VI PRÉFACE
t'iiisanl iiii,M's ciilrc leurs piislciirs ri lui. H laïKlraii bien (le l'injnslicc pour Irailcr d'csiti'il de (loiniiialioii cl (l'iiitolrrance le zMc triiii rvHjiic (|iii ne lait (|iie juslili.M" la loi (le son Eglise conlre une nuée d'assaillants (jui ne lui laissent jamais de relàclie.
Ainsi, dans toute cette controverse (et il n'y eut janiius entre eux et lui (ju'une i^uerre de plume), c'est lîossuet ({ui se défend, et ce sont les ministres protestants qui attaquent. A Téii^ard des peuples, s'il y a eu des |)ersécutions, elles ne peuvent lui être imputées avec justice : car les calomnies de certains ministres ne peuvent compter comme des arguments sérieux. Pour lui, l'évéque de Meaux invocfue le témoignage des protestants convertis de son diocèse, (}iii peuvent dire s'ils ont subi de sa part aucune contrainte; et il fait cela à la face du monde entier, tant il craint peu d'être démenti.
Ne jugeons donc pas d'après les opinions courantes, dont l'origine n'est i)as très pure : voyons les foits et lisons les écrits; et si après cela Bossuet ne paraît pas le plus patient et le plus charitable des évéques, autant (jue le plus éloquent des orateurs et le plus vigoureux des controversistes, il en faudra chercher le modèle en dehors de l'espèce humaine; et nous conclurons que la paix ne peut guère résider parmi les hommes, puisque celui qui l'a le plus aimée et le mieux servie, n'a pu la taire prévaloir sur les passions contraires, et (|u'il faudrait un nouveau Bossuet pour la faire subsister dans des génél'ations où l'on voit encore des haines sous couleur de
religion, sans foi religieuse.
Kl octobre 1900.
INTUOULCTION
Si Ton .'iv;ii( dcmand»' à Bossiiot, (l.iii> sa vieillesse, (jin'llr avait été, à son sentiment, r(rii\n' capitale d'iine vie si laliurieuse et si i^loriense, il aurait [>u ivpoinire, ce nous semble, (|iie son onivre principale et presque nrii(jiie avait et»' de détendre et de restaurer l'unité de IKi^lise contre le protestantisme.
nuoi(|ue vaincu depuis luni;temps par la toice d«»; armes, contenu par la puissance royale, toujours coti)battu dans la doctrine par des hommes éminenis en science, en élofjuence et en /Me, (pii sont lésion dans le wii'^ sii'cle, le protestantisme, servi aussi par des défenseursardents, élo(|uenls et savants, n'a rien perdu, dans ce sif*cle-là, de sa foi, de son j(énie entreprenant, de son zèle de prosélytisme : il a renoncé par nécessité à Tiisa^^e des arnjes. il ne prétend plus à cette époque faire de C(»n(|uétes violentes, il se voit même menacé dans l'exercice de son culte par ufie sorte de persécution systématique ei larcnieiii inlerr»Mn|Uie, sous Louis \lll. sous Hiclielieu, sous Anne irAutriclie, sous Louis \IV :