‹ Bossuet et Louis XIV, 1662-1704Chapitre 2 sur 13 · GRAND ESPRIT, NI UN TRES GRAND CARACTERE · texte numérisé non relu

GRAND ESPRIT, NI UN TRES GRAND CARACTERE

I. Numéro du 24 janvier 191 4, P- 61, à propos d'une publication récente.

Il n'est donc pas hors de propos de voir, textes en main, quelles ont été durant quarante ans, de 1662 à 1704, les relations de Bossuet et de Louis XIV. Il faut ressusciter pour ainsi dire ces deux hommes, les placer en face l'un de l'autre, juger enfin en pleine connaissance de cause, — non pas le roi, qui n'est point sur la sellette, — mais le prêtre, l'évêque, qui serait bien coupable, bien méprisable, s'il avait flatté Louis XIV, alors qu'il avait le devoir de se dresser devant ce nouveau David comme un nouveau Nathan, de parler à cet autre Théodose comme un autre Saint Ambroise. Une étude attentive et impartiale des faits et gestes de Bossuet, de ses paroles et de ses écrits, nous amènera, je l'espère, à mettre les choses au point, et à montrer avec la dernière évidence quel a été le rôle de Bossuet vis-à-vis de Louis XIV, d'abord comme prédicateur, en second lieu comme précepteur et prélat de cour, et finalement comme évêque de Meaux et comme conseiller d'État.

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