‹ Bossuet et le protestantismeChapitre 15 sur 96 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Arl. VJJI. « La maison élaut r-tablie pour les âmes converties ù la foi, on y recevra autant do nouvelles calboii<{ue8 qu'elle en pourra perler, l«'squ».'ll»?s <lomeuroronl jusqu'à ce «jne, par les soins que l'on promlra (l'eiles, elles soient rendues capables d'entrer en quelque honnête condition, et qu'on les y ait placées, n

C'était donc une maison de refui^e et deduciition. Il était dit (art. XII) (jue cette maison ne pourrait « pour (|uelc|ue considération que ce soit, être chan;4ée en monastère et religion > ; et de plus, « si (luelquc sœur le propose, après avoir été avertie, elle sera obligée de se retirer, en lui rendant les biens qu'elle pourroit avoir ap|)ortés, et payant de sa part pour le ttMnps (|u elle aura demeuré dans la maison •.

I.e régime était celui d'un pensionnat religieux, sans excès de prati(}ues dévotes, ni contrainte abusive d'aucune sorte.

On peut, si l'on veut, comparer cette institution fondée spontanément par Bossuet, avec celles de la Madeleine du Trcsnel et des Nouvelles cattiotifjues^ dont Ténelon fut le directeur plusieurs années plus tard, direction qui n donné lieu aux amères censures de M. (). Douen (voir notre ouvrage de Fénrlonet linssuet, tome I, p. '1\\. C'était une des meilleures vues du gouvernement royal el du clergé, d'ouvrir ainsi des maisons de refuge et d'instruction aux jeunes lîlles ramenées au c^itholicisme. Si (juebjucs abus s'y sont introduits, où n'en voit-on pas? Assurément le dessein en «Huit cliurilable, plutùt (|ue lyrannicpie. Mais nous ne trouvons pas ijue la maison de Metz, dirigée par Bossuet, ait donné lieu à des plaintes dignes d'élre recueillies, (luoitju'on ait bien cherché tout ce ()ui pouvait être reproché, h tort ou à raison, ù son fondateur en fait d'intolérance (voir l'ar-

16 nnssiET et i.k proti:stantismi:

liclo de M. l'Ai;^. Despois, Revue polilUiiic ci Utlrrairr, ',1 janvier l-STS : La légende de FèneUm^ etc).

On reconnaît, dans toutes les dispositions ci-dessus, i'espi'it iai'ge et humain de Bossuet, (jiii ne se sépare pas en lui du ^oùt de la rè^île et de l'amour de l'ordre, objet qu'il énonce hautement et à plusieurs reprises, puiscju'il en remplit la préface de ce règlement :

... « L'Ksprit de Diou est un esprit d'ordre, et les ciirrlions olanl eiifaiis de lumière, doivent marcher honnêtement et selon lu ri'gle qui leur est donnée. Or cette honnêteté des mœurs chrétiennes consiste principalement dans Tordre, selon ce (pie ilit l'a|)()lre Sainl-Paul : « Toutes clioses se lassent jiarmi vous honnêtement et selon l'ordre. »

Nous avons saisi cette occasion de signaler en Bossuet ce profond et religieux amourde l'ordre, j^arcc que c'est un des principes qui ont réglé toute sa vie, et (jue, de toutes les qualités qui composent ce grand personnage, il n'y en a pas peut-être une autre qui le caractérise mieux que l'attachement invariable et parfaiterr.ent éclairé à tout ce qui constitue l'ordre en quelque matière que ce soit. Mais l'ordre n"a rien de commun avec la tyrannie, et en est plutôt le contraire.

Maintenant reprenons le fil des événements de sa vie.

Art 1.

Exposition de la Doctrine de l'Kglise.

Après avoir réfuté le Catét hismc de Ferry, et sans abandonner d'abord ses fonctions de la ratliédrale de Metz, où il s'éleva aux plus hautes dignités du chapitre,

Page 1