Mémoire, p
2. Bossuet sentait aussi la nécessité de revenir, pour y faire la lumière complète, sur cette question de l'hérésie albigeoise qu'il avait déjà si soigneusement éclaircie, et où cependant Basnage, nous l'avons vu, ne cédait pas un pouce de terrain, tout au contraire. « M. Basnage, dit-il, a pris sur cette histoire le ton de vainqueur, mais il lui faudra bientôt déposer cet air superbe. » Mais il voulait sans doute apporter cette fois des documents décisifs, originaux, indéniables. Les réponses de ses adversaires, de Basnage, d'Alli.x, lui apprirent l'existence de ceux qui existaient à Nîmes dans la bibliothèque de Graverol (voy. plus haut, p. 383 et 412, et notes); et nous voyons par une lettre que lui adresse, le 19 novembre 1693, Pierre de La Broue, évêque de Mirepoix (Éffit. Lâchât, t. XXVI, p. 470) qu'il tâchait de se les procurer. 11 est probable que, la mort de Graverol, survenue en 1694, et surtout l'utilisation de ces documents par des auteurs protestants, l'empêchèrent de donner suite à ce dessein. Le Journal des Savants de 1704 (p. 568-569) assurait cependant que ces « nouvelles recherches dont nous savons, dit l'auteur de l'article', qu'il devait appuyer et enrichir ses découvertes sur l'histoire particulière dis /Mbigeois et des Vaudois » se trouveraient « sans doute dans ses papiers. » Les liasses de Meau.x (cf. p. 152 et notes) ne contiennent rien de pareil.
ne se contente pas de renvoyer à Théodore de Bèze, à La Popelinière, au président De Thou, aux endroits déjà cités dans le dixième livre de YHistoire des Variations. Il revoit ces auteurs, il en tire d'autres preuves, et, de plus, il recourt à des sources nouvelles. Quelquesuns des historiens que nous nous sommes étonnés de ne pas voir employés dans YHistoire des Variations , — soit que Bossuet les eût volontairement négligés, soit qu'il en eût ignoré l'importance1, — paraissent dans la Défense. Il semble ici recourir directement à Brantôme, que, précédemment, il citait d'après Bayle. Il consulte à présent deux auteurs à qui ses adversaires faisaient de fréquents emprunts : Michel de Castelnau et son éditeur, Le Laboureur2. Basnage, en particulier, s'était servi par deux fois de Castelnau sur la Conjuration d'Amboise ; Bossuet profite de cet exemple ; il étudie à son tour Castelnau et le déclare « digne en effet de toute croyance par son désintéressement et son grand sens. » La Défense des Variations n'est pas, on le voit, une répétition pure et simple, sur un autre ton, de YHistoire des Variations : elle en est la continuation sur des matériaux plus nombreux. Et touchant les premiers troubles du règne de François II et de la minorité de Charles IX3, ce supplé-