‹ Bossuet et le protestantismeChapitre 61 sur 96 · CHAPITRE V 1G · texte numérisé non relu

CHAPITRE V 1G

prescjUG l*uni(iue fundenieni de la foy des peuples (Ij «. A (luoi Bossuot ajoute : « Ce n'est donc pas révidence de la révélation, mais les catéchismes et les préju^^és de la secte, c'est-à-dire une autorité humaine qui les persuade. » Cette remarque est bien forte contre la prétention des réformés de ne mêler aucune opinion humaine à la parole divine immédiatement puisée dans l'Kcriture, et de |)Ouvoir par ce moyen confondre l'Église romaine, qui se soumet servilement aux décisions des conciles et d'autres interprètes humains de la vérité révélée.

La nécessité conduit si bien les réformés à imiter la conduite de l'Eglise romaine, que .lurieu voudrait même introduire dans ses églises les enquêtes et inquisitions contre les suspects (21.

Au milieu de tant d'ellurts pour la conservation de ce qui est pour lui l'orthodoxie, Jurieu se sent apparemment mal établi sur son terrain, car voici quels doutes il en vient à énoncer :

« .h' suis bien persuadé qu'il y a mille bonnes gens daos les communions do nos sectaires, qui unissent fort bien ces deux propobiliniis : Jésus- Christ est filsélir/ul de Dieu ; mais il n'tst pus nécessaire de le croire pour être sauvé. Car d»* iiuoi ne soûl pas capables les peuples et les gens qui nu sont pas de profession ù s'uppliqutT, ni '■ riié à pénétrer? Kl nn>m»* enireceux t|ui

sont appelés // ' ' /• les autres, coiubwn jhu y t n u-t-it qui

soient capables de voir le fond d'un sujet ? (3) •

Ou serait bien tente de demander au ministre Jurieu ; Kt les autres, (ju'en faites-vous ? Quel secours olTrez-

{ll p. 14U.

(S) Voir p. 137 un pas^aKc 1res piquant »ur «r« propo»ilion!i fl'inqai>ition.

168 BOSSUET i:r lk protkstantismk

vous ù cette multitude incapable de s'appliquer, et qui doit cependant se faire sa foi en lisant l'Ecriture et en la soumettant à la critique de sa raison ? (1)

Jurieu a cependant encore une ressource, et ce sont les magistrats. En ctïet, « Dieu ne sauroit permettre « que de grandes sociétés chrétiennes se trouvent enga- « gées dans des erreurs mortelles, et qu'elles y persé- « vèrent longtemps (2). »

Par conséquent, à défaut d'une autorité religieuse, telle que celle qui existe dans l'Église catholique (3), il faut bien remettre le dépôt de la foi à la puissance civile ; et ainsi Jurieu est amené, après plusieurs variations, à poser le magistrat comme gardien suprême de la religion (4). Mais il fait une distinction relativement à l'exercice du pouvoir de répression et de contrainte :

« Le prince, selon lui, a l'épée en main contre les hérétiques; mais pour les gé7ier seulement, pour les bannir, et non pas pour leur donner la mort (5). Cependant il permet qu'on procède jusqu'à la peine de mort, lorsqu'il y a des preuves suffisantes de malignité, do mauvaise foi, de dessein de troubler l'Église et l'État, et enfin d'impiété et de blasphème conjoint avec audace, impudence et mépris des lois (6). »

11 ne trouve pas mauvais que, dans certaines provinces des Pays-Bas, on n'ait pas de connivence pour les papistes.

« Quand on les découvre, dit-il, ou ne les protège pas contre la violence des peuples. » <* On entend bien ce langage,

(4^ P. 185 et suiv.

'6) P. l'.a. CI., p. 197.

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