PREFACE. VII
servir heureusement dans YHistoire des Variations des Églises protestantes.
Mais en définitive le meilleur moyen de prouver que Bossuet put être un historien est encore de prouver qu'il le fut. C'est ce que j'ai essayé de faire en étudiant de près Y Histoire des Variations. Non pas, on le comprend, dans sa totalité. Toute la théologie qu'elle contient m'était interdite, et j'ai dû respecter, non sans quelque regret, je l'avoue, les limites que m'imposaient mon incompétence et le caractère de cette étude. Mais, — même en mettant à part toutes les matières de métaphysique religieuse et de mysticité, dans lesquelles il m'eût été impossible de juger le jugement de Bossuet sans donner la préférence à telle ou telle interprétation des textes bibliques sur lesquels repose la dispute, — même ce départ uue fois établi, une ample matière me restait encore. Les développements d'histoire proprement dite, susceptibles d'être explorés et appréciés à l'aide des procédés de la simple critique historique, sont nombreux dans l'ouvrage de Bossuet1. Et sur tous ces sujets, j'ai dû examiner, — d'abord, — quels documents l'auteur des Variations a réunis et de quelle façon il s'en est servi 2, — ensuite, quelles critiques lui ont été adressées de son temps ou pourraient lui être adressées du nôtre3. Or, soit en refaisant après Bossuet le travail d'enquête et de composition qu'il a fait, soit en comparant les résultats, obtenus par lui, avec ceux où les savants modernes, à la fois plus impartiaux et mieux informés qu'il ne pouvait être, sont arrivés sur les mêmes sujets4, il m'a paru que le mérite historique de l'œuvre de Bossuet ressortait évidemment de ce double examen. Non pas, sans doute, qu'à mon avis il faille placer Bossuet, à cause de ce livre, au niveau des historiens les plus éminents. On n'est pas impunément, comme il le fut, un homme presque universel. Une activité aussi dispersée que la sienne ne peut obtenir en tout et partout la peifectiou suprême, et il y a des sommets, dans chaque genre