‹ Bossuet et le protestantismeChapitre 60 sur 96 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

remet f);ir un autre tour sous l'autorité dont oo leur fait secouer le joug. (1) »

Sur le troisième point, il suppose qu'un socinien, s'adressant à Jurieu lui-même, tient le discours suivant :

« Où riicriture paroist enseigner des choses que la raison ne peui atteindre par aucun ondroil, il la faut tourner au sens dont la raison s'accommode, «juoy qu'on somble faire violenceau texte » .., et qu'un réform»' continue : «La Trinité et l'Incarnation sont mystères impénétrables à ma raison : récriture, qu'on me propose pour me les faire recevoir, fait le sujet de la dispute : la discussion m'est impossible et mes ministres l'avouent : Tévidence de sentiment dont ils me Uattent n'est (|u'illusion : ils ne me laissent sur la terre nulle autorité qui puisse me déterminer dans cet embarras : que resle-t-il à un homme dans cet état, que de se laisser doucemfMit aller à cette religion de plain-picd qui aplanit toutes Its hauteurs, comme disoit M. Jurieu ? » « Un y tombe naturellement, et il ne faut pas s'étonner si la pente vers ce parti est si violente et le concours si fréquent de ce cOlé-là (2) •».

Le rusé socinien ne s'en tient pas là, et il soutient au calviniste qu'il ne peut nier son principe.

• pourquoi, dit-il, ne croyons-nous pas (|ue Dieu ait des mains et des yeux, ce que l'Kcriture dit si express^-ment 'M'.'est parce (pie ce sens «'St contraire à la raison. )1 en est de même de ces paroles : Cecy est mon corps : si vous ne manye: ma chair et ne buvez mon .îan.v.elc. »

Kt ainsi le socinien se trouve autorisé, quoi que dise W. ministre Jarieu, ii rejeter le sens littéral de ces paroles, à les interpréter comme des ligures, ainsi d'ailleurs que font les C4il\ inistes, et à leur attribuer le sens (pli convient à sa raison.

iii 1». 13:..

iC)!) iiossiiKi' i:t le I'HOTESTANTISME

Voilà donc le luinistro calviniste réduit au yilcnco devant le socinien (1). Mais Jurieu s'y rcsi^nera-t-il ? Non. Mais il ne fait que retomber dans son système, (jui a déjà été réfuté.

Il ne fait pas mieux lorsqu'il s'agit de définir les vérités qu'il appelle [ondamcnlalcs, et qu'on est obli-ié de croire pour être sauvé. Bossuetva le pressant toujours, cl le réduit à ne pouvoir donner un signe auijuel on reconnaisse sûrement celles qu'on peut abandonner sans être damné (2).

Jurieu se rejette sur la pluralité des voix (3). — Mais (juoi? lui dit Bossuet :

a Si les sociniens ppr-valent enfin dans la Ri' forme; si ce torrent, dont on ne peut arrêter le cours, s'enlle tellement (ju'il prévale, et qu'ils en viennent à être sur tous les articles raille conlre un, comme ils s'en vantent déjà sur la tolérance, ({ui ronlerme tout le venin de la secte, sans qu'on ose les contredire, le socinianisme sera véritable ou du moins indifférent? — Mais cela, direz-vous, n'arrivera pas : la Réforme est devenue infaillible contre les tolérans. »

Assertion que Bossuet réduit encore en poussière par les principes mêmes du ministre.

Un adversaire de Jurieu, que Bossuet cite souvent, l'auteur des Avis (4), conclut ainsi un long débat sur ces matières : « Plus j'y pense, plus je me persuade que les préjugez tirez des catéchismes, plutôt qu'une connoissance puisée dans la parole de Dieu, sont aujourd'huy

{'i] P. 141 et suiv.

(3i P. UC.

\\) Prohiililcriicnl Siiunn, ministre h ITrerlit, (|iii comballii le système rie JuiiiU. (Voir ;:aylo, />/(/. /n.v/., art. Nicolle.i

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