‹ Bossuet et les saints peres, d'apres des documents originaux et inéditsChapitre 39 sur 42 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

rages.

L'ascétisme de Bossuet s'affirma de bonne lieuro dans sa méditation sur la brièveté de la vie, 1648, et dans son Panégyrique de suinte Thérèse, 16.57. — On le trouve surtout dans ses treize Sermons de Vêture, dans les Sermons à Jouarre en 1662, 166i, à Meaux en 1669, dans divers couvents à Paris, à Torcy, etc. — Il suivait en cela la « pratique de saint Augustin ». 11 voulait être « comme un saint Ambroise » , et il prenait l'esprit de piété dans les œuvres des Pères. — Sa charité, son esprit de pauvreté, son humilité, son oubli du bien-être, son amour pour les prières de la nuit, ses héro'iques vertus, ont été signalés par S(Pur Cornuau.

Dans les œuvres ascétiques de Bossuet respire l'esprit des Pères, de saint Augustin, de saint Bernard, de sainte Thérèse, dont il disait « qu'il était en tout et partout de son sentiment » , et de saint François de Sales, dont il avait « appris les règles de la conduite des âmes » , douceur et charité immense. 11 cite peu les mystiques modernes , les anciens Pères de l'Église : il a « sa règle dans l'Écriture » 261

ARTICLE P'

Les saints Pères et les Instructions aux Ursulines et airx Visitandines de Meaiix (l(>8."i-U)8G).

Il y a six Instructions dont les Ursulines ont pieusement conservé le sens, sinon la lettre, et deux résumés de discours faits à la Visitation. On n'y trouve qu'un texte « d'un grave auteur » et un passage inspiré par les Confessions de saint Augustin 227

ARTICLE II

Les saints Pères et les Opuscules de piété de Bossuet.

L'éloquent et dramatique Discours sur la vie cachée en Dieu, 1692, ne contient qu'un passage tiré de saint Augustin. — Les Réflexions sur quelques paroles de Jésus-Christ parlent de saint François de Sales. — Les 19 opuscules suivants ne renferment qu'une seule citation de saint Augustin. — Il y en a plusieurs dans le 22^ opuscule, et le 24® est prescjne entièrement rempli de commentaires des Pères sur le Cantique des Cantiques (saint Bernard, Origène, saint Grégoire de Nazianze, Richard de Saint-Victor, saint Augustin , saint Macaire, Denis le Chartreux, saint Ignace , martyr) 273

ARTICLE III Les saints Pères et les Poésies sacrées de Bossuet. S'il traduisit quelques pages de la Bible en vers français, ce fut afin de

rages.

prouver, « comme ont fait les saints Pères », son afleclion pour l'Écriture. — D'ailleurs, il ne voulait qu'édifier et « consoler » d'excellentes religieuses. M™" d'Alljert, M'"« de Luynes, sreur Cornuau, auxquelles il défendait de parler de ses vers. — Il n'avait aucune « illusion sur ses talents poétiques », et ne se tiait pas même à son jugement sur la poésie. — Ses vers sont médiocres ou mauvais : seule, l'intention est louable.

Dans le saint Aiiiour ou endroits choisis du Cantique des Cantiques avec des réflexions morales, il s'inspire d'Origène, de saint Jérôme, de Théodoret, de saint Ambroise, de saint Thomas d'Aquin, de Louis de Léon, de saint Augustin, auquel il consacre toute une strophe, de saint Grégoire et de saint Bernard. — C'est de la Bible plutôt que des Pères qu'il se sert dans la Traduction poétique de quelques Psaumes. 28:^

ARTICLE IV

Les saints Pères et le Traité de la Concupiscence.

Ce Traité, composé après 1G92, après la Satire de Boileau contre les Femmes, et dont le titre ne vient pas de Bossuet, est un commentaire de trois versets de la première Épitrc de saint Jean : « N'aimez pas le monde, etc. » — Bossuet est là tout entier, avec son grand style, son génie, sa science patrologique, grâce à laquelle il fait autre chose « que traduire le dixième livre de.s Confessions de saint Augu.stin », et commente les ouvrages de ce Père plus et mieux que jamais. — C'est un de ses plus admirables chefs-d'œuvre 291

ARTICLE V

Les saints Pères et les Lettres de direction de Bossuet.

Quoiqu'il eût « bien autre chose à faire » qu'à diriger des consciences, Bossuet s'en occupa à Metz, où il était supérieur de la Maison de la Propagation de la Foi et où il écrivait quatre admirables Lettres de spiritualité; à Paris, où il faisait des Conférences « d'une beauté enchantée » chez les Carmélites et à l'hôtel de Longueville; où il convertissait Turcnne et ses neveux, dirigeait ou confessait la duchesse d'Orléans, M™^ de La Vallière, M^»" de Montespan, La Rochefoucauld, le maréchal de Bellefonds, le grand Condé, Louis XIV lui-môme. — Il aimait les âmes en Dieu et pour Dieu, et quoi qu'en ait dit M. Lanson, au lieu de s'en tenir anx règles générales, « aux genres, aux espèces », sans descendre aux particularités, il entrait parfaitement « dans la nature intime » du roi, de M™° de La Vallière.

Les 7 à 800 Lettres de direction (jui nous restent de lui témoignent qu'il les écrivait u selon les besoins » des âmes et leurs « états de peines ». — S'il y cite moins les Pères que l'Kcriturc, il ne perd jamais de vue la doctrine de saint François de Sahrs, de sainte Thérèse, des anciens docteurs, de saint Augustin, di; saint Antoine, de Cassien, de saint Bernard, de saint Ililarion , de sainte Catlnuine de Gènes, de saint

Pages.

Martin de Tours, de sainte Gertriide. de sainte Catlierine de Sienne, du Père Saint-Jure, du Bienheureux Jean de la Croix et des VU's des saints. — Il a été « un grand inaitre de la vie intérieure « 3)1

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