RETOUR DES PROTESTANTS A L UNITE
posé de la doctrine catholique par opposition avec les erreurs protestantes, c'est la distinction précise entre ce qui est de foi et de croyance libre, c'est surtout les raisons que nous fournissent, pour nous affermir dans notre soumission à l'Église, les erreurs où sont tombés, en se séparant d'elle, nos frères séparés. Ce que nous apprendrons enfin, c'est, en nous mettant à l'école d'un aussi vaste génie, à ne pas nous laisser imposer par l'irréligion de nos contemporains, et à porter plus fièrement notre nom de catholiques.
Mais pourquoi ne nous serait-il pas permis de viser plus haut, puisqu'aussi bien tout effort de bonne volonté dépasse son but, et sert une phis grande cause que celle où il s'applique, pourvu qu'il entre dans le concert universel des bonnes volontés? Pourquoi ne tenterions-nous pas d'apporter notre humble collaboration, dans la mesure des forces que Dieu nous dispense, au grand œuvre délaissé de la réunion des Eglises et du retour des Protestants à l'unité? C'est aussi bien ce que nous ferons, en nous attachant aux traces de Bossuet, pour donner, si nous osons dire, une suite à la controverse de ce grand homme avec les Protestants de son siècle.
Que la mémoire de Bossuet soit intéressée dans l'étude de ses ouvrages de controverse, c'est ce qui
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frappe le lecteur au premier coup d'œil. Tout le monde admire de conliance l'orateur des Oraisons funèbres et l'historien philosophe du Discours sur l'Histoire universelle ; mais bien peu de personnes apprécient, taule de le connaître, l'historien des Variations et le controversiste de la Défense de l'Histoire des Variations et des Avertissements aux Protestants. Et pourtant, soit par la variété et le nombre des écrits, soit par la somme des recherches qu'ils supposent, soit par la diversité et l'étendue des matières, soit par le souci de l'impartialité, soit par la vigueur de l'expression et la diversité des tons, ses ouvrages de controverse font pour le moins autant d'honneur à Bossuet que ses œuvres plus célèbres et plus communément vantées. C'est grâce à ses écrits de combat qu'il mérita d'être appelé par La Bruyère « le dernier des Pères de l'Église », s'il est vrai que les Pères de l'Église aient mérité ce titre pour avoir été les défenseurs de la tradition contre les nouveautés de l'hérésie.
L'immensité et la durée de son labeur, à ce point de vue, auraient de quoi effrayer nos plus vigoureux ouvriers de la pensée. Bossuet monta de bonne heure au poste de veilleur et de sentinelle de la foi, et il n'en descendit jamais, faisant face en même temps aux erreurs du dehors et aux témérités du dedans. La querelle du quiétisme (1694-1699) et l'affaire des quatre articles (1682), qui, l'une et l'autre, lui donnèrent encore plus de peine que de gloire, ne furent que des épisodes dans l'unité de sa longue