IV INTRODUCTION
anime les matières les plus sèches et relève les plus menues. »
Sans parler de V étendue de son savoir, de V élévation de ses vues^ il eut, au plus haut degré, ces qualités que nous sommes tentés de regarder comme ST^éciûquement françaises, V ordre et la clarté, le bon sens et la mesure ; Vordre, grâce auquel toutes les propositions sont à leur place logique, et, par leur convergence vers ce qu*il s' agit de démontrer, forment un ensemble harmonieux ; la clarté qui fait que les idées ont leur contour nettement marqué, qu'elles se dégagent comme d'ell^mémes de V expression et que nous les pouvons saisir sans peine; le bon sens, qui écarte tout ce qui est illogiqice, invraisemblable, absurde; la mesure enfin, qui donne à chaque partie ses justes limites etconstitue un tout bien équilibré.
Etant donné votre talent, il vous sera facile d'opposer ces qualités de la pensée française aux défauts do7it la pensée allemande n'a jamais su se délivrer, de montrer la distance qui sépare la saine et fermeraison, les lumineuses profondeui^s de Bossuet, des systèmes étranges, des théories déconcertantes, de la métaphysique obscure et inintelligible de ceux que V Allemagne regarde encore conune ses penseurs et ses maitres.
Au surplus, et pour ce qui touche aux événements actuels, Bossuet, au livre IX^ de sa Politique tirée de V Ecriture Sai7ite, émet sur la guerre des pensées que vous développerez, sans doute, et dont je 7ne borne à citer les paroles suivantes : v Que si ravir à un seul homme le présent divin de la vie cest attenter contre Dieu qui a mis sur V homme l'empreinte de son image, combien plus sont détestables à ses yeux ceux qui sa-