‹ Bossuet, historien du protestantismeChapitre 132 sur 327 · Montet, Hist. litt. des Vaudois, p · texte numérisé non relu

Montet, Hist. litt. des Vaudois, p

3. Montet, Hist. litt. des Vaudois, p. 41-46, 49-50 : « Si nous voyons la présence réelle et la Transsubstantiation rejetées par 1rs Vaudois, c'est dans une glose du Pater contenue dans des manuscrits (d'écrits vaudois) du seizième et du dix-septième siècle. » Et il en est de même sur le poiut de la Satisfaction dans la Pénitence (qui se rattache à la théorie de la Justification). — Cf. Co.mba, art. cité : « Leurs croyances se meuvent encore dans l'orbite de la tradition catholique, sans même s'inspirer spécialement delà réaction auguslinienne... » (Cf. plus haut, p. 219, n. 3). — Les traductions du Nouveau Testament en usage chez les Vaudois ne paraissent pas jusqu'à présent s'être distinguées des traductions en

• usage chez les catholiques (voy. Montet, Rev. de l'Hist. des Religions, t. XIX, 1889, p. 203 sqq.; S. Berger, Les Bibles provençales et vaudoises, dans la Romania, t. XIII, p. 388-399 :« Comme toutes les autres Bibles en langue vulgaire, la Bible vaudoise est parfaitement orthodoxe. »)

4. Montet, article cité, p. 215 : « L'importance réformatrice du mouvement vaudois a été singulièrement exagérée... Sans doute Waldez fut poussé par un

Sur cette question des origines, du caractère primitif et des développements ultérieurs de la secte vaudoise, les auteurs les plus modernes ne font donc que reprendre, en les exprimant avec plus d'assurance et en les complétant à l'aide de documents nouveaux, les idées que Bossuet a eu le mérite d'énoncer, le premier, avec netteté, de coordonner avec rigueur et de démontrer aussi abondamment que le permettaient les textes d'alors.

Sans avoir aujourd'hui encore le même intérêt de nouveauté, la partie du dixième livre que Bossuet consacre à l'appréciation des troubles intérieurs de la France sous le règne de François II et pendant la minorité de Charles IX, est également propre à faire voir comment il renouvelle les matières qu'il traite par l'attention exacte et judicieuse avec laquelle il les étudie aux sources mêmes.

« Sous les forts règnes de François Ier et d'Henri II, les Réformés étaient restés soumis \ » La faiblesse de François II, les encouragements secrets d'Elisabeth leur donnèrent de l'audace, et « ce feu longtemps caché éclata enfin dans la conjuration d'Amboise. » Mais ce ne fut que le prélude. « Durant la minorité de Charles IX, la révolte parut tout entière » et la première guerre civile éclata. Ces deux entreprises sont l'une comme l'autre imputables au protestantisme ; elles ont été inspirées,

désir de connaître la Bible, désir qui contenait en germe le protestantisme; sans doute, tels principes furent plus ou moins ouvertement avancés dans la secte, d'où le christianisme réformé pouvait sortir. Mais quelles sont les hérésies et les sectes, quels sont les partis qui ne renferment pas à l'état latent les germes de révolutions futures...? Le parti vaudois, bien loin d'avoir préparé la Réformation, fut littéralement englobé par elle. » Montet, Hist. litt. des Vaudois, p. 177- 182 : « La doctrine protestante était en fait uae nouveauté pour les Vaudois, avec les traditions dogmatiques, morales et ecclésiastiques desquels elle se trouvait en contradiction. » Cf. ibid., p. 242. 1. L. X, nos xxiv et l.

toutes deux, par le fanatisme des Réformés, dirigées par leurs chefs politiques, autorisées par leurs chefs religieux. Telle est, en résumé, la thèse que Bossuet se propose de soutenir.

Et d'abord, la conjuration d'Amboise a été faite par maxime de conscience ' : « Bèze et La Popelinière l'avouent, de Thou le confirme. » C'est en vain qu'on voulut alléguer le prétexte du « bien public ». Tout prouve le contraire.

Ceci, d'abord, que le complot fut décidé à l'occasion des exécutions de «• quelques-uns du parti » et surtout de la mort d'Anne du Bourg- : l'ordre même dans lequel Bèze rapporte la suite des faits, à cette date, le fait voir clairement2.

Secondement, « ce fut sur l'avis des docteurs 3 » que l'on se décida d'agir, et que le prince de Condé se crut permis d'accepter la direction du complot. » C'est Bèze encore qui nous l'apprend, et de Thou ajoute que les « théologiens » consultés étaient protestants. Quant aux « jurisconsultes » , on n'en a jamais pu nommer un qui fût catholique.

« Une troisième démonstration 4, c'est que ces princes du sang- », dont la participation avait été jugée indispensable par les docteurs du parti pour légitimer le soulèvement, se réduisirent en fin de compte au seul prince de Condé, « protestant déclaré ». « Le dessein de la Réforme » était d'être « maîtresse de l'entreprise ».

La quatrième « conviction5 » que Bossuet relève contre les Réformés consiste en ce que « cette plus saine partie des Etats » du royaume, dont les docteurs avaient aussi demandé le concours, appartenait presque tout entière à la religion nouvelle.

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