‹ Bossuet (volume 2)Chapitre 2 sur 19 · VIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VIII AVANT-PROPOS

ne peuvent se créer, comme elles s'abolissent, en un jour, et Ton commence à sentir que le temps contribue à l'organisation du corps politique et social; on commence ;i tenir compte de ce qu'on appelait jadis la coutume et la tradition : on a fait l'épreuve de la fragilité des constitutions, et l'on se dit qu'il ne s'agit pas de réformer, de reviser, de légiférer sans cesse; que ce qu'il faut régler, c'est l'esprit public;que toutes les lois sontbonnes, s'il est bon, et que toute la force d'un Etat et d'un gouvernement est dans le dévouement des magistrats au peuple, dans rattachement du peuple aux lois, c'est-à-dire dans le concours des bonnes volontés pour le bien public.

La morale détachée de tout principe religieux ou métaphysique est apparue comme une sottise. Nulle morale ne peut se fonder sur l'intérêt et le plaisir; nul devoir ne peut se fonder sur l'observation et l'expérience : elles peuvent nous dire ce qui est; mais pourquoi ce qui est s'imposerait-il à ma volonté comme devant être ? Elles ne peuvent à elles seules pas-

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