autre façon de paroles, consacrée en cent endroits de l'Écriture pour marquer une protection assurée et invincible de Dieu. •
« Hais peut-être que cette promesse : Je suis avec vous, souffrira de l'interruption 7 Non : Jésus-Christ n'oublie rien ; ■ Je suis avec vous tous les jours >, Quelle disconlinuïtion y a-t-il â craindre avec des paroles si claires ? Enfin, de peur qu'on ne croie qu'un secours si présent et si efficace ne soit promis que pour un temps : « Je suis, dit-il, avec vous tous les jours jusqu'à la fin des siècles, u Ce n'est pas seulement avec ceux à
qui jeparloisalorsqi
le je dois être, c'est-à-dire avec mes apûlres.
Le cours de leur vie
loin, et je les vois ■
dans leurs successeurs. C'est dans leurs
successeurs que je
leur ai dit:
a Je suis avec vod
is : des enfants naîtront au lieu des pères...
Ils laisseront après
eux des héritiers; ils ne cesseront de se
substituer des succe
isseurs les uns aux autres, et cette race
ne linirajamais (3).
Voilà le plus formel démenti qui puisse être opposé aux réformateurs, qui ont prétendu qu'à l'époque oii ils ont paru, l'état de l'Église était interrompu; et qu'il y avait nécessité de la redresser, puisque de fait elle n'existait plus. C'était nier la vérité ou l'effet des pro-
messes faites si clairemeatà l'Église par Jésus-Christ lui-même ; mais les plas déterminés réformateurs pouvaient-ils s'inscrire en faux contre rÉcriture? Et pour prendre la question au point de vue historique, comment pourraient-ils établir ce qu'ils alléguaient, que l'état de l'Eglise était interrompu lorsque Luther et ses émules parurent? N'avaient-ils pas eux-mêmes été élevés dans le sein de l'Église? Ne l'avaient-ils pas reconnue jusqu'au moment de leur séparation?
Ils allèguent les vices qui régnaient dans l'Église. Mais là encore les paroles de Jésus-Christ leur répondent:
« Loin de promettre qu'il n'y auroit que des saints dans son Église, il a prédit au contraire « qu'il y auroil des scandales dans son royaume et de l'ivraie dans son champ, et même qu'elle y croitroît mêlée avec le bon grain jusqu'à la moisson, a (Matlli.. XIII, 57, 30, 41). On sait les autres paraboles, et« les poissons de toutes les sortes pris dans les filets » avec UDe telle multitude, que la nacelle où il pâchoît au « éloit presque submergée (iftirf-, XIII, 47 ; Lue, V, 67) », mais sans empêcher néanmoins qu'elle n'arrivât heureusement au rivage. C'est là une des merveilles de la durée de l'Église, que le grand nombre de ceux qui la chargent n'empêchera pas qu'elle ns subsiste toujours. Ainsi on verra toujours des' scandales dans le sein même de l'Église, et le aoin de les réprimer fera éternellemoat une partie de son travail : mais pour ce qui est des erreurs ei des hérésies, elles en seront exterminées. Jésus-Christ ne parle que de la durée de sa prédication et des sacrements : Ailes, enseignez, baptisez ; el je suis toujours avec vous, enseignants et baplisans, comme on a vu : cependant la prédication produira son fruit : l'Eglise aura toujours des saints, et la charité n'y mourra jamais... a
a De là suivent ces deui vérités, qui sont deux dogmes certains de notre foi : l'une, qu'il ne faut pas craindre que la succession des apôtres, tant que Jésus-Cbrisi sera avec elle (et il y sera toujours sans la moindre interruption, comme on a vu], enseigne jamais l'erreur, ou perde les sacremens... La se-