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ce qu'il prouve aussi à'Athénaf/oms , de Th(''ophile dWnttochc, des autres, qui tous ont tenu, dit-il, le principal et la substance du dogme sans aucune tache ( 1 ) ».
Dans rÉgiise , « on n'a fait les décisions qu'en proposant la foi des siècles passés )>, comme au concile de Chalcédoine, où l'on commença par faire voir que les saints (Jocteio-s avaient toujours entendu l'Incarnation ainsi qu'on le faisait alors et qu'Eutychès avait rejeté la doctrine et les expositions des Pères. Le concile n'approuva la lettre de saint Léon « qu'à cause qu'elle est conforme à saint Athcutase , à saint Hilaire , à saint Basilp, à saint Grégoire de Nazianze, à saint Amhroisp , à saint Chri/sostome , à saint Aur/Kstin , à saint Ci/rille et aux autres que saint Léon avait cités ». La foi était donc parfaite « dès les conciles de Nicée, de Constantinople, d'Éphèse; et si l'on se fût avisé de dire aux Pères ide Chalcédoine, comme fait aujourd'hui votre ministre, qu'avant leur décision elle était informe, ils se seraient récriés contre cette parole téméraire , comme contre un blasphème. C'est pourquoi ils commencent ainsi leur délinition de foi : « Nous renouvelons la foi infaillible de nos Pères, qui se sont assemblés à Nicée, à Constantinople, à Éphèse (2). » — Ce qu'on fit alors à Chalcédoine, on l'avait fait à Éphèse. On commença par y faire voir contre Nestorius que saint Pierre d'Alexandrie , saint At/umase, le Pape saint Jules, le Pape saint Félix et les autres Pères avaient reconnu .lésus-Christ comme Dieu et homme tout ensemble, et par conséquent sa sainte Mère comme étant vraiment Mère de Dieu; en sorte que saint Grégoire de Nazianze n'hésitait pas à anathématiser ceux qui le niaient ; on renouvela la foi du concile de Nicée, comme pleinement suffisante pour expliquer le mystère et on montra que les saints Pères l'avaient entendu comme on faisait à Éphèse; on décida sur ce fondement que saint Ci/rille était défenseur de l'ancienne foi (3). — Il est bien certain que saint
(1) Article XXVIll.
(3) I ' AvcrI.. XXX.
Athanasr , qui était l'oracle de l'Église, avait parlé aussi pleinement de la divinité du Saint-Esprit qu'on fit depuis à Gonstantinoplc ; et il fait voir clairement dans sa lettre, où il expose la foi à l'empereur Jovien, que les Pères de Nicée en avaient parlé de même. Ainsi les Pères de Gonstantinoplc firent profession de n'exposer que la foi ancienne. Par ce moyen on n'innovait rien ; mais on n'avait pas plus innové à Nicée. Saint Athanase a fait voir aux ariens que la foi de ce saint concile était celle dans laquelle les martyrs avaient versé leur sang... Il prouve LyaOrigène même, que les ariens vantent le plus comme un des leurs, avait très bien expliqué la saine doctrine sur l'éternité et la consubstantialité du Fils de Dieu. « C'est cette foi, dit-il, qui a été de tout temps, et c'est pourquoi, continue-t-il, toutes les Églises la suivent... Tout l'univers embrasse la foi catholique et il n'y a qu'un très petit nombre qui la combattent... Pour vous, ô ariens, quels Pères nommerez- vous? » Ce fait de la nouveauté des ariens étant avéré, le même saint Athanase en conclut dans un autre endroit « que leur doctrine n'étant point venue des Pères, et au contraire, qu'ayant été inventée depuis peu , on ne pouvait les ranger qu'au nombre de ceux dont saint Paul prédit « qu'il viendrait dans les derniers temps quelques gens qui abandonneraient la foi en s'attachant à des esprits d'erreur ». Dès qu'Arius parut, Alexandre (V Alexandrie , son évêque, lui reprocha la nouveauté de sa doctrine et le chassa de l'Église comme un inventeur de fables intpertinenles , reconnaissant hautement « qu'il n'y avait qu'une seule Église catholique et apostolique , que tout le monde ensemble n'était pas capable de vaincre, quand il se réunirait pour la combattre »... On disait aux Eutychiens : (1) « Le Pape Léon croit ainsi; Cyrille croyait de même : c'est la foi qui ne clianfje pas , qui demeure toujours ». Il n'y a donc point de variations... On en disait autant à Éphèse aux Nestoriens... On en dit autant à Nicée contre Arius et les siens... Lorsque les hérésies se
(I) {"Avertis.. XXXI.
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sont élevées (1). il n'a jamais pu être douteux quel parti l'Église avait à prendre, personne ne pouvant douter raisonnablement, comme dit Vincent do Lé tins qu'on ne dût préférer u l'antiquité à la nouveauté et l'universalité aux opinions particulières ».
Pour renverser « ce fondement inébranlable de l'antiquité de la foi et de l'innovation des hérétiques (2) », Jurieu apporte comme un exemple de variations la doctrine du péché originel et de la g-ràce; mais, répond Bossuet (3), c'est précisément sur cet article que saint Augustin, qu'il a cité comme favorable à sa prétention , lui dira que la foi chrétienne et l'Église catholique n'ont jamais varié : « En effet, on ne peut nier que , lorsque Pelage et Célestius sont venus troubler l'Église sur cette matière » , leurs profanes nouveautés n'aient fait horreur par toute la terre, comme parle saint Augustin i4), à toutes les oreilles catholiques », et cela « autant en Orient qu'en Occident, comme dit le même Père (5) ». Les hérétiques étaient contraints d'avouer, comme le rapporte saint Augustin , premièrement qu' « un dogme populaire prévalait, que l'Eglise avait perdu la raison et que la folie y avait pris le dessus, ce qui était, ajoutaient-ils, la marque de la lîn du monde i6) ». Aussi n'euton pas de peine à les convaincre de s'être opposés à la doctrine des Pères. Saint Augustin leur en a produit des passages , où la foi de l'Église se trouve aussi claire avant la dispute des pélagiens qu'elle l'a été depuis; d'où ce grand homme concluait très bien qu'il n'y avait jamais eu de variations sur ces articles, puisqu'il était bien constant que ces saints docteurs n'avaient fait rien autre chose que « de conserver dans l'Eglise ce qu'ils y avaient trouvé , d'enseigner ce qu'ils y avaient appris et de laisser à leurs enfants ce qu'ils avaient reçu de leurs pères (7). »