‹ Bossuet et le protestantismeChapitre 72 sur 96 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

ils amassé contre outcs les parties caracléristi(|Lics île cet oflicc des criti(iues qui semblent dabord n'être tliic des reproches de détail et de forme, mais qui, au fond, viennent do l'incompatibilité absolue des deux croyances. Par exemple, pourquoi disputent-ils tant Hur l'adnnitinn dans la messe (1) ? Si le Fils de Dieu est réellement présent sous les espèces, comment pouton trouver mauvais ((u'il y soit adoré ? Comment même pourrait-on se dispenser de l'y adorer ? Leur opposition en ce point est une preuve incontestable de leur prévention, du désaccord fondamental de leur doctrine avec les prières et cérémonies de la messe. Il est superflu d'y en ajouter d'autres. La messe n'est donc pas une simple manifestation religieuse, où des croyants de diverses religions puissent indilTéremment prendre part : c'est le sacrifice catlioli(jue par excellence, qui est reproche, et pour Jiinsi dire otfense aux autres religions.

Voilà, ce semble, l'insurmontable antipathie des protestants pour la messe suftisammcnt expliquée. Mais il reste leurs criiitiues de détail, (|ui ne sont p.is aussi étroitement unies à l'acte de foi en lui-même . et ce sont ces criti(|ues qui arrêtaient, comme on le voit, des protestants déjà convertis en principe, et ((ui n'étaient empéclH's (|ue par là de rentrer purement et simplement tians la famille catholique. De là des difficultés (jue Uossuet a jugées assez sérieuses pour \ répondre avec le plus grand soin et avec cette élo- (luence faite de science positive et de conviction, qui n'appartient ((u'à lui.

l) Voir N»- WVI .\.\.\V

vdSs HossuET i:t lk protestantisme

Poui' (.loiiiu'i', par un exLMiipIc, une Icgèi'C idée de l'attenlion (lu'il portait à tout, il commenee, à la demande de son correspondant, ()ar l'explication du mot même de Messe^ et cette explication est décisive.

1/origine du mot est-elle liébraïque, « comme plusieurs docteurs catholiques l'ont prétendu, » ou purement latine ? Bossuet la croit latine, et en rend pai*l'aitement compte (1), en historien, en théologien et en philologue, aussi bien qu'aurait pu le faire le savant Uucangeauciuel nous pouvons renvoyer le lecteur :

(( Le mot de inissa est une autre iiillexiou du mot missio. On a dit missa, congé, renvoi, pour viissio. comme on a dit remissa pour remissio, rémission, pardon; oblata pour oblalio, oblation, etc. »

Au point de vue grammatical et historique, Bossuet n'omet qu'une remar(}ue; à savoir, la propension des gens du premier moyen-àge à transformer en féminins singuliers des mots terminés en a, qui étaient des pluriels neutres, comme /io?x/ea(orge), fulgura (foudre), etc. C'est ainsi qu.'oblata (choses offertes) est devenu un féminin signihant l'offrande ou VOblation (2).

Il serait aisé de relever de nombi-euses preuves de l'exacte et consciencieuse érudition de Bossuet; mais ce n'est pas notre objet : nous n'en parlons (jue pour montrer par un exemple quelle confiance il mérite.

Mais enfin comment ce mot, qui signifiait renvoi ou congéy esL-il devenu le nom du sacrifice? Cela s'explique très bien par les usages de l'Église des premiers temps, qui congédiait à différents moments diverses

(1) PaKCs :3-r.

(-J: Voir Ducaiigc : oulata. païus ad sjcriUciuui oblalus, liusliu iioiiduni conscciala.

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