‹ Bossuet et les saints peres, d'apres des documents originaux et inéditsChapitre 12 sur 42 · XXXIII · texte numérisé non relu

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(8) Ibidem.

des Psaumes de David, qu'il dit avoir la gravité du mode dorien : fos potissimwn ad gravitatem Dorici cantas fuisse compositos ; enfin celui de saint Jean Ch)-i/sosto)n(' ii) pour l'ordre des Psaamcs, les plus tristes en premier lieu et les plus joyeux à la fin.

Au chapitre vu' , Df la manière de lire et de compreiidrc h's Psaumes ^ Bossuet pense que saint Augustin a dit excellemment que « les passages clairs satisfont la faim et les passages obscurs préviennent le dégoût (2) » ; que, « si le peuple chrétien ne comprend pas Jjien les Psaumes qu'il chante, il croit que ce qu'il chante est bien (3) », et que « c'est par la foi qu'on arrive à l'intelligence, qui est le fruit la foi (V) )). « Il faut donc chercher par un pieux travail les sens cachés et les goûter plus délicieusement, comme la moelle après avoir brisé l'os : hinc reconditos sensus pio labore quaerat, et quasi medullam fracto nucleo suavius gustet (5). »

Bossuet suit les meilleurs et les plus saints interprètes : parmi les Grecs, Chrf/sostome , Théodoret ; parmi les Latins Ambroise, Augustin, d'autres du même caractère, Jérôme, dont l'autorité est la plus éminente dans la matière et qui n'est pas seulement un continuel interprète , mais encore un guide dans toutes les difficultés de la route, grâce aux Commentaires sur les Psaumes qu'il faut lui attribuer en grande partie : Optimos quosque ac sanctissimos interprètes sequimur ; e Graecis Chrtjsostomum, Theodoretum; e Latinis Ainbrosiiim, Augustiimm, alios ejusdem notae ; certe Hieroni/mum hacinre eminentissimae auctoritatis virum, non modo perpetuum interpretem , ac per aspera quaeque viae ducem damiis , verum etiam ex doctissimis ejus lucubrationibus atque ex ipsis Commentariis in Psalmos , selecttssima quaeque proferimus .

(I) g XXXV.

(-2) . Quam in rem egregie Augustinus : Locis apertis fami. obscuris faslidio occuvritur. »

{:<) ■' Si panim intelligit populus Christianus Psalmos quos cantat. crédit bonum esse quod caillât ».

(4) (iradus inlellectus Odes, fidei fruclus iiiteileitus.

(.-i) § XXXYI.

C'est de rautorité de saint Aiigusi'ui que se couvre Bos-. suet pour excuser les solécisraes que l'on rencontre dans la traduction du texte sacré : « Quem in locum praeclare Augustinus : Qui sunt in stylo dplicatioris faslidii , oo simt infirmiores quo doctiorcs vidr^ri volunt. Bonorumqufi ingeniorum insignis pst indolrs^ in r^rbis verum amaro , non rerha (1). A ce sujet, saint Augustin a très bien dit que ceux qui sont trop délicats et dédaigneux pour le style des Psaumes sont d'autant plus faibles qii'ils veulent paraître plus savants. C'est le caractère remarquable des bons esprits d'aimer dans les paroles le vrai et non pas les paroles. »

Bossuet invoque « Athanaso U' Grand » et sa Lettre à Marcrllin afin de montrer « que les Psaumes sont en harmonie avec tous les usages de la piété pour trois raisons : la première, c'est que les autres livres n'ont qu'un seul sujet, tandis que les Psaumes embrassent tout, l'histoire, la morale, la loi universelle, le Christ, ses gestes et ses mystères;... la seconde, c'est que l'on voit dans les Psaumes la vie humaine tout entière, avec toutes ses vicissitudes d'adversité et de prospérité; la troisième, presque semblable à la seconde , c'est qu'il y a dans le seul David tous les sentiments de lame, adaptés à n'importe quelle fortune. Eum in locum extat magni Athanasii Epistola ad Marcell. , cujus liaec summa est : Psalmos ad omnem pietatis usum esse accommodatos , tribus maxime causis : primum, (juod reliqui libri singulare quoddam argumentum habeant , cum Psalmi omnia complectantur , historiam, mores, legem nniversam, Christ um, ejusque gesta ac mgsteria;... alterum, quod in Psalmis omnem humantmi rifam, omnes casas adversos prosperosque rideres. Ilucacredit terliam, lus f ère conseetaneum : in uno Daride, animi affectas omnes^ ruicu/nque scilicet for/am/e nccommodati. » Saint Athanase enseigne encore d'après un vénérable vieillard, son maître, qu'il y a dans les Psaumes la formule de la prière, du repentir, des transports d'allégresse dans le Seigneur, de la grâce

(I; Dr Doclrin. cln-isl.. Il, 13. -iO.

reçue, perdue, recouvrée dans tous les états, et de la volonté d'accomplir ce qui plaît à Dieu. Haec suadet Athanasius ... in Psabnis formula orandi , poenitfindi , exultandi in Domino, f'tin quocumqup. statu acceptae, amissae, rpcitperatar' (jratiac , ca cxequendi quae Deo plaœant... Hacc fn-p At/ia- 7iasius illc magnus^ quae a spnequodnmriro rpurrabili accppissc sp vpfprt (1).

Bossuet s'inspire de saint Augustin soit pour indiquer la véritable manière de chanter les Psaunips, vera psalmodia px sancto Augustino (2), qui consiste « à bien faire et à se réjouir avec David dans le Seigneur : Is igitur est tiberrimus sanctap psalm,odiap fructus ut bene facientes cum beato Davidp UiPtpmur in Domino », soit pour montrer quel est le meilleur usage à faire de la psalmodie : Optimus psalmodiup usas, expodem Augustino. Les Psaunips ne nous paraissent jamais plus suaves et plus rayonnants d'une lumière divine que lorsque nous voyons en eux la tête et les membres, le Christ et l'Église, soit clairement nommés, soit désignés secrètement : tune Psalmos videri suavissimos ae divinissima lucp perfusos , cum in his eaput et mpmbra, Christum et Ecclesiam,sivp apprtp propalatos^ sirp latpntpr dpsignatos intplligimus.

Bossuet reproduit encore, avant son commentaire, la Préface de saint Jérônw à Sophronius sur les Psaumes d'après le vrai texte hébreu : Sancti Hieronymi presbyteri in Psalmos juxt a hebraicam vpritatpm ad Sophronium Prapfatio.

On voit donc que la célèbre Dissertation sur Ips Psau/nps de Bossuet est toute pleine de la substance et, pour ainsi dire, de la moelle des saints Pères.

Le Commentaire lui-même avec ses cinq livres — liv. P' jusqu'au Psaume XLI ; liv. IP jusqu'au Psaume LXXII ; liv. IIP jusqu'au Psaume LXXXIX; liv. IV° jusqu'au Psaume CVI; liv. V jusqu'au Psaume CL — contient une foule de notes inspirées par saint Jérôme, saint Augustin, saint Chrysos-

(I) Caput Vni, s XL.

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