‹ Bossuet et le protestantismeChapitre 53 sur 96 · II- i · texte numérisé non relu

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14fi BOSSUET ET LE PROTESTANTISME

(jL c't'sl là-dessus que purio le 6ixicn}C Avcrlisscmenl. Kst-il vrai, comme Jurieu le prétend, (qu'avant le concile de Nicée, le dogme do la Trinité soit demeuré, selon son expression, informe^ de telle façon que ni les docteurs derKglise de ces temps-là, ni les fidèles n'aient eu une idée nette des rapports des trois personnes divines, ni de la génération du Verbe, ni de son essence? S'il en était ainsi, cène serait pas seulement le dogme de la Trinité qui serait demeuré informe pendant trois siècles, mais le christianisme même.

Le but de Jurieu. en soulevant ces questions, n'est pas seulement de mettre dans rembarras lauteur de ['Histoire des Variations, mais de favoriser le socinianisme. Car si ces dogmes ne sont pas, dès les premiers siècles, bien définis dans IT^^glise, ils ne sont donc pas fondamentaux, et l'erreur sur ce point n'est pas si grave qu'on doive rejeter de TEglise ceux qui, comme les disciples de Socin, professent des opinions opposées à l'orthodoxie.

N'eût-il pas été personnellement intéressé, comme il l'était, dans les attaques du ministre Jurieu, le grand défenseur de la foi romaine ne pouvait laisser passer impunément un système qui ébranlait dans ses fondements la religion tout entière, et tendait à faire croire que, comme toute doctrine humaine, elle avait eu au début des incertitudes, des tâtonnements, des progrès contrariés, et ne s'était constituée qu'à l'aide du temps, après avoir beaucoup varié dans ce qu'elle avait d'essentiel? Jurieu affirme que les premiers docteurs de l'Eglise n'étaient que de pauvres théologiens, ne lisaient guère l'Ecriture, et ne pouvaient se faite une doctrine raisonnée, ni sur les attributs de Dieu, ni sur la

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