‹ Bossuet et le protestantismeChapitre 17 sur 96 · CHAPITRE II ly · texte numérisé non relu

CHAPITRE II ly

lent une phrase de Bossuet dans la fin d'un passage que nous avons cité contre les schismatiques, qu'il compare à des soldats qui abandonnent leur armée et lui font la guerre: sous couleur de la réformer d).

« naos l'une et dans l'autre religion, poursuit Saint-Evrcmond, il alloit toujours au bien : huguenot, il n'avoit rien -i • • ■ à l'intén't des catholiques: converti, il n'avoit point de jU-

diciable à la suret*'* des huguenots. Dans la déférence qu'avoit le Roi pour son îrrand sens, il est à croire qu'il l'auroil suivi ; et que les ministres huguenots n'auroienl pas à se plaindre de leur ruine, ni le clergé catholique à se repentir de son zèle. •

Quoi qu'il en soit, Turennc, comme chef de sa famille, entraînait après lui une partie delà maison de Bouillon, (jui avait été l'une des gloires et des forces du protestantisme ; et c'était bien à Bossuet qu'on devait attribuer l'honneur de cette victoire. Car, s'étant fort occupé de la question de religion, le maréchal se mit à suivre assidûment les sermons de l'abbé Bossuet, qui faisaient alors grand bruit à la cour et dans tout Pans ; il voulut même s'entretenir avec lui ; et enfin il lui demanda des instructions par écrit; et c'est là ce (]ui donna lieu au livre de VExposilion de la Dortrine de l'Eglise, etc. Knfin le vicomte de Turenne s'étant résolu à faire son abjuration, (jui eut lieu le *8 octobre lOtkS, Bossuet prêcha en (iuel(|ue sorte exprès pour lui, aux Grandes Carmélites, le panégyrique de saint André, le oO novembre 16*'»8 rj).

Avec le maréchal de Turenne, Bossuet entraîna sa nièce, M"« de Duras ; son neveu, plus lard duc do Larges et maréchal de France (3); « et tant d'autres, connus et

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iiu'omuis, à lu cour, à Paris, et dans les pi'ovinces. (1) » (y'est pour ces |)ersonnes, inclinées au retour vers l'Eglise catholiijue. mais encore hésitantes, (jue Bossuet connut le dessein de son Exposition de la Doctrine de i Enlise catholique.

\' Exposition de la Doctrine. — Il s'agissait d'une méthode de persuasion nouvelle. On avait depuis longtemps suflisamment discuté tous les points sur les(iuels les réformateurs avaient appuyé leur censure de la foi romaine et la prétendue nécessité de leur séparation. Les plus habiles défenseurs du catholicisme (2) n'avaient négligé aucun moyen de réfuter les docteurs du protestantisme, et ils n'avaient rien ou presque rien gagné sur eux. Les disciples de Luther et de Calvin, ministres, ou fidèles, conservaient toute leur arrogance à l'égard de la foi et des peuples de l'Eglise romaine, qu'ils ne cessaient d'accuser d'idolâtrie et d'impiété, et dont ils ne paraissaient nullement prêts à accueillir, tout en semblant les réclamer, comme si c'eût été chose due, les excuses et les marques de repentance. C'était toujours chez eux la même affectation de mépris et d'horreur à l'égard du papisme. Il n'était pas aisé de ramener des adversaires si hautains, et qui de plus se glorifiaient de souffrir oppression pour la vérité, quoiqu'ils fussent plus menaçants que persécutés, au moins juscjuaux années qui précédèrent la révocation de l'éditde Nantes, où le gouvernement du roi changea de tactique, et inaugura l'emploi méthodique de la contrainte pour opérer des conversions. Mais les actes de ce genre ne sont pas de notre sujet. Nous ne nous occupons que de

(1) Le Dieu, ilémoires, t. I, p. 10').

(2) Voir Rcbcliiau, liossuet hist. du prot.

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