CHAPITRE VII
conde, qu'il n'est permis en aucun instant de se retirer d'avec cette succession apostolique, puisque ce seroit se séparer de Jésus-Christ, qui nous assure qu'il est toujours avec elle (1). »
M De là est venu aux hérétiques et aux schism a tiques, jusqu'à ta fin du monde, ce mauvois et malheureux caractère marqué par saint Jude : a Ce sont ceux qui se siSparent eux-mêmes. » ... Mais de qui se sËpareront-its, sinon d'un corps déjà établi et dont rUDtté est inviolahle, puisqu'on donne pour marque sensilsle de leur imposture la hardiesse de s'en séparer ï Ils seront éternellement connus par leur désertion ; et il est clair, dit saint Jude, que c'est par ce caractère que les apAtres les eut voulu désigner... (2). u
a De lli suit avec la même évidence un autre caractère, marqué par saint Paul, de Vhomme hérétique : o C'est qu'il se cDudame lui-même par sou propre jugement : Proprio judicio suo condemnatus (TU. III, tO, II); b puisque dès tors qu'il paroit en tête, comme le premier de sa secte, sans pouvoir nommer son prédécesseur dans le temps qu'il commence à s'élever, il se oondame en effet lui-même comme novateur manifeste, et il porte sa condamnation sur son front. »
■ Or, cela arrive en deux fafons, qui ont paru l'une et l'autre dans le dernier schisme. Premièrement lorsque les évêques qui succèdent aux apôtres, sans quitter leurs sièges, renoncent à la foi de ceux qui les y ont établis et qui les ont consacrés : se~ condement et d'une manière encore plus sensihle, lorsque les peuples se font un nouvel ordre de pasteurs qui viennent d'euxmêmes, et qu'en s'ingérant dans le ministère sacré sans pouvoir nommer leurs prédécesseurs, ils se voient contraints, pour sauver leur entreprise, de se dire suscités de Dieu d'une façon extraordinaire pour dresser de nouveau l'Église qui éloit en ruine et désolation. {Gonf. de foi des Prêt, réformés) ».
Bossiiet s'arrête d'abord sur les évéques (principalement d'Allemagne et d'Angleterre} qui ont rompu avec l'Eglise au .commencement du siècle dernier, n en de-
meurant dans les sièges où ils ^ trouvaient établis évëques. •
... <• Que leur servolt donc de garder leurs sièges, si publi* i|uement et par expresse déclaration ils cessaient de persister iUqs 11 foi qu'on y professoit immédiatement avanteux, et qu'ils proressoieut si bien eux-mâmes lorsqu'on tes a installés et consacrés, que leur changemunt aux yeux du soleil, et par un Tait positif, est demeuré pour constant? Il n'est pas besoin de remonter plus haut: dés ce moment la chaîne est rompue: le caractère de séparation est inefTaçable, il n'y a qu'à se souvenir en qnelle foi on étoit lorsqu'ils sont entrés dans leurs sièges, el dans quelle foi ilsétoient eui-mémes(l). ■
Ici, il se rappelle ce mot de saint Paul, ce mot < terrible », qu'on ne Ut point sans un grand étonnemenl : • Il faut qu'il y ait non seulement des schismes, mais même des hérésies : > Oporlet et lueresesesse >; sans les schismes, sans les hérésies (Ajoute Bossuet), il manquerott quelque chose à l'épreuve où Jésus-Christ veut mettre les Ames qui lui sont soumises, pour les rendre dignes de lui... ■
■ Qu'on ne s'étonne donc pas, conlinue-t-il (2), devoir sortir du sein de l'Eglise des esprits contentieux, qui sauront lui Taire (les procès sur rien: ondes curieux, qui pour paroCtreplussages qu'il ne convient à des hommes, voudront tout entendre, tout mesurer à leur sens, hardis scrutateurs des mystères dont la hauteur les accablera : ou des bypocritns qui avec l'extérieur de la piété séduiront les simples, et sous la peau de brebis couvriront des cœurs de loups ravissans : ou de ces murmurateurs chagrins et plaintifs ou queretleux : mwmuralores gve' rutoti, comme les appelle saint Jude, qui en criant sans mesure contre les abus, pour s'ériger en réformateurs du genre humain, se rendront, dit saint Augustin, plus insupportables que ceux