LES SEPT ANNEES DE METZ
une rue traversait ce quartier, celle de Saint-N icolas-du- Louvre^ où était la maison de Molière. U église Saint- Nicolas-du-Louvre, qu'il ne faut pas confondre avec la chapelle du Lou\Te, s'élevait en son milieu ; et tout à côté, dans un cloître, était le doyenné de Saint-Nicolas-du- Louvre, où vivaient déjà plusieurs prêtres et des dévots laïques dont Parisot de Saint-Laurent, introducteur des ambassadeurs chez Monsieur, si pieux qu'après sa mort, en 1687, Racine, s'attendant à le voir béatifier, se demandait si on l'appellerait sur le calendiier saint Laurent ou saint Saint-Laurent.
Et là aussi \dnt vi\Te Bossuet.
n s'était fixé à Paris pour y défendre les intérêts du chapitre de Metz, en procès avec plusieurs de ses membres sur des questions de stage, de fruits et de préiende, et la correspondance qu'il eut au sujet de ces procès devait être adressée à M. Vabbé Bossuet, chanoine et grand archidiacre de Véglise de Metz, logé au doyenné de Saint- Nicolas-dic-Louvre, vis-à-vis de Véglise collégiale de ce nom. Ainsi il restait, encore lié avec la Lon-aine : il le resta jusqu'à sa nomination à l'évêché de Condom; et il fut décidé en plein chapitre, après déhbération, que là-bas on le tiendrait pour résident. D'ailleurs, même de loin, il s'occupait efficacement des gens et des œuvres dont il s'était occupé à Metz. Attentif à tout ce qui s'y passait, il y était, de Paris, comme le ministre des charités d'Anne d'Autriche, et notamment il y fit bâth une maison de la Propagation pour les hommes ; de sorte que dans toute cette période encore le nom de Metz ne peut être sépai'é de celui de Bossuet.
Mais son activité ne se bornait pas à ses devohs de chargé d'affahes ; docteur en Sorbonne, docteur de la maison de Navarre, il prit sa part de tous les travaux qui incombaient aux docteurs : présidence de thèses, examens de li\Tes, et ces grandes assemblées de la Faculté, où s'agitaient des questions mêlées de théologie, de politique et de morale, si passionnantes en leur temps ; il eut, par exemple, à traiter de l'autorité du Pape, à propos
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de deux ouvrages que condamna la Faculté. Il préludait ainsi aux grandes batailles de 1G82...
Clianoine de Metz, docteur de Navarre, il est autre chose encore.
Il y. avait alors, à Paris, un état-major de jeunes prêtres, qui n'étant point dans le ministère avaient toute leur liberté, et que l'on distinguait pour leur savoir et leur vertu, autant que pour leur mérite : on se fiait à leur activité, à leur esprit de discernement, à leur, habitude du monde ; on les chargeait des missions délicates ; tantôt l'archevêque de Paris, tantôt le conseil de conscience, tantôt les ministres, les envoyaient se rendre compte des difficultés qui surgissaient à Paris et hors Paris, et c'était encore à eux qu'on recourait pour dénouer sans bruit les conflits ; ils réforment les monastères, ils négocient avec les protestants, ils organisent la charité ; et on les récompense avec des évêchés.
« Bossuet entra immédiatement dans cet état-major. Il y fît une brillante carrière ; vers 1666, il était déjà parmi les cinq ou six têtes les plus importantes ; en 1670, il était hors de pair (1). »
Nous ne pouvons entrer ici plus avant dans le détail de cette vie très active. Comme je l'ai déjà dit, deux grands objets doivent nous retenir pendant les années de Paris, à savoir, la première rencontre de Bossuet avec les protestants, et l'histoire de la prédication de Bossuet.
I 2. — Première rencontre de Bossuet avec la réforme.
Au moment où Bossuet arrive à Metz (1652), cette ville était devenue une des places fortes du protestantisme français. Cent ans plus tôt (1556), c'avait été dans le but d'assurer plus efficacement « la conservation et entretènement de la cité de Metz sous la religion cathoHque » que
]) Strowski, hr. cil., p. 30-32.
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