‹ Bossuet orateurChapitre 10 sur 192 · DOM DÊFORIS ET L'ABBÉ MAURY XV · texte numérisé non relu

DOM DÊFORIS ET L'ABBÉ MAURY XV

Une seule personne n'aurait pu venir à bout d'un tel travail en deux ou trois ans. Déforis fut aidé par un autre religieux du même couvent, Dom Coniac, pour lequel Tabaraud, appuyé sur le témoignage de Dom Brial, revendique le mérite d'avoir déchiffré et copié les manuscrits des sermons. Quelle que soit au juste la part de Dom Coniac dans le travail que Déforis dirigeait, le nom de ce collaborateur aussi modeste que courageux, méritait d'être conservé.

Dans ce labeur épineux, les Blancs-Manteaux ont déployé, je tiens à le dire, presque autant de sagacité que de patience. En y regardant de près, j'ai plus d'une fois admiré leur façon ingénieuse et sûre d'interpréter les indications les plus sommaires, et particulièrement de remettre à la place qui leur appartient dans la suite du développement les additions jetées après coup sans renvoi ou avec des renvois imperceptibles, énigmatiques, tantôt sur les marges, tantôt sur des feuillets intercalés, ou même à quelque autre endroit du discours. Ils se sont quelquefois trompés, j'en conviens; mais je ne crains pas d'affirmer que la plupart de ceux qui les ont suivis se seraient trompés plus souvent qu'eux, et que les plus habiles auraient été arrêtés en mainte rencontre, s'ils n'avaient pas été guidés dans leur révision par le texte même dont ils relèvent les moindres fautes d'un ton si hautain.

Malheureusement Déforis, en imprimant les sermons, ne s'est pas toujours borné à reproduire ses copies avec une minutieuse fidélité, et nous verrons que, sur ce point, il a mérité plus d'un reproche. Il est pourtant moins coupable qu'on ne l'a dit, et, jusque dans ses torts les plus graves, peut-être ne paraîtra- t-il pa^ tout à fait sans excuse. Les écrivains trop zélés qui ont accusé Dé-

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