‹ Bossuet, historien du protestantismeChapitre 28 sur 327 · CHAPITRE l'IVK.MIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE l'IVK.MIER

part, pouvait-on dire que, depuis 1543, époque où Paul Ferry reconnaissait que le salut était encore possible dans l'Eglise romaine, les catholiques eussent varié dans la foi?» Yoilà les deux seuls points que Bossuet discute1, négligeant avec raison la réfutation détaillée des opinions dogmatiques de Ferry. — C'est déjà, on le voit, la question de la perpétuité et la question de l'Eglise.

Il est vrai qu'entre ce premier ouvrage de controverse et le suivant, qui fut Y Exposition , quinze années s'écoulèrent; il est vrai aussi que, pendant cinq ans environ à partir de 1659, Bossuet parut laisser de côté l'œuvre de la conversion des protestants. C'est l'époque où, instruit, de sa vocation oratoire par ses succès dans les chaires de Metz, de Dijon et de Paris, il se livre presque sans partage à la prédication2. Dans les séjours prolongés que, depuis 1659, il fait à Paris chaque année, on peut croire que la préparation de ses discours, dont alors il soigne attentivement la rédaction écrite, l'étude des Pères, dont il se pénètre, l'absorbent tout entier; et sans doute aussi une autre étude, plus importante encore pour le ministre de la parole sacrée : l'étude du monde, d'un monde nouveau pour lui, que sa jeune sagesse de chrétien observe avec curiosité pour se mettre mieux en mesure de le démasquer et de l'instruire.

Dès 1665, du reste, on peut constater que ses efforts se tournent de nouveau du côté du protestantisme. C'est sur ses instructions orales et écrites, que Dangeau en 1665, Turenne en 1668, le comte de Lorge l'an d'après, se réunissent à l'Eglise romaine 3. Bossuet suit en même temps, à Notre-Dame, avec assiduité, les conférences de controverse instituées par l'archevêque de Paris, Péréfixe1. En 1666, il entame avec Paul Ferry une correspon-

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