‹ Bossuet et le protestantismeChapitre 5 sur 96 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

néanmoins il n'a pas ahandonnr l'anibilion cl IVspéranco df poussiM* pins loin l'cMilrojn'ise de Lnliier et de Calvin, et de i;ai,Miei' ;i la Hétbrme nne partie pins on moins considéi'able de l'Kiiflise de Uome. Car il n'a |)oint cliangé de j)rincipes ni de préjni^és : à ses yen\, Rome est tonjonrs le sièii;e de l'idoiàlrie; sa domination est tonjonrs le règne de l'antichristianisme ; les penples se perdent en snivant son autorité : il n'y a de saint j)onr Iesclirétiens(|ne dans le sein deséglises réformées. Si lenrs pasteurs font de temps en temps quelques concessions^ c'est toujours parce qu'ils croient apercevoir un acheminement pour Tabdication de la part de l'église romaine ; et ({ue, sans l'avouer franchement, elle vient à eux, et non pas eux à elle. 11 est vrai qu'elle fait tous ses etforts pour les ramener, elle cherche les moyens d'aplanir les difficultés, en montrant que, dans les sujets de dissentiments, il y a souvent plus d'apparence que de réalité ; elle voudrait leur ouvrir ses bras, et les recevoir comme l'enfant prodigne à son retour dans la maison paternelle ; mais ils n'y veulent rentrer ({n'en maîtres légitimes, pour y établir le bon ordre tel qu'ils l'entendent. En un mot, ils espèrent, non pas faire rentrer les prolestants dans le catholicisme, mais entraîner les catholiques dans le protestantisme, (jui est, selon leur conviction, la véritable religion de Jésus-Christ. Donc, leurs désirs de proi)agande ne sont nullement amortis; et si les moyens leur font défaut, le caractère de leurs

INTRODTCTION IX

sftntinienls n'est |)oiri( .iIiit»'. La qiiostion domeiin* pour eux la mrmo (|ii'aii \\\" sii'clt' : l'union m' ffra-l-flle dans It' |»aj)i>mc ou dans la Iléroriue?

Pour des observateurs tout à tait impartiaux s'il y «'U avait eu dansée temps-là;, la rrpofise n'était i^uère douteuse : la I{«'t()rn)(' ne pouvait plus triom|)li»'r. Mais elle pouvait poursuivre la lutte, ne laisser au eatholieisme «pu; tW>, avanlai^cs strriNs, une simple appan^nei' d«* vietoire, ri colrc temps, lui eulcvei' (pn'Iques hreliis éi(arres, eoiiimr, dans une i^randc i;urrre, des vaincus (|ui tiennent la campai^ne, peuvent (pielquefois faire dt's prisonniers dans l'armée des vaimiueuis.

Voilà ce (pie redoutait lîossuet, avec tous les dél'enseursdu catholicisme. Il craii^nait des défections et îles captures d'âmes, si l'on peut ainsi |)arler. .Mais il se dj'liait hien ()Ius |)our le calliolicisme (\o<> victoires stériles. Son l)ii( n'était pas tant de mettre à couvert son troupeau (jue de K'^K'^'''" ^<'^ adversaires, c'est-à-dire, de faiie rentrer cordialement dans son K^'lise ceu\ qui entreprenaient encore sur «die, et en un mot de rélaldir Tunioii fralernelle entre deux peuples plus pnd'ondément divisés que les .\ll»ains et les Komains de l'anti- (jiiité. Kn somme, ce «pie Irs I{t''t"ormés pensaient de TM^Hisi' r(»maine, il le croyait de la leur, à savoir (pi't'lle était si éloi^'uée du s.ilui. «pii' la charité oldi;;eait a tout enireprendre, jiieit enlendu avec l'aide de Dieu, et par des moyens chrétiens, pour la rameruT dans la véri-

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