CHAPITRE IX
difficultés par ses propres décisions, en comptant sur Tassentirnent facile de ceux qui, n'y pouvant pénétrer, se livrent tout d'abord aux docteurs nouveaux, qui affectent de mépriser ces difficultés comme des artifices d'imposteurs 'i
Hossuet n'a donc pas perdu son temps, (juand il a commencé par atténuer le crédit d'un écrivain (}ui ébranle celui de tous les autres. Uetous? je rne trompe: il a, lui aussi, des favoris, mais ce sont ceux que toute l'K^lisc réprouve. S'agit-il de trouver des interprètes de la foi des chrétiens qui méritent d'être lus et pris pour modèles? Ceux (}u'il choisit et recommande sont les socmiens, Crellius, Fauste Socin, et les autres. Voilà des hommes y\\\\ ont su expliiiuer la doctrine clairement et correctemeni. Ou bien c'est un diacre, Ililaire, (jui a dû sa célébrité à une confusion de nom avec saint Ililaire, le célèbre évé<iue de l*oitiers, c'est Grotius, fort savant homme et habile crilicpie, mais entiché des opinions sociniennes; c'est enfin (R. Simon n'hésite pas à le proposer comme mixlele) le fameux hérésiarque Pelage, que le nouveau critique, après tant de siècles et tant de comlanmaiions, remet en honneur aux dépens de saint Augustin, lequel a terrai>sé lui et toute sa secte, aux applaudissements de toute ri'^glise d'Orient et d'Occident.
Tels sont les auteurs ijue R. Simon glorifie : voilà ceux (jui ont compris et exposé la vraie doctrine, la doctrine divine de l'Ancien et du Nouveau Testament; ceux qui ont défendu (ù prodige !), la véritable tradition, faussée j)ar saint Augustin, qui est un insigne novateur, et (jui a propagé îles do4!irines humiimsi^ par ignorance de TMcritun^ siiintc
UUSSURl BT LK l'UUTBSTANTISMF. I*J
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Ii'év('(|ue (le Mcaux demande si on laissera passer de si audacieux paradoxes, (jui ne tendent à rien de moins (lu'à l'abolition complète de la foi de l'Eglise, consacrée l)ai" les écrits des Pères, par les décisions des conciles, par les déclarations du saint Siège. Et puisque R. Simon prétend redresser la tradition faussée par tant de décisions autorisées, il faut voir quelle elle est, venger les Pères, et expliquer à fond la foi constante de l'Église sur les poinis contestés, qui sont les dogmes fondamentaux de la religion.
Ainsi Bossuet se trouve engagé àdc-nner, en forme d'explication contradictoire, une sorte d'exposition des croyances du catholicisme, un cathécliisme raisonné des principaux articles de la foi. Su défense de la Tradition est donc son exposition finale de la doctrine qu'il a expli- (juée et défendue toute sa vie en tant d'occasions différentes; il aurait pu l'intituler justement: Défense du catholicisme contre R. Simon. Et c'est là ce qu'on méconnaît, quand on prétend qu'il n'a pu répondre à ce nouveau critique. Il lui a répondu en confondant les opinions qu'il insinue sur la doctrine du péché originel, de la prédestination et de la grâce, et en montrant que ses critiques ne pèsent rien contre l'autorité constante de l'Église orthodoxe. Est-ce là ce qu'on appelle n'avoir rien répondu? — Mais, pourra-t-on dire, ce sont des démonstrations pour ceux qui croient déjà. — Sans doute, mais ce sont aussi des faits, qui expliquent comment on est arrivé à croire; c'est l'histoire des croyances, c'est l'histoire de dogmes qui se sont affermis d'âge en âge, opposée à la malice des critiques qui voudraient qu'aucune croyance ne demeurât stable, par la raison qu'on y découvre un progrès: sentiment convenable à