CHAPITRE Vil
qu'ils ne voudroul pas sitppnricr : ou enlln des hommes vaing> qui iDventeronl des doclrines étrangères pour se faire un nom dans l'Ëglise, a ei emmener des disciples après eux. u C'est de tels esprits que se Torment les schismes et les hérésies, et il fïul qu'il y en ait pour épi'ouver les vrais fidèles. Mais Jésus- Christ, qui les a prévus et prédits, nous a préparé un niofen universel pour les connoilre : c'est qu'ils seront tous du nombre de ■ ceux qui sa séparent eux-mêmes, qui se condamnent eux-mêmes, » de ceux euQn qui ne croient pas aux promesses de Jésus-Christ à l'Église, ni à la parole qu'il lui a donnée d'être toujours sans interruption et sans fin &vec ses pasteurs.»
Une si mordante énumératioa n'était pas pour adoucir les adversaires de Bossuet : elle ne pouvait être utile qu'à ranimer le cœur des humbles catholiques, peutêtre intimidés par l'assurance et la hauteur des partisans de la Réforme, qui traitaient les papistes d'une façon habituellement si injurieuse, comme des gens asservis à une autorité qu'on ne pouvait trop détester. A ces apologistes timides de leure propres croyances, Bossuet offre un moyen bien commode de réphquer aux accusateurs de leur foi et de leur caractère :
« Comme )e sceau de ta vraie Eglise (1) est qu'on na peut lui marquer son commencement par aucun fait positif qu'en revenant aux apôtres, à saint Pierre et à Jésus-Christ, ni faire sur ce sujet que des discours en l'air ; ainsi le caractère infaillible et InelTnçable de toutes les sectes, sans en excepter une seule, depuis que l'Église est Église, c'est qu'on leur marquera toujours leur commencemeut et le point d'interruption par une date si précise, qu'elles no pourront elles-mêmes le désavouer. Ainsi elles se flatteront en vain d'une durée éternelle : nulle secle, quelle qu'elle soit, n'aura cette perpétuelle conlinultè, ni ne pourra remonter sans interruption jusqu'à Jéaus-Christ. Hais ce qui ne commence point par cet endroit,
ne sa peut rien promellre de durable. Lee hérésies ne seront jamais de ces fleuves continus, dont l'origine féconde «t inépuisable leur fournira toujours des eaux : elles ne soot, dit saiut Augustin, que des torrens qui passent, qui viennent comme d'eux-mâmes, et se dessâchent comme ils sont venus. La seule Église catholique, dont l'éiat remonte jusqu'à Jésua-Christ, recevra le caractère d'immortalité que lui seul peut donner a
Paroles magDiflques, dont les réformés se plaisent à se moquer, comme s'ils n'avaient pas aussi de leur part leurs préteotions, mais moins fondées. Car ils ont beau se prévaloir de la difTusion de leurs églises chez un grand nombre de peuples, ils ne peuvent faire qu'elles remontent plus haut que le siècle de Luther, ni qu'elles s'accordent partout entre elles.
Il d'y a, dit Boesuet (t), qu'à ramener toutes les sectes séparées à leur origine : on trouvera toujours aisément et sans aucun doule le temps précis de l'interniptioa : le point de la rupture demeurera pour ainsi dire toujours sanglant ; et ce caractère de nouveauté, que touies les sectes séparées porteront éternellement sur le front sans que cette empreinie se puisse effacer, les rendra toujours reconnojssables. Quelques progrès que fasse l'arianisme, on ne cessera de le ramener au temps du prêtre Arius, où l'on comptait par leurs noms le petit nombre de ses sectateurs, c'est-à-dire huit ou neuf diacres, trois ou quatre évéques; en tout treize ou quatorze personnes, à qui leur évéque et avec lui cent évéques de Libye dénoncoient UQ anathème éternel, qu'ils adressoient à tous les évéques du monde, et de qui il étoil reçu- ».
On en peut dire autant des schismes d'Ëusèbe de Nicomédie, de Nestorius, de Dioscore ; et l'on en pourra toujours dire autant de toutes les autres sectes, quelles