‹ Bossuet et les saints peres, d'apres des documents originaux et inéditsChapitre 26 sur 42 · XXXIV · texte numérisé non relu

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(3) Bossuet, p. '230.

(4) « Je ne prétends pas disputer, dit-il. qu'il ne puisse y avoir d'autre forme de

peuples doivent être gouvernés par des monarques plus ou moins absolus. Mais il ne veut à aucim prix du principe général de Jurieu : la souveraineté réside dans le peuple comme dans sa source , et il est le maître d'en conférer ou d'en ôter l'exercice au gré de sa volonté.

Le Sixième et derijiei' Avertissejiient , V Antiquité éclairci e su/' r immutabilité (le Vêtre divin et sur V égalité des trois jjersonnes. Vétat présent des controverses et de la religion protestante [i] , parut en 1691. C'est le plus important de tous à cause des questions qui y sont traitées, à cause de l'étendue que Bossuet a donnée à leur développement, à cause surtout de la force et de la vigueur de ses raisons.

Des trois parties de ce magnifique ouvrage de controverse, les deux dernières : Que h' ministre ne peut se défendre d'apjprouver la tolérance universelle et Etat présent des controverses et de la religion protestante ^ n'ont qu'un rapport fort éloigné avec les saints Pères, Aussi bien Bossuet n'en parle-t-il presque pas. « S'il lisait les anciens docteurs, dit-il à propos de .lurieu (2), avec un autre esprit que celui de contention et de dispute, il aurait vu dans saint Athanase , dans saint Augustin , dans tous les Pères , et dès le commencement de l'arianisme, dans saint yl/(?j:awdre d'Ale.randrie , les relations, les propriétés, les notions et les caractères particuliers des personnes divines. » Athénagore et saint Irénée (3) ont avec raison « opposé les hommes qui ont été faits au Verbe dont la coexistence est éternelle ». « Pour ce qui regarde Tertullien , quand il lui serait échappé d'employer une fois ou deux le mot de faire , au lieu de celui <ï engendrer {k), il faudrait mettre cette négligence parmi celles que saint Athanase a remarquées dans les écrits de quelques anciens (5) , « où une bonne intention supplée à une expression trop simple » et trop

gouvernement, ni même examiner si le gouvernement monarchique est le meilleur... »

H) Contre la sixième, sc|)lième et liuitième lettres du Tableau de M. Jurieu.

(2)f;xiii.

(3) Iren. lib. II, c. lxmi.

(4) Il s'agit du Père engendranl le Verbe, mais ne le créant pas. (.';) Oral. :\ et 4.

peu précautionnée. Car au reste, TertuUien, dans le livre le plus suspect, qui est celui Contre Hermogène, a bien montré qu'à Texemple des (uilrcs Pitres , il exceptait le Fils de Dieu du nombre des choses faites , comme celui par qui tout était fait; et il ne dit pas absolument dans son livre contre Praxéas ce que le ministre lui a fait dire , que Dieu a fait son Fils et son Verbe » . — Bossuet défend encore [Troisième parlie , LXX) les Peines « des quatrième et cinquième siècles, les derniers de la pureté de l'Église », d'après Jurieu , qui néanmoins prétend nous faire trouver en eux le règne de l'idolâtrie antichrétienne et même l'Antéchrist dans la personne de saint Léon, Il défend aussi les Pères des conciles de Nicée, d'Éphèse, de Chalcédoine, contre les attaques de Jurieu. Il montre (li que saint .1^/- (/ustin a « très bien répondu, en plusieurs de ses ouvrages », à ce principe des sociniens (( qu'on ne peut nous obliger à croire ce que nous ne connaissons pas clairement, et qu'il a persuadé tout le monde, excepté les sociniens et M. Basnage ». Ce dernier prétend que « saint Augustin réfute ce principe de la manière la plus pitoyable ». C'était peu de dire la plus faible, ou s'il voulait la plus fausse ; pour insulter plus hautement à saint Augustin, il fallait dire la plus pitoyable; et' cela sans alléguer la moindre preuve, sans se mettre du moins en peine de dire mieux que saint Augustin, ni de détruire un principe dont il sait que les sociniens aussi bien que les manichéens font leur appui. Il leur a voulu faire le plaisir de leur donner gain de cause contre saint Augustin, et persuader à tout le monde qu'un docteur si éclairé est demeuré court en attaquant le principe qui fait tout le principe de leur hérésie ». — « M. Claude, dit encore Bossuet f2) , toujours prêt à défendre la mémoire « du docteur des docteurs », M. Claude ne craint pas d'assurer que « saint Augustin flétrit sa mémoire, lorsqu'il soutint qu'il fallait persécuter les hérétiques et les contraindre à la foi orthodoxe, ou bien les exterminer », ce qui est,

(1) •;■= Averl., LXXII.

(-2) 6" Averl., LXX XIX.

poursuit ce ministre , un sentiment fort terrible et fort inhumain )). Saint Augustin ne proposait pas les derniers supplices, et s'il voulait qu'on exterminât les donatistes, ce n'était que par les moyens que M. Jurieu approuve à présent. Si donc c'est le sentiment des principaux docteurs de la Réforme que saint Augustin a flétri sa mémoire par cette doctrine, les tolérants concluent de même que M. Jurieu se déshonore en conseillant des rigueurs qu'il avait autrefois condamnées. » — Bossuet défend aussi (1) saint Jn'ômf% accusé par Luther d'avoir voulu abolir le terme consubstantiel. « C'est imposer à saint Jérôme; c'est mentir à la face du soleil que de parler de cette sorte, à moins de vouloir compter parmi les plus excellents hommes de l'Église les ariens et les demi-ariens, qui seuls se sont opposés au consubstantiel de iSicée. »

Mais c'est surtout dans la PrcinU'rf' partie du Sixième Avertissement, que Bossuet se montre encore une fois le champion invincible des Pères du deuxième, du troisième et même du quatrième siècle , accusés par Jurieu de grandes et notables variations dans la foi, à propos de l'immutabilité de Dieu, de la Trinité et de l'Incarnation, « ce qui est un coup de foudre, qui réduit à néant l'argument tiré » contre les protestants de leurs variations. Il établit « que le ministre renverse ses propres principes et le fondement de la foi par les variations qu'il introduit dans l'ancienne Église {•2) ».

« Que de redites importunes! dira M. Jurieu. Il est vrai, ce sont des redites. J'ai relevé toutes les erreurs de M. Jurieu dans mon premier Avertissement; mais je ne vois pas qu'on puisse, sans les répéter, lui faire voir qu'il songe seulement à y faire la moindre réponse dans l'ouvrage qu'il vient de donner pour sa défense... Pourquoi donc se tait-il sur tous ces points, si ce n'est qu'il évite encore autant qu'il peut iM. de Meaux?... Il ne s'attache qu'à la Trinité, et il espère se sauver mieux parmi les ténèbres d'un mystère

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