‹ Bossuet et le Protestantisme: étude historiqueChapitre 98 sur 122 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

quêtes ne seroDt plus pour eux aussi aisées qu'ai XVI» siècle.

A la seconde Lettre pastorale l'évëque de Ueaux joignit encore des Bemarques sur le Traité du ministre

Dans la première Remarque, il répondait au ministre, qui avait plaidé la légitimité du scbisme. C'était un argument captieux que celui-ci : Jésus-Christ a montré par son exemple qu'il y a des cas où le schisme est non seulement nécessaire, mais plus que louable, puisqu'il s'était séparé de la Synagogue ; et ainsi on peut avoir la religion pour soi en demeurant seul. Bossuet n'est point embarrassé par cet argument. Le Christ était appuyé sur les prophéties, et ses miracles prouvaient sa mission. Les réformateurs ont-ils pour eux de pareilles preuves? De tels arguments n'ont guère besoin d'être développés.

Dans sa seconde Remarque, Bossuet discute le fait de Pasckase Radbert, que le ministre alléguait comme un exemple d'innovation dans l'Eglise, puisque Paschase • était presque le seul du ix* siècle qui easeign&t la présence réelle -, et qu'avant lui, dit Basnage, la transsubstantiation était inconnue •■ A quoi Bossuet, pour la justification de Paschase. Radbert, répond que t ni sa doctrine, ni ses livres, ni sa mémoire n'ont jamais été notés d'aucune censure ; et que loin de trouver Paschase d'un côté et presse fout fe monde de l'autre, comme le prétend le ministre, on ■ trouve Paschase avec tout

le monde d'un cdté, et de l'autre quelques-uns u. Cet exempte donc est comme non avenu.

Uans la troisième Bemarque, il s'agit du fait des Grecs-^ et l'évêque de Meaux démontre, par les conciles d'Ephèse et de Chatcédoine, que les Greca, avant leur schisme, ont < reconnu dans le pape une primauté venue de saint Pierre, et par conséquent d'institution divine »; et. « s'ils se sont quelquefois séparés, ils sont aussi retournés & leur devoir; » et enfin, puisque, selon le ministre, « leurs pasteurs ont pris ta place des apôtres», ils n'en ont donc point interrompu la succession. Cette succession leur était donc nécessaire pour jouir de ■ la préseace miraculeuse de Jésus-Christ ». Laissez donc là, conclut-il, vos églises, à qui elle manque si véritablement (1) ».

Ënlin, l'ouvrage entier se termine par des ilemorçues sur rhisloire de farianisme, où l'auteur démontre qu'en dépit des persécutions de l'empereur Constance et du concile de Rimini, la succession dans l'Église ne fut jamais interrompue, quoique les ariens se fussent vantés d'avoir établi leur secte dans une possession tranquille, qui n'a pas duré au delà de la mort du persécuteur Constance, après laquelle l'Église est rentrée tout de suite dans son état naturel.

fl Qu'a donc prouvé le ministre, demande Bossuet, par tout son discours et par tant de faits inutiles qu'il a eacore altérés en tant de manières ? Quoi ^ Qu'il y a eu de «randB scandales ? Cétoit là un faii inutile : nous n'en doutons pas; nous ne prétendons affranchir l'Église que des maux dont Jésus-Christ a promis de ta garantir ; et loin de la garantir a des scandales, u lia prédit au contraire que a jusqu'à la Un n, il en paroUroit dans son royaume ». Ce qu'il a promis d'empêcher, c'^st l'interrup-

(1) P. îio.

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