XXVI. — Suite de la doctrine de ce livre
Si on demande combien cet acte peut durer, on répondra selon ce principe « qu'il durerait naturellement toute la vie, puisque l'homme s'étant donné à Dieu dans le commencement de la vie, afin qu'il fît de lui et en lui tout ce qu'il voudrait, il donna dès lors un consentement actif et généralpour tout ce que Dieu ferait » : d'où l'on conclut « que dans la suite il suffit qu'il donne un consentement passif, afin qu'il ait une pleine et entière liberté ». Qu'on explique comme on voudra ce consentement passif, dont nous aurons à parler ailleurs; toujours bien certainement ce n'est pas une réitération d'un acte qui subsiste de soi : c'est pourquoi aussi elle assure : « Lorsqu'on a facilité de faire des actes distincts, que c'est une marque que l'on s'était détourné », mais qu'au reste naturellement on ne renouvelle pas Vacte direct une fois produit, à moins qu'on l'ait révoqué comme disait Falconi : qui est ici ce qu'on appelle se détourner. L'acte donc subsiste toujours ; et à moins qu'on ne se détourne, il y a « un acte toujours subsistant, qui est un doux enfoncement en Dieu ».
On n'a donc qu'à s'y enfoncer une fois ; il ne faut plus après cela que laisser subsister son acte, sans se mettre en peine de le renouveler jamais ; et plus on aura de facilité à se passer de ce renouvellement, que la pratique et la doctrine de tous les saints nous montrent si nécessaire, plus on sera assuré qu'on ne s'est point détourné de sa voie, ce qui est précisément la doctrine réprouvée du Père Falconi, qu'aussi pour cette raison on a imprimée avec le livre du Moyen court, comme étant visiblement du même dessein.