XIV INTRODUCTION
It'iir primitive (|iialilr (r<Mir;nils de rKi,^lise; ils sont, ;iii\ vt'ii\ (les \ rais fidèles, toujours des Irères, (jiioi(jii(3 séparés : ipiils rentrent dans la maison de leur pi're, et ils y seronl accueillis comme s'ils ne Tavaienl jamais (initiée, et même avec plus de joie.
Telle est, en ahréi^é, toute la doctrine de Bossnet sur ce sujet de la réunion des protestants : il n'en a pas d'autre que celle-là, et il y conforme tonte sa conduite. Quant à voir en lui un persécuteur, ([ui veut ramener les dissidents p;ir la contrainte ; il faut, pour l'y voir, lui prêter des paroles et des actes (fui ne sont j)as de lui. ('e n'est pas qu'il n'ait, en théorie, comme les protestants eux-mêmes, reconnu chez les princes le droit de contrainte, et qu'en pratique, il n'ait prêté son obéissance, jusqu'à un certain point, au pouvoir au(|uel il reconnaissait le droit de commander. Mais il faut voir comment il adoucit et modère ces lois qu'il est ol)lii,^é de subir, et s'il n'a pas fait ce qui dépendait de lui i)Our corrii^er des ordres ([u'il ne pouvait empêcher ou retrancher. Dans tous les cas, ce n'est pas lui qui a conseillé la rigueur ou (jui Ta employée avec zèle. Ses moyens sont tout autres : c'est la parole et la science, avec la douceur: et telle est l'histoire ([ue nous avons ii exposer, en tenant comj)te des difficultés des temps et des luttes qu'il eut à soutenir pendant toute sa vie, même contre des puissances (ju'il vénérait et dont il partai;eait au fond h's convictions.
CHAIMTUK I.
Paul Ferry.
Réfutation w Cate( hismk i>e l\ Feuiu. — Hm.'). — Bos.suet était â^e de vingt-sept ans, quand >c présenta pour lui la première occabioo d'entrer en controverse au sujet du protestantisnne.
Il remplissait à Metz les fonctions de chanoine de la cathédrale, et déjà depuis plusieurs années e'>trelenait (le fréquentes relations avec les p^ote^lanls, fort nombreux dans ce pays, ils avaient à leur tète un ministre d'un très grand mérite, Paul Ferry, (jui jouissait d'une haute considération dans la province par sa famille, par ses écrits et par son éloquence. C'était un esprit modéré et conciliant, et qui par sa droiture parai^sait apte à ménager queliiucs rapprochements entre les deux communions. Cependant il publia, en l(î.")4, un livre intitulé Catéchisme (jènéral de Ui licfonnatioriy destiné à prouver «luil avait été nécessaire de réformer l'église romaine (1). Cette thèse soutenue par un homme dont IJossuet estimait singulièrement lestaient» et le caractère, et dont l'autorité était <'onsidérable dans \o [)ays messin, fut ce (jui mil au jeune archidiacre la
«l V.urllj^U. /) art Ptii. Pirrt, (. V|, p. 444-447J id. de
beucbul, chez Dcso. . . >. . . tt*;.
2 BOSSUET ET LE rilOTESTANTISMli
plume à la main. 11 sentit qu'il ne pouvait laisser passer cette doctrine sans abandonner en (luehiue sorte l'Eglise catlioliciue dans le passé, et par consèciucnt sans la reconnaître dans le présent pour fautive devant la censure du ministre protestant, puiscpielle se faisait gloire de navoir pas changé depuis ce temps-là. Il entrei)rit donc sur-le-champ une Hcfutation du Catéchisme du sieur Ferry, (lu'il fit paraître à Metz en 1655.
I /objet qu'il se proposait était de montrer (jue 1 auteur du CdU'chismr attribuait à l'Eglise catholique des opinions qu'elle ne reconnaissait pas pour siennei.
« Je me suis ôtoané, dit-il, (|u'un lionim<' (|ui paraît assez retenu, ait traité des matières de ct:tte importance avec si peu de sincérité, ou si peu de connaissance de la doctrine (ju'il entreprend de combattre. Quiconcjue sera un peu instruit de nos sentimens, verra d'abord ifu'il nous attribue beaucoup d'erreurs que nous détestons : et si un<> personne que nos adversaires estiment si sage el si avisée s'emporte à de telles extrêmilés, qu'ils nous pardonnent si nous croyons que tel est sans doute l'esprit de la secte, qui ne pourroit subsister sans cet arlilice. » (1)
C'était bien débuter, ainsi que nous l'avons dit, en défenseur du catholicisme, et entrer dans la controverse non pas en agresseur, mais en homme qui s'acquitte d'un devoij' de conscience en repoussant la calomnie. (,)uelque jeune qu'il fût, Hossuet était si peu poussé par l'humeur guerroyante, qu'il choisit du premier coup la méthode qui ressemble le moins à la polémique. Redoutant pour la charité Paigreui' où la discussion peut entraîner les esprits, au lieu d'argumenter, il adopta la
•1) liefulaliim. Kiilice au discours 'UEnva compl. de Hossucl. éd. L. Vi\('s, l. \in. |i. '.Vol].