CHAPITRE VU
mes, qui est-ce qui a mis eo avant celui-ci ? Est-ce l'évéque de Meaux ou le mîDÎstre BasDage ? Et il y en a chez ce dernier plus d'un du même genre, qui consiste h identifier l'Ëglise dans sou ensemble avec chaque particulier. Et encore, lorsque Jésus-Christ commandée ses disciples d'enseigner toutes les nations, les ministres font remarquer avec dérision que les Chinois n'ont pas été enseignés par les Âpâtres.
« Mais, ajoutaz-y, (réplique Bosauet), si vous voulez, les Terres Australes : tout le monde, malgré vous, entendra toujours ce langage populaire qui explique par toute ta terre, le monde connu, et dans ce monde counu une partie éclatante etcooûdérable de ce grand tout ; en sorte qu'il sera toujours véritable que ce sera de ce inonde que l'Église demeurera toi^ours composée. . . . •
On voit par là quel profit les ministres tiraient de leurs connaissances géographiques, qu'ils se faisaient gloire d'opposer à une prétendue ignorance des catholiques. Cette fois c'était eux qui ne voulaient pas sortir du sens littéral, quand il était raisonnable de l'interpréter plus largement.
Quel parti les mêmes personnages tiraient des chutes de tels et tels pasteurs contre la durée de l'Église ! Mais Bossuetleur répond :
• Encore que le bon exemple des pasteurs soit un excellent véhicule pour insiuuer l'Evanitile, Dieu n'a pas voulu attacher la marque précise de la vraie foi à la sainteté de leurs mœurs, parce qu'on ne la peut couuoiire, et que tel qui parolt saint n'est qu'un hypocrite; et au contraire il l'a attachée à la profession de la doctrine, qui est publique, certaine, et ne trompe pas ».
C'est Jésus lui-même qui a dit : « Faites ce qu'ils vous disent, et ne faites pas ce qu'ils font ».
EvidemineDt les protestants n'ont pas ct'u que, parmi eux, OD pût jamais trouver des gens d'extérieur austère qui, au fond, fussent tout autre chose que des saints; ni des gens fort savants qui tombassent néanoioins dans l'erreur.
Mais je craindrais de fatiguer la patience du lecteur, si je prolongeais l'analyse d'un ouvrage qui, bien que toujours digne de laplume de Bossuet,De peut plusguère nous présenter de vues nouvelles. Le ministre, irrilé de voir sa secte condamnée par l'Ëglise qu'elle condamne elle-même, ne peut supporter sans aigreur que ce ' catholicisme tant injurié par les réformés, s'élève si haut au-dessus d'eux par une doctrine qui a ses racines dans l'Évangile; il voudrait prendre sa revanche; il raille à la façon d'un usurpateur déchu, qui se redresse dans l'infortune et se moque de ses ennemis vainqueurs; mais il a beau faire ; la domination de son parti est finie, et ses arguments pour la revendiquer tombent dans le vide. Cependant il est dur pour ceux gui se sont proclamés eux-mêmes l'Ëglise de Jésus-Christ, de sevoir dépossédés du privilège qu'ils s'étaient arrogé d'interpréter l'Évangile à leur guise. Ils se garderont bien de revenir k l'Église qui les rappelle ; mais ils ne pourront plus lui imposer. Les plus simples et les plus humbles des catholiques sont armés de discours au moyen desquels ils peuvent tenir tête aux plus arrogants des protestants. Si ces humbles ne gagnent rien sur leurs adversaires dans une lutte de paroles contre des hommes plus habiles qu'eux, du moins ils demeureront inébranlables dans la foi que leur cause leur inspirera, et ainsi ces hautains réformateurs rencontreront partout des adversaires fermes et bien armés. Les con-