‹ Bossuet et les saints peres, d'apres des documents originaux et inéditsChapitre 21 sur 42 · XXXIV · texte numérisé non relu

XXXIV

(4) Dr fjCSi. Pelai/.. 11. i-2.

(:i) Lib. IV ad lionif., c. viii.

(0) Oy>. impvr. conl. JuL. lit). I, cap. xii. (") Lib. II conl. JuL, c. X, n. 3't.

Si Ton demande maintenant (1) « comment donc il sera vrai de dire que l'Église a profité par les hérésies » , saint Aiff/iis/in répondra pour nous « que chaque hérésie introduit dans FÉgiise de nouveaux doutes, contre lesquels on défend l'Écriture sainte avec plus de soin et d'exactitude que si on n'y était pas forcé par une telle nécessité (2) ». Le célèbre Vincent de Lérins prendra aussi en main notre cause, en disant (3) que « le profit de la religion consiste à profiter dans la foi et non pas à la changer, qu'on peut y ajouter i'intellig'ence , la science, la sag'csse », et ce qui tranche en un mot toute cette question, « que les dogmes peuvent recevoir avec le temps la lumière, l'évidence, la distinction, mais qu'ils conservent toujours la plénitude, l'intégrité, la propriété ». — Que si l'on nous demande en quoi donc ont profité à l'Eglise les nouvelles décisions, le même docteur répondra que « les décisions des conciles n'ont fait autre chose que de donner par écrit à la postérité ce que les anciens avaient cru par la seule tradition ; que de renfermer en peu de mots le principe et la substance de la foi, et souvent, pour faciliter l'intelligence , d'exprimer par quelque terme nouveau, mais propre et précis, la doctrine qui n'avait jamais été nouvelle, en sorte qu'en disant quelquefois des choses d'une manière nouvelle, on ne dit néanmoinsjamais de nouvelles choses : Ut cum d/cas novr, non dicas tiova... L'Église n'enseigne jamais des choses nouvelles (4), et, au contraire, elle confond tous leshéréticjues en leur faisant voir que leur doctrine est nouvelle. C'est la méthode de tous les Pères, et Vincent de Lérins , qui l'a si bien expliquée , n'a fait au fond que répéter ce que TertiUlien, saint Athanase , saint Augustin et les autres avaient dit aux hérétiques de leur temps et par des volumes entiers. Je ne veux ici rapporter que ce peu de mots de SRint Athanase : « La foi de l'Église catholique est celle

(1) i" Avertis., XXXV.

{i} Lettres 6 et 7; de Dono per., c. xx.

(3) Corn. I.

(4) 1" Avert., XXXvn.

que Jésus-Christ a donnée, que les Apôtres ont publiée, que les PfTPs ont conservée : l'Eglise est fondée sur cette foi, et celui qui s'en éloiene n'est pas chrétien »... Quand nous parlons des sain/ s Pores ^ nous parlons de leur consentement et de leur vinanimité. Si quelques-uns ont eu quelque chose de particulier dans leurs sentiments, ou dans leurs expressions, tout cela s'est évanoui et n"a pas fait tige dans l'Église : ce n'était pas là ce qu'ils y avaient appris , ni ce qu'ils avaient tiré de la racine... On fera donc toujours à une secte nouvelle, avec Viiueuf de Lrrins , ce reproche de saint Paul : « Est-ce de vous qu'est venue la parole de Dieu? ou bien n'est-elle venue qu'à vous seuls (1)? » Ou, pour parler avec saint A/hanasr, on dira aux jfidèles : « Distinguez la multitude qui défend l'héritage de ses Pères d'avec la multitude qui est éprise de la nouveauté. »

Après cette savante et triomphante réplique aux accusations téméraires de Jurieu contre les Pères des trois premiers siècles de l'Église, au sujet de la prétendue variabilité de leur doctrine, Bossuet fait voir (2i que, d'après Jurieu, les sociniens sont, non seulement chrétiens, mais encore catholiques, et que ce nom, autrefois si précieux et si cher aux orthodoxes, est prodigué jusqu'aux ennemis de la divinité du Fils de Dieu. « Je ne m'étonne donc pas. ajoutet-il (3), si ces hérétiques triomphent, ni s'ils inondent de leurs écrits artificieux toute la face de la terre... Défiezvous, mes chers Frères (i), de ces dangereux esprits, de ces hardis novateurs, en un mot des sociniens, qui bientôt, si on les écoutait, ne laisseraient rien d'entier dans la religion chrétienne. »

Le Deuxième Avertissement , la Ré fur me convaincue cV erreur et (V impiété par ce ministre, et le Troisième Avertissement, Le salut dans V Eglise romaine selon ce ministre. Le fanalisme élalfli dans la l{éforn}(' par les ministres

II) I Cor. XIV., :«;.

(i) \" Albert., \LI.

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