‹ Bossuet orateurChapitre 9 sur 192 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

avait prêtés ou donnés, sans y attacher une grande importance.

J'aurai fixé la juste mesure de ce que nous devons à Déforis, quand j'aurai dit que, depuis la mort de Bossuet, plus de soixante années s'étaient écoulées * sans qu'on eût imprimé un seul de ses discours; que les cinq volumes publiés en i772, 4 778 et 1788, en contiennent près de deux cents dont une centaine sont des chefsd'œuvre; et que., depuis quatre-vingts ans, toutes les recherches de la critique n'ont pas grossi ce recueil d'un seul discours complet -.

Déforis est donc venu à son heure : le temps pressait. Le bénédictin parle très ingénument, dans sa préface. de tous les soucis qui faillirent, à la première vue, étouffer chez lui la joie de la découverte. Les manuscrits envoyés de Metz étaient dans un affreuxdesordre.il fallait d'abord se reconnaître dans cet amas confus de feuilles volantes entremêlées, reconstituer laborieusement chaque discours, puis le déchiffrer : nouvelle tâche qui n'était pas non plus toujours facile. Les serinons de la jeunesse de Bossuet, ceux qu'il a composés au Collège de Navarre ou pendant les premières années de son séjour à Metz, sont d'une écriture rapide et confuse, assez souvent presque illisible. Mais la principale difficulté n'est pas de s'accoutumer aux formes indécises et changeantes de l'écriture de Bossuet; c'est de ressaisir le fil de sa pensée à travers les abréviations, les ratures et les surcharges, dans des notes où se croisent deux ou trois rédactions successives, jetées au courant sur le même papier à des intervalles

1. De 1704 à 1772.— 2. Je parlerai plus bas des fragments inédits dont M. Lâchât vient d'enrichir son édition.

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